jeudi 31 décembre 2009

Les Bretons

Des problèmes de santé m'ont empêché de tenir ce blog à jour. Je vais me rattraper, promis, car dans les cliniques, on a le temps de lire… pas nécessairement celui de chroniquer. En attendant, voici une contribution de mon frère

vendredi 18 décembre 2009

Dans les archives secrètes de la police: quatre siècles d'Histoire, de crimes et de faits divers de Bruno Fuligni ed. (L'iconoclaste, 2009)

Facile à lire en clinique, les petits récits inspirés des archives de la police, dans sa bibliothèque au pied de la Montagne Sainte Genviève, sont parfois un peu frustrants par leur brièveté. D'autres plus complets sont un vrai régal!

Ces récits sont le prolongement du beau livre publié en 2008, présentant les documents iconographiques et les objets du musée et de la bibliothèque, les documents approfondissent les affaires présentées l'an dernier. On regrettera seulement que tous les contributeurs n'aient pas le même talent et que certains n'aient pas assez approfondi, à mon goût tout au moins, leur sujet.

A retenir surtout les beaux travaux sur la bande à Bonnot, la police scientifique, la Bastille, les surréalistes, les peintres, la Seconde Guerre Mondiale (pendant et après), les bordels et un petit bijou court mais drôle de Fuligni sur les premières règles de conduite automobile.


dimanche 6 décembre 2009

N'oublie pas d'être heureuse de Christine Orban (Albin Michel)



Les quelques romans de Christine Orban que j'avais lu m'avait fait poser la question, fort méchante je le reconnais, si le fait d'être "femme de" n'aidait pas à être publiée. Sur les conseils d'une lectrice, j'ai donc testé N'oublie pas d'être heureuse de Christine Orban. Et bien, je suis toujours aussi sceptique.

Ce roman s'inspire des souvenirs de jeunesse de l'auteur à Fédala, les peurs que peut avoir une petite fille, son désir de voir, de vivre à Paris, ses rêves et ses espoirs. Mais cette accumulation d'anecdotes m'a complètement laissé de marbre. L'auteur reste à la surface des choses, ne gratte pas vraiment où cela pourrait faire mal. On survole, on voit de loin, "Christine Orban enfant vue du ciel". Bref, je ne me suis jamais attachée à ses personnages.

jeudi 5 novembre 2009

François Bégaudeau, Vers la douceur. (Gallimard, 2009)




Les surveillances d’examens ont cela de bon qu’elles permettent de voler, de ci, de là, quelques minutes de lecture. Vers la douceur est un vol des plus agréables, des instants de pur plaisir à la fois canaille et doux, à la fois tendre et drôle, à la fois décalé et au centre de ce qu’il y a de plus essentiel: les relations entre hommes et femmes.

Ce roman a été très débattu par les critiques et je me découvre inconditionnelle de ce texte, un pur moment de plaisir. J’étais reconnaissante à mes étudiants de bien vouloir ne pas tenter de tricher pendant trois heures afin que je puisse dévorer ce beau texte.

Des vies se croisent, se catapultent, se réchauffent, se heurtent plus violemment. Soleil, chaleur, parfois plus de solitude, mais avec un humour souvent jubilatoire. Des personnalités fortes: Bulle et son capaharnaüm, Cathy qui trouve son cul trop gros, un narrateur obsédé par l’idée de coucher avec une femme de plus de quarante ans, Jeanne qui quitte Jules et rencontre Flup, bref un vrai jeu de billard où les boules se heurtent, s’envoient dans les poches, hors de la table…

Mais ce n’est pas triste, le style est unique, l’humour est vif, Bégaudeau propose de beaux moments de vie. Un très beau texte.

mercredi 4 novembre 2009

Alberto Manguel, Tous les hommes sont menteurs. (Actes Sud, 2009) traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco.

Ce roman est un texte polyphonique autour de l’écrivain Alejandro Belavicqua, auteur de romans photos et, peut-être, d’un chef d’oeuvre unique Eloge du mensonge. Belavicqua, retrouvé mort en bas de son balcon dans les années 1970 peu après le lancement de son roman, était-il un génie ou un imposteur?





Vu à travers les yeux d’Adrea, son dernier amour qui a découvert et fait publier Eloge du mensonge, à travers les récits d’un écrivain argentin très agaçant qui se prétend omniscient sur le sujet d’ Alejandro Belavicqua, un certain Alberto Manguel, ou décrit par celui qui déclare être le vrai auteur de l’Eloge, Marcelino Olivares, Alejandro Belavicqua prend forme, se délite, se défile, on croit le saisir, on le perd. Le journaliste poitevin Jean-Luc Terradillos qui tente de dresser son portrait aura tâche difficile. Pourra-t-il parvenir à son but ultime, saisir l’essence du Maître?

Ce texte qui échappe sans cesse à son lecteur est un moment de lecture parfaitement jouissif, surtout quand Manguel utilise son double littéraire pour en faire un personnage assez imbu de sa personne qui se croit une autorité dans le monde des lettres.

mardi 3 novembre 2009

Marcello Fois, Mémoire du vide. (Seuil, 2008), traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro.

Marcello Fois, inspiré par un bandit sarde du début du XX° siècle, Samuele Stocchino. Alors qu’il revenait, avec son père, du baptême du fils d’un ami, le tonnelier Boi leur refusa un verre d’eau. Felice, son père, maudit alors la maisonnée. Peu à peu, le fils prend en charge cette malédiction: il devient le poison des riches, l’antidote à leur pouvoir sur les pauvres.

Son amitié, puis son amour profond pour Mariangela, le garderont toujours du côté de l’humanité dans ce qu’elle de plus profond et de plus attachant. Mariangela le sait: elle l’aime tant que, malgré la Grande Guerre, il reviendra. Il se bat en Libye, en Autriche et revient en héros. Mais les puissants du village veulent sa peau. Ils causent la mort de son frère, de son père, et font de lui un hors la loi, un bandit d’honneur, un vengeur des pauvres.

Il causera la perte de ceux qui ont osé s’en prendre à sa famille, à Mariangela que les Manai veulent accaparer pour eux-mêmes. Un par un, les membres des familles puissantes de son village vont alors payer le prix de leur pouvoir, de leurs excès, des vies qu’ils ont gâchées.

Un texte puissant, à la fois poétique et politique.

lundi 19 octobre 2009

Les Brobdingnagian Bards







Lily the Pink


Un classique des Monty Python

Plus de Pit et Rik

Toujours dans les Fables de la Fontaine


Là, c'est grave:


dimanche 18 octobre 2009

FLNJ, hymne parodique

Le nain libéré

Refrain :
Ne le laisse pas tomber
Il est si fragile
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.

Il est si mignon,
Avec son bonnet,
Sa hache et sa pioche,
Sur son terrain tout moche.

Depuis son jardin,
Il nous observe,
Il nous envie,
Et se dit tant pis.

Refrain.
Ne le laisse pas tomber,
Il est si petit,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.

Depuis quelques temps,
Il s’enfuit.
On le ramène,
Tout le temps.

Ce n’est pas ça,
Qui va l’arrêter.
Il espère toujours,
Et peut être qu’un jour.

Refrain :
Ne le laisse pas tomber,
Il est si fragile,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Ne le laisse pas tomber,
Il est si petit,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.

Aidons les nains libérés,
Ils sont si fragiles,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.

Renaud, "Mon Nain de jardin"

Toujours pour NM

Les nains porte quoi

L'un de mes amis, NM, membre du FLNJ, a besoin de réconfort en ce moment. Ma pensée du jour vole donc vers lui.





vendredi 16 octobre 2009

Ramon Pipin et les Odeurs, "Le cri du kangourou"




On a bien souvent chanté
Le cri de tous les animaux
Le mouton qui fait beeehh
Le coq qui fait cocorico
Mais il est un animal
Dont on ne peut pas parler
Car bien que ce soit anormal
Personne ne sait le cri qu'il fait

Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou ?
Ça peut pas faire cui-cui ça peut pas faire miaou
Personne ne sait vraiment quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement le kangourou est muet !

Dès que le zoo s'éveille
On entend les hurlements
Des lions, des chacals et des hyènes
Qui font leur toilette en chantant
Y'a qu'le kangourou sous sa douche
Qui se lave sans dire un mot
Aucun son ne sort de sa bouche
Bien qu'y gesticule comme Harpo

Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou ?
Ça peut pas faire cui-cui ça peut pas faire miaou
Personne ne sait vraiment quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement le kangourou est muet !

Des explorateurs en folie
Prêts à risquer leur peau
Partirent au fond de l'Australie
Pour enregistrer ce marsupiau
Ils installèrent dans la savane
Des micros perfectionnés
Mais les prenant pour des bananes
L'kangourou les a tous bouffés

Tous les savants de la terre
Se sentaient découragés
Par cet immense mystère
Quand la solution fut trouvée :
C'est un pickpocket par hasard
Qui a découvert ce qui cloche :
Si l'kangourou est pas bavard
C'est qu'il a sa langue dans sa poche

Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou ?
Ça peut pas faire cui-cui ça peut pas faire miaou
Personne ne sait vraiment quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement le kangourou est muet !

Poulenc, "Quatre chansons pour enfants"



Merci à DP pour cette trouvaille!

Madame Eustache a dix-sept filles, ce n'est pas trop, mais c'est assez,
La jolie petite famille vous avez dû dû dû , vous avez dû dû dû , vous avez dû la voir passer
Le vingt décembre on les appelle : Que voulez-vous mesdemoiselles, pour votre Noël ?
Voulez-vous une boîte à poudre ? Voulez-vous de petits mouchoirs ?
Un petit nécessaire à coudre ? Un perroquet sur son perchoir ?
Voulez-vous un petit ménage ? Un stylo qui tache les doigts ?
Un pompier qui plonge et qui nage ? Un vase à fleur presque chinois ?
Mais les dix-sept enfants en chœur ont répondu :
Non, non, non, non, non, Ce n'est pas ça que nous voulons, nous voulons une petite soeu (re) Ronde et joufflue comme un ballon, Avec un petit nez farceur,
Avec des cheveux blonds, Avec la bouche en cœur, Nous voulons une petite sœur.

L'hiver suivant elles sont dix-hui (te), ce n'est pas trop, mais c'est assez,
Noël approche et les petites sont bien em ba ba ba sont bien em ba ba ba sont vraiment bien embarrassées.
Madame Eustache les appelle : Décidez-vous, mesdemoiselles, pour votre Noël :
Voulez-vous un mouton qui frise ? Voulez-vous un réveil matin ?
Un coffret d'alcool dentifrice ? Trois petits coussins de satin?
Voulez-vous une panopli-e, De danseuse de l'opéra ?
Un petit fauteuil qui se pli-e, Et que l'on porte sous sont bras ?
Mais les dix-huit enfants en chœur ont répondu :
Non, non, non, non, non, Ce n'est pas ça que nous voulons, nous voulons une petite soeu (re) Ronde et joufflue comme un ballon, Avec un petit nez farceur,
Avec des cheveux blonds, Avec la bouche en cœur, Nous voulons une petite sœur.

Elle sont dix-neuf l'année suivante, ce n'est pas trop, mais c'est assez,
Quand revient l'époque émouvante, Noël va de nou nou, Noël va de nou nou, Noël va de nouveau passer.
Madame Eustache les appelle : Décidez-vous, mesdemoiselles, pour votre Noël :

Voulez-vous des jeux excentriques, Avec des pil's et des moteurs?
Voulez-vous un ours électrique ? Un hippopotame à vapeur ?
Pour coller des cartes postales, Voulez-vous un superbe album ?
Une automobile à pédales ? Une bague en aluminium ?
Mais les dix-neuf enfants en chœur ont répondu :
Non, non, non, non, non, Ce n'est pas ça que nous voulons, nous voulons deux petites jumelles,
Deux sœurs exactement pareilles, deux sœurs avec des cheveux blonds!
Leur mère a dit : c'est bien, Mais il n'y a pas moyen
Cette année vous n'aurez rien rien rien.

dimanche 11 octobre 2009

jeudi 8 octobre 2009

samedi 26 septembre 2009

Retour de la chanson bête

Je n'ai aucune idée pourquoi, mais je viens de me souvenir de ça:

samedi 19 septembre 2009

David Foenkinos, Nos séparations, (Gallimard, 2008)


Je viens de finir Nos séparations de David Foenkinos, (Gallimard, 2008). A priori pas passionnant, le thème des amoureux qui se sont connus, reconnus, retrouvés puis séparés est un peu un topos. Mais bon, pourquoi pas… Je me lance donc dans ce roman et je tombe sous le charme de l'écriture de certains passages pleins de poésie.

L'histoire d'Alice et Fritz est de celles que l'on connaît bien: ils n'ont rien en commun (Fritz est fils de hippies, elle vient d'une famille conservatrice, il est bohème, elle plus rangée), ils s'aiment et passent leur temps à se séparer.

Le jour où elle lui présente ses parents, il finit par craquer et invente une histoire selon laquelle ils se seraient connus dans un club échangiste. Gros scandale, Alice est furieuse. Il part et entame une liaison avec un collègue un peu instable. C'est d'ailleurs cette dernière qui provoquera la deuxième rupture, le jour même du mariage.

L'écriture de Foenkinos prend alors une tournure très décalée, très originale, à travers les rencontres de Fritz, à travers ses amis Paul et Virginie.

Mais le jour où ils finiront par se retrouver sera franchement poétique. La fin est très belle et la dernière page un beau moment de lecture.

vendredi 18 septembre 2009

La cité des mots d'Alberto Manguel (Actes Sud, 2009)


Jolie découverte: La cité des mots d'Alberto Manguel (Actes Sud, 2009), série de conférences faites à Toronto dans le cadre des prestigieuses Massey Lectures. Un joli voyage dans le monde de la lecture et dans la bibliothèque d'Alberto Manguel - que j'adore. On revisite les grands mythes fondateurs de la littérature, comme Gilgamesh par exemple.

Il donne la parole aux écrivains, aux poètes, aux inventeurs de mots de tous horizons. Un bel hommage à la création littéraire… Je n'ai pas envie d'en dire plus, je voudrais simplement qu'on lise ces textes et qu'ils donnent envie de lire/relire certains textes.

jeudi 17 septembre 2009

Les invités de Pierre Assouline (Gallimard, 2009)

La grande bourgeoisie parisienne est un microcosme passionnant, avec ses codes, ses usages et ses abrutis comme partout ailleurs.

Sophie du Vivier (dite Madamedu) organise l'un des merveilleux dîners dont elle a le secret, en l'honneur de George Banon, tout droit arrivé du Canada. Mais patatra, catastrophe! Suite à l'annulation de dernière minute de deux invités, on se retrouve treize à table.

Madamedu propose de dîner en cuisine, mais finalement ce sera la cuisine qui viendra à elle. Sonia, son employée de maison, sera le quatorzième convive.

La voilà donc jetée en pâture à Marie-Do, l'invitée bohème raciste de service, qui ne manque pas de remarquer l'origine ethnique de Sonia ("la Maghrébie") et finit par faire avouer à celle-ci que son vrai nom est "Oumelkheir". Mais Madamedu trouvait Sonia plus facilement prononçable, que voulez-vous…

Peu à peu, on découvre que Sonia/Oumelkheir fait une thèse sur les jardins du XVIII° siècle et est probablement bien plus cultivée et intelligente que la majorité des convives. Les préjugés en prennent un coup. Mais le mari de Sonia, en cuisine, enrage, la considère comme une collabo. Comment ménager la chèvre et le chou? La situation est de plus en plus intenable pour l'invitée de dernière minute.

Le roman est en fait le récit du dîner, de ses préparatifs au rangement le lendemain matin. Une jolie critique sociale bien ficelée, bien écrite.

jeudi 10 septembre 2009

Le Contraire de la Mort de Roberto Saviano (Robert Laffont, 2009)


Je viens de finir Le Contraire de la Mort de Roberto Saviano (Robert Laffont, 2009), emprunté à la Médiathèque de Cesson. Il s'agit de deux nouvelles, "Le Contraire de la Mort" et "La Bague". La première retrace le destin d'une jeune fille dont le fiancé vient de mourir en Afghanistan, au combat contre les talibans. Parti combattre pour avoir assez d'argent pour se marier, sa vie finit de manière fort brutale. Le second récit est le récit des vies brisées contre l'écueil de la Camorra, des résistants à la Mafia et de ces jeunes gens qui meurent en refusant de se soumettre à un système qui ne leur convient plus.

J'ai trouvé ces deux textes touchants, parfois bouleversants, troublants. Saviano a décidément un sacré brin de plume et un talent de conteur hors pair. Une nouvelle voix de la littérature italienne.

samedi 5 septembre 2009

Mariage


L'auteur de ce blog vient de se marier à la mairie de Cesson. Merci à Jean-Marc Brûlé, Maire de Cesson, d'avoir accepté de s'occuper de notre cas personnellement. :-))) Et merci à tous ceux qui nous ont accompagné tout au long de cette journée ou de tous ceux dont les pensées nous ont suivi, même de loin.

Photo Guillaume Cingal

lundi 27 juillet 2009

Cesson

"Au Four et à Melun" déménage et ne sera plus ni au Four ni à Melun, sauf professionnellement. L'auteur vit désormais à Cesson avec futur époux et enfant.

mercredi 15 juillet 2009

L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery (Folio, 2009)


Je profite du sommeil de ma fille pour lire le roman culte, L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery (Folio, 2009), et je comprends effectivement le succès de ce texte.

Renée, concierge à l'air rébarbatif, joue les concierges revêches et incultes. Mais en fait, elle aime le cinéma d'auteur, la grande musique et la littérature russe.

Paloma, de son côté, est une petite fille très intelligente qui veut en finir avec une vie qu'elle soupçonne pleine de bêtise.

C'est lorsque ces deux trajectoires vont se croiser que ces deux destins vont se modifier. Paloma découvre en Renée l'"élégance du hérisson", piquant à l'extérieur, mais plein de finesse à l'intérieur. Et alors la vie sera moins stupide, peut-être plus digne d'être vécue.

Flanquées d'un Japonais très fin, Kakuro Ozu, qui a tôt fait de démasquer l'imposture de Renée, le duo va devenir un trio de choc, les Trois Mousquetaires des Belles Lettres.

Cet hymne à l'intelligence, à la culture et à la vie est en effet un très joli texte… qui donne envie de lire, d'aller au cinéma, d'écouter de la musique. N'est-ce pas un beau succès qui méritait donc un beau succès de librairie? Longue vie au hérisson…

lundi 13 juillet 2009

Naissance d'Aliénor


Aliénor est née par césarienne le 13 juillet 2009 à 16h08. Elle pesait 2,170 kg et mesurait 43 cm.

Ce blog va donc prendre un rythme bien plus lent.

samedi 11 juillet 2009

Les Onze de Pierre Michon (Verdier, 2009)


La sortie d'un roman de Pierre Michon est toujours un grand moment de lecture, un plaisir rare. Le petit dernier tourne autour d'un tableau de François-Elie Corentin, représentant le Comité de Salut Public sous l'an II de la Révolution française.

La question est: qui commanda ce tableau? dans quel but? publicité ou contre-publicité?

Le tableau devient vivant sous la plume de Michon, on finirait sûrement par aller le chercher au Louvre où il serait… mais n'est pas.

Michon fait le tableau de la famille Corentin qu'il va chercher sur les bords de Loire, la tire jusqu'à la Révolution et jette le dernier rejeton dans la tempête politique du XVIII° siècle. Il devient alors le sujet d'un tableau de Géricault et le sujet de quelques pages de Michelet.

Pierre Michon saisit toujours l'âme humaine au vol, l'essence des rêves et des choses. Ce roman attrape au vol celle de la peinture politique et celle d'un peintre imaginaire. Un roman remarquable et fort.

John Adams de Tom Hooper sur HBO


Je suis en plein visionnage d'une mini série en sept épisodes consacrée par HBO en 2008 à la vie de John Adams, premier vice-président des Etat-Unis, l'un des Pères Fondateurs de la Constitution américaine.

Elle correspond au programme des L2 droit anglicistes et elle est très bien faite. Elle est inspirée de la biographie que David McCullough a consacré à John Adams.

Paul Giamatti y tient le rôle éponyme et Laura Linney celui de son épouse Abigail, femme de raison et de conseil. Les autres acteurs sont Stephen Dillane (Thomas Jefferson), Danny Huston (Samuel Adams), David Morse (George Washington), Sarah Polley (Abigail Adams Junior), Tom Wilkinson (Benjamin Franklin), Rufus Sewell (Alexander Hamilton)... Les producteurs exécutifs sont Tom Hanks et Gary Goetzman, le scénariste Kirk Ellis et le réalisateur Tom Hooper.

Cette série raconte la montée de la haine contre les Anglais, la guerre d'Indépendance (pendant laquelle Adams a levé des fonds en France et aux Pays-Bas), la création des Etats-Unis d'Amérique, la frustration de John Adams face au rôle inexistant du Vice-Président, sa propre arrivée à la Maison Blanche…


Cette série fut couverte de récompenses:

Golden Globes 2009
  • Meilleur téléfilm ou mini-série
  • Meilleure actrice dans un téléfilm ou une mini-série pour Laura Linney
  • Meilleur acteur dans un téléfilm ou une mini-série pour Paul Giamatti
  • Meilleur acteur secondaire dans une série, mini-série ou un téléfilm pour Tom Wilkinson

Emmy Awards 2008
  • Meilleure mini série
  • Meilleur acteur dans un rôle secondaire dans une mini-série ou un téléfilm pour Tom Wilkinson
  • Meilleur acteur principal dans une mini série pour Paul Giamatti
  • Meilleur actrice principale dans une mini série pour Laura Linney

Screen Actors Guild Awards 2008
  • Meilleure performance d'un acteur dans un téléfilm ou une mini-série pour Paul Giamatti
  • Meilleure performance d'une actrice dans un téléfilm ou une mini-série pour Laura Linney

Emmy Awards 2008
Meilleur scénario pour un épisode de mini série pour l'Episode : 1x2 - seconde partie : Independence

jeudi 2 juillet 2009

Le Sumo qui ne pouvait pas grossir d'Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel, 2009)

Persuadé que sa mère ne tient pas vraiment à lui, après le suicide de son père qui s'est épuisé au travail, le narrateur, jeune adolescent, survit en vendant de la pacotille dans la rue. Mais un jour, il est repéré par un entraîneur de sumos qui déclare voir un gros en lui. Remarque qui l'intrigue…

Il finit par accepter d'assister à un combat et découvre alors une passion pour ce sport. Il commence l'entraînement. Mais musculation, nourriture, rien n'y fait et il ne grossit pas.

Son mentor lui fait alors découvrir le bouddhisme et le zen. Le narrateur fait alors le deuil de son enfance, comprend finalement les malentendus qui l'ont éloigné de sa mère et… grossit. Il peut alors devenir adulte, peut-être lui-même père.

Sélectionné pour les "Coups de coeur pour un livre" l'an prochain, ce roman ne m'a pas vraiment plu malgré une voix narrative attachante. Je trouve qu'Eric-Emmanuel Schmitt se complaît de plus en plus dans des philosophies simplistes (religion = bien, pas de religion = pas de morale et pas de bonheur).

mardi 30 juin 2009

Aliénor d'Aquitaine de Régine Pernoud (Livre de Poche, 1965)


A quelques jours/ semaines de la naissance de notre fille, Aliénor, je viens de finir la biographie de la reine Aliénor, Aliénor d'Aquitaine de Régine Pernoud, une remarquable biographie qui souligne le rôle qu'a joué en Europe cette femme qui fut Reine de France avant de devenir Reine d'Angleterre, mère de Richard Coeur de Lion et de Jean sans Terre, grand-mère de rois et de reines à travers toute l'Europe. On sent poindre l'affection, l'admiration même, de l'auteur pour son sujet. Une belle biographie, une parfaire réussite.

Aliénor est le modèle même de la femme médiévale, avec plus de pouvoir qu'on ne pourrait le penser avec nos préjugés contemporains, duchesse d'Aquitaine, jalouse de son pouvoir sur cette région, véritable femme de tête, protectrice des arts (et des troubadours en particulier), conseillère politique remarquable auprès de ses époux (avec sûrement plus de jugement dans ses conseils auprès d'Henri II Plantagenêt) et de ses fils.

samedi 27 juin 2009

"The Case of the Envious Editor" (saison 4 de Perry Mason)


Encore une guest star dans la saison 4 de Perry Mason: après Robert Redford, voici James Coburn jouant les très vilains éditeurs de journal et, donc, la victime de meurtre dans l'épisode intitulé "The Case of the Envious Editor".

Mal tiempo de David Fauquemberg (Fayard)


Je viens de finir la lecture du troisième roman de la sélection Fnac, Mal tiempo de David Fauquemberg (Fayard). Je dois reconnaître que ce roman me pose problème: très bien écrit au point de vue du style, il traite d'un sujet qui me fait profondément bailler (la boxe et les heurs et malheurs d'un jeune espoir Cubain, Yoangel Corto) et j'ai trouvé que l'histoire se traînait. Mais je reconnais que c'est peut-être lié à mon ennui complet face au sujet de la boxe.

Le narrateur accompagne  un groupe de jeunes espoirs français de la boxe à Cuba pour un stage de formation. Il y rencontre Yoangel Corto, un poids lourd plein d'avenir. Mais un accrochage avec un touriste va mettre un frein à la carrière de Yoangel. Pourtant, lors d'un déplacement professionnel pour un concours panaméricain, le narrateur va à nouveau croiser le chemin, enfin ascendant, de ce jeune prodige.

Mais hélas, n'aimant pas du tout la boxe, je n'en avais rien à faire de la carrière des jeunes espoirs français, cubains, de leurs entraîneurs, etc. Je n'ai jamais pu m'attacher à ces personnages.

vendredi 26 juin 2009

My Name is Hallam Foe de David MacKenzie (2008)



Après un monitoring à la clinique, j'ai regardé My Name is Hallam Foe de David MacKenzie, un film sorti l'an dernier, avec Jamie Bell, Sophia Myles, Ciarán Hinds…

Après la disparition de sa mère, Hallam Foe est un adolescent perturbé. A 17 ans, il vit en pleine campagne écossaise avec son père et sa belle-mère. Sa seule passion est d'espionner le voisinage et les relations au sein de son foyer sont tendues.

Après une ultime dispute avec son père, il part pour Edimbourg où il trouve un petit emploi dans la restauration. Il découvre alors les toits de la ville et leur vue unique sur les appartements d'autrui (dont celui de Kate.)

Un film surprenant, avec un Jamie Bell (autrefois Billy Elliot) complexe et inspiré.




Couronné du Hitchcock d'Or au festival de Dinard, ce film est à mi-chemin entre Fenêtre sur cour et Billy Elliot.

Mangez-le si vous voulez de Jean Teulé (Julliard, 2009)


Mangez-le si vous voulez de Jean Teulé (Julliard, 2009) est le récit d'une affaire véridique que Frédéric Pottecher avait autrefois chroniquée sur Radio France. 

Le 16 août 1870, Alain de Monéys, nobliau périgourdin se rend à la foire de Hautefaye pour acheter une génisse pour une voisine pauvre et engager un couvreur pour un villageois.

Mais les choses vont bientôt dégénérer et, suite à une phrase mal comprise, Alain de Monéys qui s'apprêtait à rejoindre les armées françaises en lutte contre la Prusse va passer pour un espion prussien, être torturé pendant des heures, brûlé vif et en partie mangé par des hommes, des femmes et des enfants qui pourtant le connaissaient bien, le trouvaient sympathique et ne lui voulaient aucun mal quelques heures auparavant.

Seuls le curé, trois amis d'Alain de Monéys et une jeune femme tenteront de s'interposer entre la foule abrutie par la chaleur caniculaire et la haine des Prussiens et leur victime innocente. Lors du procès, il sera impossible de trouver une raison qui explique cette tragédie. Le public ne pourra pas non plus comprendre le cannibalisme de ces hommes et ces femmes.

La difficulté sera aussi de trouver qui juger car il sera impossible de condamner six cent personnes. Donc il faudra qualifier les crimes. Les quatre meneurs principaux seront condamnés à mort, plusieurs hommes seront envoyés au bagne.

Jean Teulé décrit avec une précision méthodique le chemin de croix de ce nobliau provincial que la mort devait faire entrer dans l'histoire des tragédies liées aux folies de la foule.

Un récit qui fait froid dans le dos…

dimanche 21 juin 2009

Arsène Lupin joue et perd


A la Médiathèque, j'ai emprunté six épisodes de la série Arsène Lupin avec Jean-Claude Brialy: Arsène Lupin joue et perd: 813. Nettement mieux que la série avec Descrières (je n'aime pas Descrières qui, selon moi, respire la suffisance.)

Le Cannibale et les termites de Stéphane Dovert (Métailié, 20/8/09)


Découverte intéressante d'un des romans de la rentrée, Le Cannibale et les termites de Stéphane Dovert (Métailié). Ce roman commence de manière très Dos Passosienne avec des galeries de personnages en partance vers la Nouvelle Guinée. Une enseignante idéaliste, un agronome coureur de jupons, un jeune couple melunais toujours prêt à se disputer, un riche héritier, une veuve… et, en guise de ratons laveurs dans cet inventaire à la Prévert, les Papous sur place. C'est là que les choses se compliquent car le groupe d'Occidentaux est pris en otages par des nationalistes locaux. 

Confrontés à une nature hostile et à des différences culturelles qui semblent insurmontables, la question qui finit par se poser est "comment peut-on être papou?" (et "comment peut-on être occidental?" pour les Papous, question sûrement bien plus intéressante pour le lecteur…)

Partis avec une bonne dose de certitudes, les otages vont devoir se remettre en question. Le seul défaut de ce roman est que quelques-uns des personnages sont tellement caricaturaux qu'on en arrive à espérer que les Papous sont bel et bien cannibales, comme les Occidentaux le craignent. Bref, on se désintéresse un peu de leur sort.

Roman à ne pas rater toutefois… L'auteur a un ton assez unique et l'histoire ne manque pas de sel.

samedi 20 juin 2009

Perry Mason,"The Case of the Treacherous Toupee" (1960, saison 4, épisode 1)

Perry Mason Video Clip "Robert Redford"

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Cure de Perry Mason en ce moment et, surprise dans le premier épisode de la quatrième saison, voici un tout jeune Robert Redford (qui tient, en gros, un rôle de jeune crétin qui s'améliore un peu avec le temps.)

vendredi 19 juin 2009

Pot des dix ans de l'Université Inter-Ages


Ce soir, c'était le pot de fin d'année de l'UIA. Lancement de la nouvelle année, au jardin botanique de la pointe de l'île Saint Etienne. Occasion de revoir les amis, la commission pédagogique, les collègues de Paris 2, les élus…

La nouvelle brochure est en ligne sur leur site (voir ci-dessus pour le lien.) Je dois normalement faire une conférence: "La chasse au perroquet de Flaubert: le roman britannique contemporain" le 20 mai 2010 et une série de six cours sur le roman policier le vendredi en décembre et janvier.

Dans le cadre des Coups de coeur pour une oeuvre, je dois également présenter La Proie pour l'ombre de P.D. James le 26 janvier 2010 et Saisons de Mario Rigoni Stern le 18 mai.

mardi 16 juin 2009

The Duchess de Saul Dibb



Un réveil matutinal m'a permis de voir The Duchess de Saul Dibb qu'Orange vient de mettre en location.

Un casting prestigieux (Keira Knightley, Ralph Fiennes, Charlotte Rampling…) sert fort bien ce film historique qui soulève le problème du statut de la femme avant le XX° siècle (et sûrement depuis…) Il s'agit de la vie de Georgiana, Duchesse du Devonshire, dans l'Angleterre de la fin du XVIII° siècle.

Mariée au duc du Devonshire, Georgiana Spencer (donc une ancêtre de Lady Di, ce qui a fait beaucoup pour la popularité de ce film) découvre que son époux est un coureur de jupons. Elle doit élever la fille qu'il a eue avec une servante. Puis, elle se voit reprocher de ne mettre au monde que des filles. La tâche d'être une épouse modèle n'est donc pas de tout repos.

A Bath, elle fait la connaissance de Lady Bess Foster (Hayley Atwell) qui devient son amie… jusqu'au jour où celle-ci devient la maîtresse officielle du Duc.

Après avoir enfin donné un héritier à son époux, Georgiana se console dans les bras d'un ami d'enfance, un jeune libéral prometteur, Charles Grey (Dominic Cooper). Scandale! (Surtout que Georgiana est enceinte de son amant.) Le duc menace d'empêcher sa femme de revoir leurs enfants. Georgiana revient alors au domicile conjugal qu'elle partagera avec le duc et Bess jusqu'à la fin de ses jours.

Il s'agit d'un bon vieux film historique en costumes comme on les aime, manquant peut-être parfois d'originalité dans sa conception, mais ayant le mérite de soulever certains problèmes toujours réels tels que la situation des femmes au sein de la société (et du monde politique en particulier), une société où elle n'aurait qu'une fonction esthétique, mais surtout pas active.




lundi 15 juin 2009

Motherhood: The Second Oldest Profession d'Erma Bombeck


Voyant arriver le moment où je vais bientôt la rejoindre dans le monde des mamans, ma mère m'a fait lire Motherhood: The Second Oldest Profession d'Erma Bombeck, un texte de 1983 qui n'a pas vraiment pris une ride. Bon, j'aurais sûrement du lire cela avant de tomber enceinte, j'aurais réfléchi à deux fois…

Chapitre après chapitre, Erma Bombeck décrit les joies de la vie d'une mère de famille: les douleurs de la grossesse, le parcours du combattant pour trouver une baby sitter, les bons conseils de la belle-mère et de la mère, les enfants du compagnon, la logistique quotidienne. Absolument hilarant! (j'ai lu ça petit à petit en attendant l'heure de mes monitorings à la clinique, ça remonte le moral… enfin… euh… un peu…)

Enfin, je me sentirai moins seule quand je verrai que je ne serai jamais une mère parfaite…

samedi 13 juin 2009

La Chambre de la vierge impure d'Amin Zaoui (Fayard)


Cet été, je suis lectrice pour les Coups de Coeur de la rentrée pour la Fnac et, à ce titre, je viens de lire La Chambre de la vierge impure d'Amin Zaoui (à paraître fin août chez Fayard).

Le roman s'ouvre sur les cris de Sultana: "Suce moi les seins! Suce moi le sein!". Le narrateur, cousin et amoureux de Sultana, parle alors de sa famille, de sa tante Rokia, partie vivre à Istanbul, de sa mère Nouara, de son père massacré par les intégristes pour avoir traduit le Coran en berbère…

Il raconte comment il a disparu un jour où il allait chercher un pain de sucre. Il n'est jamais revenu, mais un autre a pris sa place, un faux Ailane. Il montre comment il s'est retrouvé, un peu malgré lui, embarqué dans un camp d'entraînement jihadiste au milieu du maquis, avant de revenir chez lui, au bout de treize ans… avec le pain de sucre demandé par sa mère.

Ce roman soulève diverses questions: celle de la religion et des diverses façons de la pratiquer, celle de la violence, celle des femmes, celle de l'Algérie. Amin Zaoui y mêle amour des femmes, amour des textes (et de Shakespeare en particulier) et amour de la langue avec un bonheur particulièrement frappant. Un très beau roman pour cette rentrée littéraire…

dimanche 7 juin 2009

Elections européennes

Les nouvelles sont assez mauvaises sur le front des élections. A l'heure qui est, les estimations sont les suivantes:

UMP = 28,3%
Parti Socialiste = 17,5%
Europe Ecologie = 15%
MoDem = 8,7%
Front de gauche = 6,7%
Front national = 6,5%
NPA = 5%
Libertas = 5%

Joute nautique (7 juin 2009) à Melun

Cet après-midi, nous avons assisté à une joute nautique sur la Seine. Les participants, d'après les véhicules présents sur place, venaient, entre autres, du Pas-de-Calais.

Musée de Melun juin 2009: exposition Dany Lof

Aujourd'hui, nous avons fait une petite sortie et nous sommes allés voir l'exposition "Dany Lof fait son musée" au Musée de Melun. Dany Lof, artiste d'origine réunionaise, sculpte des personnages et des objets à partir de branches et autres éléments végétaux récupérés dans les forêts.

Une exposition très intéressante, avec mes photos ici

mercredi 3 juin 2009

Un crime pas parfait du tout

La fan de romans à énigme que je suis a adoré ceci:

mardi 2 juin 2009

Le Film de Cypora Petitjean-Cerf (Stock, 2009)


La parution d'un roman de Cypora Petitjean-Cerf n'est jamais assez claironnée, à mon humble avis. Voici donc le petit dernier: Le Film.

Une belle galerie de personnages, comme d'habitude: Ruth, enseignante à Marcq-en-Bareul, qui en arrive peu à peu à détester ses élèves; Gisèle, la postière, son mari Juan et son frère retardé, François; la mystérieuse Caroline Havetz qui tient une petite galerie d'art et qui porte des perruques; Chrissie, la boulangère, son mari Laurent et son fils Axel…

A l'origine du récit: le moment où Ruth et Gisèle se lancent dans la réalisation d'un documentaire pour un festival à Marseille. Elle parlent de leur enfance, de leur vie… Mais peu à peu, le nombre d'intervenants croît et la vie du quartier va être peu ou prou bouleversée par ce projet.

A la recherche de leurs origines, les deux femmes vont rencontrer leur véritable essence. Ruth est à moitié juive et ne sait pas vraiment ce que cela veut dire. Sa seule source d'information était une camarade d'école, Léa, mais Ruth ne la comprenait pas toujours et le père de Ruth, athée, décourageait sa fille de pousser plus avant ses investigations. De son côté, Gisèle est persuadée être d'origine espagnole, d'où son choix d'un bel Espagnol comme mari et sa fascination pour Julio Iglesias.

Mais le film sera à l'origine de découvertes surprenantes, chacune sur elle-même, mais aussi sur son entourage.

Ruth chez les Ch'tis? En fait, elle n'est pas tant en décalage que cela. Quand Ruth déclare détester ses élèves, on sent toutefois poindre une touche d'affection pour certains d'entre eux (ou pour tous sauf Damien Boucher…)

Toujours avec beaucoup d'humour, Cypora Petitjean-Cerf propose encore une fois une histoire originale, drôle, touchante. On rit, on a la larme à l'oeil, on admire certains passages particulièrement virtuoses (comment rendre les dessins de Juan en mots?), bref, on ne s'ennuie pas un seul instant. Cypora Petitjean-Cerf entraîne, comme toujours, le lecteur dans sa folie inventive.

dimanche 31 mai 2009

Intrigue à Versailles d'Adrien Goetz (Grasset, 2009)

Intrigue à Versailles est le deuxième volet des aventures de Pénélope et Wandrille après Intrigue à l'anglaise.

Nommée conservateur au château de Versailles, Pénélope se retrouve mêlée à une enquête sur un meurtre: une Chinoise découverte morte dans le bassin de Latone et l'un de ses doigts coupé, puis placé dans l'imitation d'un meuble ancien apparu mystérieusement dans la nuit au château.

Leurs recherches vont les amener à croiser un groupe d'artistes qui conçoivent des copies de mobilier ancien ainsi que des descendants des jansénistes, éparpillés à travers la France (voire le monde) après la destruction de Port Royal sur l'ordre de Louis XIV au début du XVIIIème siècle.

J'ai été amusée de découvrir la description, au détour d'une page, de la façade du château de Courances (déplacé pour l'occasion dans les Yvelines), son escalier à double rotation et son mât coloré.

Il s'agit d'un excellent roman policier où, pour ne rien gâcher, on apprend beaucoup sur Versailles (et sur la restauration du château) ainsi que sur le milieu de ses conservateurs. Goetz fait montre de beaucoup d'humour (surtout à travers le personnage du dandy Wandrille dont le père vient d'être nommé Ministre du Budget, ce qui peut toujours être utile pour sa progéniture en pleine investigation.)

La fin du roman est un peu surprenante, mais comme le reste du roman est extrêmement bien ficelé, on pardonnera à son auteur.

Je ne suis pas sûre de pouvoir voir le château de Versailles du même oeil après la lecture de ce roman. Merci Adrien Goetz!


La Dame à la lampe de Gilbert Sinoué


En 1910 s'éteint "la Dame à la lampe", Florence Nightingale, celle qui a donné au métier d'infirmière ses lettres de noblesse en Angleterre (les femmes qui exerçaient cette profession étaient généralement alcoolisées, souvent de moeurs légères, toujours absolument pas préparées ni formées.)

Issue d'une famille privilégiée, Florence Nightingale dut se battre contre soeur et parents pour avoir le droit de suivre une préparation au métier d'infirmière, puis de partir en Crimée pour s'occuper des soldats lors de la guerre qui opposa la France, l'Angleterre et la Turquie d'un côté à la Russie de l'autre. Les conditions d'hygiène étaient déplorables, l'organisation épouvantable. Florence Nightingale récupéra les fonds nécessaires pour pouvoir nourrir les soldats, nettoyer les lieux, panser les plaies… Chaque nuit, lampe à la main, elle faisait le tour des lits pour s'occuper de chaque patient, prodiguant soins et réconfort.

Après la victoire contre la Russie, de retour en Angleterre, Florence Nightingale n'eut de cesse de créer des lieux pour former des infirmières.

Gilbert Sinoué prend le parti de suivre le cheminement de Jonathan Brink, un journaliste qui veut écrire la biographie de Florence Nightingale et qui rencontre les personnes qui ont été marquantes dans sa vie.

J'ai trouvé le récit bien construit, l'histoire intéressante, mais le sujet était tellement riche (et Florence Nightingale un personnage apparemment si complexe) que j'aurais aimé aller plus loin. Je reste un peu sur ma faim…

Susan Boyle échoue en finale

Susan Boyle échoue malheureusement en finale de Britain's Got Talent sur une reprise (une seconde fois) des Misérables. Elle finit deuxième, mais elle aura sûrement des propositions de contrats intéressants.

La vague Susan Boyle a dû finir par faire peur à son public.

samedi 30 mai 2009

Séraphine de Martin Provost


L'immobilisation a cela de bon qu'elle m'a permis de regarder Séraphine de Martin Provost en vidéo à la demande, depuis mon décodeur Orange. J'avais raté ce film lors de sa sortie en salle, et c'était un grand regret. Retard rattrapé.

Yolande Moreau, qui joue Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis, est merveilleuse dans ce film biographique sur cette peintre surprenante du début du XXème siècle. Découverte à Senlis par Wilhelm Uhde (qui a aussi découvert le Douanier Rousseau et Picasso, joué par Ulrich Tukur), elle fut dans un premier temps abandonnée par son protecteur (dont elle était la bonne) quand il dut fuir la France pour cause de Première Guerre Mondiale (Uhde, Allemand, n'était pas populaire dans le village après la déclaration des hostilités.) Il la retrouva près de neuf ans plus tard, lors d'une exposition de peintres vivant à Senlis.

Pour Séraphine, peinture et religion étaient directement liées: son ange gardien lui aurait ordonné de peindre et elle chantait des cantiques tout en travaillant. Mais, petit à petit, Séraphine perdit le contact avec la réalité et devint folle.

Elle considérait la peinture comme une façon de rendre hommage au monde et à Dieu. J'attends avec impatience de lire la biographie écrite par Alain Vircondelet (conseillée par Jocelyne Sauvard) dont le travail aurait été en partie pillé pour faire ce film. Je vais m'en assurer par moi-même. (Provost aurait, entre autres, récupéré une pièce radiophonique de Vircondelet, diffusée autrefois sur France Culture, pour faire son scénario.)

Il n'empêche que le film reste absolument formidable et que Yolande Moreau y est époustouflante.


Délit d'outrage


Suite à la mise en garde à vue de mon frère, Guillaume Cingal, j'ai contacté le CODEDO et lu la Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d'outrage de de Romain Dunand et Jean-Jacques Reboux (Editions Après la Lune.)

Ce petit ouvrage est très bien ficelé, ne demande pas que l'on autorise les insultes à agents de force de l'ordre, à enseignants, etc. mais que l'on dépénalise le délit d'outrage qui est devenu, pour la police, une façon d'appliquer la théorie selon laquelle la meilleure défense serait l'attaque.

Dunand et Reboux signalent que les policiers, quand ils vont être accusés d'avoir battu un suspect, préfèrent l'accuser de rébellion et d'outrage plutôt que de risquer eux-mêmes d'avoir des ennuis. Donc abus et dérives de ce délit.

J'ai aussi découvert, par l'affaire Dunand, que certains commentaires laissés sur la pétition en faveur de Guillaume seraient susceptibles de poursuites pour délit d'outrage. Dunand, ayant comparé la France des années 2000 à celle des années Pétain, a été condamné à 800 euro d'amende. Donc, signez cette pétition, mais restez modérés dans vos propos! (Surtout qu'il ne faut pas confondre dérive sécuritaire et Chili de Pinochet! Mon frère n'est pas Victor Jara même si sa situation est pénible actuellement…)