vendredi 16 juillet 2010

Troublé de l'éveil d'Emmanuel Pierrat (Fayard, 2009)


Ce livre est né d'une question que se posaient les amis et les clients de Maître Pierrat: mais comment fait-il pour plaider, monter ses dossiers et écrire? En fait, il est "troublé de l'éveil". Peu de temps par nuit lui suffit pour dormir (deux heures environ), le reste de sa nuit étant consacré à la lecture, l'écriture, le travail, les mails, etc. Et il se porte parfaitement bien, contrairement aux insomniaques, dont je fais partie parfois, et qui doivent bien l'envier.

Le récit de ses nuits est alors l'occasion de décrire des déplacements à travers son appartement, les aventures étranges, l'incompréhension face aux veinards de rêveurs (dont fait partie sa fille Mattea qui voit des lions, des tigres et des loups dans ses cauchemars.)

Les aventures improbables du troublé de l'éveil laissent parfois pantois ceux qui ratent l'atmosphère particulière de la nuit.

Ce texte plein d'humour vous offrira l'occasion… de passer une nuit blanche ;-)


jeudi 15 juillet 2010

L'affaire Farewell de Christian Carion (2009) avec Emir Kusturica, Guillaume Canet, Alexandra Maria Lara

Je manque de mots pour parler de ce film qui narre l'affaire d'espionnage la plus étonnante de l'Histoire de la Guerre froide. Par amour pour son pays pour qui il rêve d'un meilleur avenir, Sergueï Grigoriev, colonel du KGB déçu du régime de son pays, prend contact avec un jeune ingénieur français, Pierre Froment. Pourquoi lui? Parce que ce n'est pas un membre de la DGSE, et donc pas un agent double potentiel.

Il ne veut pas d'argent, juste des babioles de Paris, des disques, du parfum… Pendant des mois, Sergueï Grigoriev, rebaptisé Farewell, va fournir des informations tellement vitales que les Français vont devoir prévenir les Américains des taupes qui se trouvent dans leurs rangs et des dossiers qui ont franchi le rideau de fer. Mitterrand parvient alors à faire oublier qu'il a des ministres communistes, ce qui inquiétait énormément la Maison Blanche et le Pentagone.

Emir Kusturica, en Farewell, est extraordinaire et touchant. Guillaume Canet en jeune homme perdu, craignant pour sa famille et se demandant ce qu'il fait là, est tout aussi talentueux. Le duo marche à fond.





Exposition Jofo à Dax (0 + 0 = Jofo)

Le Musée de Borda à Dax propose une exposition Jofo à la Chapelle des Carmes (11 bis rue des Carmes 40100 Dax), ouverte du mardi au dimanche de 14 à 18h.

Jofo a créé un personnage faussement naïf appelé Toto qui voyage dans la culture mondiale (dont dans le "Guernica" de Picasso) et dans des tableaux colorés (que ma fille de 12 mois a dûment applaudis).

L'humour de cette exposition est fort agréable, par contre je n'ai pas accroché à la musique du groupe rock de Jofo, les Snoc, que j'ai trouvé manquer de coeur et de tripes. (Ou alors j'ai manqué quelque chose de trop profond pour moi.) J'ai trouvé que cela ressemblait trop à la musique que les jeunes font dans leur garage et nous imposent le 21 juin.

Par contre, sa peinture est pleine de talent, drôle, enlevée. Espérons que Toto continuera à se promener dans le monde des couleurs et de la peinture.



mercredi 14 juillet 2010

Burn After Reading de de Joel et Ethan Coen (2008) avec avec Frances McDormand, George Clooney, Brad Pitt

Osbourne Cox, analyste à la CIA, est convoqué pour une réunion au cours de laquelle il découvre qu'il est viré pour alcoolisme et incompétence. Pour couronner le tout, sa femme Katie veut le quitter, sûrement pour des raisons analogues, mais surtout pour un amant baraqué.

Peu de temps après, Cox reçoit un coup de fil de deux bras cassés (Frances McDormand et Brad Pitt, en crétins parfaits, plus que parfaits, le seraient-ils vraiment?): ils ont trouvé un CD avec des informations volées à Cox et tentent de le faire chanter.

En effet, Linda veut se faire entièrement refaire le corps par la chirurgie esthétique et a besoin de fonds et Chad accepte de la suivre dans son délire pour partager le butin.

L'affaire dégénère très rapidement (et finit mal pour l'un des deux abrutis, j'ai le regret de vous l'annoncer). Plus personne ne contrôle rien, c'est un grand n'importe quoi et le spectateur est plié en deux sur son siège, son canapé, son lit ou n'importe où qu'il se trouve. J'en pleure encore de rire.

dimanche 11 juillet 2010

Sang chaud, nerfs d'acier d'Arto Paasilinna (Denoël, 2010) traduit par Anne Colin du Terrail


Je commençais à trouver certains romans de Paasilinna un peu répétitifs, plus à la hauteur de La Forêt des renards pendus, mais le petit dernier Sang chaud, nerfs d'acier (Denoël, 2010), toujours traduit avec brio par Anne Colin du Terrail est intéressant dans la mesure où il se situe dans une période historique bien précise (tout d'abord l'invasion allemande, puis la semi-invasion soviétique).

A sa naissance, Antti Kokkoluoto s'est vu prédire par la sage-femme/ devineresse/ sorcière locale qu'il mourrait en juillet 1990. C'est sûrement la raison pour laquelle ni la crise de 1929 ne le brisa, et ni les Allemands ni les Russes n'eurent sa peau dans les années 1940-1950.

Antti mène une vie mouvementée, change de métier régulièrement (et de trafics plus ou moins illégaux.)

Paasilinna entraîne son lecteur sur les traces de l'histoire finnoise du XX° siècle (que l'on connaît rarement bien) même si certains thèmes sont un peu usés jusqu'à la corde (mais c'est sûrement parce que j'ai tout lu ce qui a été traduit en français et en allemand.)

Aileen Wuornos, Monster (Prémium, 2010)


Témoignage intéressant qui redonne à Aileen Wuornos son humanité alors qu'elle avait traditionnellement l'image d'un monstre. Les victimes ne sont pas toutes innocentes, de là à mériter leur sort, non.

Mais j'ai du mal à lire un livre truffé de fautes d'orthographe (y compris sur le nom de l'auteur.) Enfin peut-être pas truffé, mais il y en a un paquet. Allez, recrutez des stagiaires pour relire s'il vous plaît…

Le voyage de l'éléphant de José Saramago (Seuil, 2010) traduit par Geneviève Leibrich


Je ne rate jamais un roman de José Saramago, mais je dois reconnaître que s'il a pu parfois me décevoir un tout petit peu, il est parti sur un feu d'artifices, Le voyage de l'éléphant de José Saramago (Seuil, 2010), traduit par Geneviève Leibrich.

En 1551, le roi du Portugal offre à l'archiduc Maximilien d'Autriche un éléphant. Idée bizarre, mais cela débarrasse d'un sujet encombrant qui mange beaucoup, mais vraiment beaucoup.

Bon, le souci essentiel est le trajet Lisbonne - Vienne qui sera le sujet essentiel du roman, vu pour l'essentiel par les yeux du cornac, Subhro, qui essaie d'analyser la psychologie de son protégé, Salomon, ce qui donne un résultat assez piquant.

Par ailleurs, Subhro, né hindou, converti au christianisme, est un peu perturbé par les questions religieuses et choque parfois les "bons" chrétiens de manière fort drôle. Et pour couronner le tout, Saramago fait dire des énormités au clergé, en particulier au curé qui veut un vrai faux miracle (l'éléphant s'agenouillant devant Saint Antooine). Bref, le curé déclare que "le peuple uni jamais ne sera vaincu." (Là, je suis tombée du lit de rire et j'ai fort mal au dos depuis.)

Bref, un voyage initiatique pour tous, du fantassin au cornac en passant par les gradés et les grands de ce monde, mais avec un humour décapant décrivant les bassesses politiques (qui a dit qu'il y avait des échos très contemporains?) Du TRÈS TRÈS GRAND Saramago. Lisez cela sur la plage pour ne pas tomber d'où que ce soit à force de rire.

L'increvable Monsieur Schneck de Colombe Schneck (Stock, 2006)


Ah, les joies de la médiathèque de Cesson! On y trouve de petits bijoux, comme par exemple L'increvable Monsieur Schneck de Colombe Schneck (Stock, 2006)

Il n'y a pas écrit "roman" sur la couverture, et pour cause… Un beau jour, la narratrice (Colombe Schneck sûrement) découvre dans de vieux numéros de Paris Match un secret de famille: son grand-père, Max, a été assassiné en 1949. Le poids des mots et le choc des photos est un peu traumatisant pour la jeune femme qui se lance alors dans des recherches plus poussées. On ne devrait jamais enterrer les secrets de famille, les jeunes générations les attaquent à la pelle.

Colombe va donc aller de surprise en surprise sur son grand-père, "l'increvable Monsieur Schneck" qui a pourtant fini par se faire tuer par un certain Simon Mazia. Increvable car résistant plein de ressources et de chance. Mais après avoir été un héros de guerre, comment expliquer cette mort sordide?

Colombe Schneck porte bien son prénom: elle a une plume légère… pour traiter un sujet sérieux. On ne manque pas de sourire parfois, malgré tout, malgré la mort, malgré la violence. Beau thème à qui elle rend bien justice.

Le tailleur gris d'Andrea Camilleri (Métailié Noir, 2009)


Le tailleur gris d'Andrea Camilleri (Métailié Noir, 2009, traduit par Serge Quadruppani) , c'est l'histoire d'un homme qui épouse une femme plus jeune que lui et qui finit par, à la retraite, fantasmer sur le tailleur gris qu'elle portait lors du demi-deuil de son dernier mari et lors de son décès, ce tailleur taché de sang.

Les relations du couple sont troubles. Adele veut-elle la mort de son nouvel époux ou l'aime-t-elle vraiment, au point de tout sacrifier lorsqu'il se meurt d'un cancer? Ce roman est complexe, prenant, haletant, surprenant, pas vraiment dans la ligne des autres romans de Camilleri, prouvant ainsi que cet auteur a plus d'une corde à son arc.

Très beau roman que l'on lit d'une traite. Prévoyez un transat, des lunettes de soleil et un coin de paradis car l'atmosphère est glaçante.

Un silence coupable d'Eric Yung (Le Cherche Midi, 2008)


J'ai beau connaître Eric Yung, ses talents de conteur, en particulier sur des textes courts, mais voici un petit bijou: Un silence coupable d'Eric Yung (Le Cherche Midi, 2008). Donc voici un message personnel à l'auteur que j'adore: Eric, je suis bluffée, je suis remuée, je suis bouleversée.

Georges, le narrateur, a perdu le contact avec ses meilleurs amis et avec son enfance le jour où Matthias a été envoyé en hôpital psychiatrique suite à sa condamnation pour le meurtre atroce de ses parents. Leur amie Marie a continué à voir et écrire à Matthias. C'est après la disparition de Marie et Matthias que Georges va faire un voyage dans son passé et dans le leur. Il va découvrir que la vérité était sûrement à la portée de sa main, et dans tous les cas pas là où il le pensait avec la presse et le public.

Dans sa quête, il va croiser le chemin du père de Marie et une amitié profonde va naître.

Roman policier de très grande qualité, roman psychologique, roman qui, en tous cas, n'a pas eu l'écho qu'il aurait mérité. Un chef d'oeuvre. Donc, Eric, tu prends des vacances, une plume, du papier et tu nous refais un aussi beau texte. Il est rare de se sentir aussi bien dans sa peau après la lecture d'un livre. Et bien, ici, c'est le cas. Donc résumé de cette critique en un mot: merci!

mercredi 7 juillet 2010

BW de Lydie Salvayre (Seuil, 2010)


Hymne d'amour de Lydie Salvayre à son compagnon, Bernard Wallet, ce roman est extrêmement touchant, parfois un peu indiscret, voire voyeur, mais n'est-ce pas aussi le but de la littérature. BW fut un grand voyageur, un grand éditeur, un vrai voyant tant dans ses déplacements que dans ses choix littéraires. Et pourtant, un jour, il commença à perdre la vue et Lydie Salvayre prit la plume pour relayer sa parole enfermée dans l'impossibilité ou du moins la grande difficulté d'écrire soi-même.

BW devient alors un personnage de roman, à, la fois héros extraordinaire vu à travers les yeux de la femme qui l'aime plus que tout et marionnette littéraire entre ses mains.

J'ai adoré ce texte, ne serait-ce que par l'amour qui déborde de ces lignes, que par le destin incroyable de Wallet que je ne connaissais que mal. Ah si toutes les femmes amoureuses pouvaient produire de telles oeuvres littéraires!


mardi 6 juillet 2010

Bébés de Thomas Balmès (Alain Chabat, producteur)

"A" grandit, a bientôt un an, alors je me suis enfin offert une séance de cinéma, ce que je n'avais pas fait depuis un an et demie. Je suis allée voir Bébés de Thomas Balmès. J'ai retrouvé les expressions, les expériences de ma fille. Emue aux larmes. Un film à ne pas rater, à voir absolument. Un hymne à l'amour parental et à l'intelligence enfantine.







lundi 21 juin 2010

Alexandra Lapierre, L'Excessive (PLON, 2010)

Suite à un numéro de Café crime, j'ai décidé de lire L'Excessive d'Alexandra Lapierre. Pas inintéressant, mais un peu décevant car l'auteur ne va pas nécessairement assez en profondeur à mon goût.

Toutefois son personnage est très intéressant: au XVIII° siècle, Elizabeth Chudleigh devint bigame en épousant le Duc de Kent, le grand amour de sa vie. Après le décès de ce dernier, elle fut condamnée à ne plus pouvoir porter le nom de Duchesse de Kent. Alors c'est son bateau, celui qui l'amenait à la cour de Catherine II de Russie, qu'elle baptisa ainsi. Bref, une sacrée maîtresse femme.

Elle fréquenta les plus grands, dont elle fut l'amie: la reine Augusta d'Angleterre, Catherine II, Frédéric II de Prusse, divers pairs du Royaume… Alors pourquoi pas 500 pages au lieu des 259 de ce volume? Elizabeth Chudleigh les aurait bien méritées…

dimanche 20 juin 2010

Marek Halter, Le Kabbaliste de Prague (Robert Laffont, 2010)

Puis-je me permettre de résumer ce roman par la boutade suivante: "enfants, voici l'hébreu qui passe"?

Au XVI° siècle, le rabbin MaHaRal crée le Golem à Prague. Le narrateur, son disciple David Gans, voyage dans l'Europe de l'époque à la rencontre des plus grands savants tels que Tycho Braé ou pour sauver la fille de son maître. Bref, ça se balade dans tous les sens, ça court partout et on ne s'attache pas vraiment aux personnages.

Un thème passionnant qui aurait mérité une meilleure histoire.

jeudi 17 juin 2010

Eric Yung, Les Nouvelles Archives de l'étrange (Le cherche midi, 2010)

Voici les chroniques de Eric Yung telles qu'on a pu les entendre sur Radio France (il y a sûrement aussi des inédits). Manque la voix chaude de Yung… dommage (un CD avec la prochaine fois?)

Eric Yung a un talent incroyable de raconteur, et on retrouve ses mots dans ce recueil passionnant, avec des histoires qui vous saisissent, bref, une nuit blanche assurée.

mardi 15 juin 2010

Capitalism:a Love Story de Michael Moore





Michael Moore signe ici probablement son film le plus fort, prenant la crise à la racine, analysant les tenants et les aboutissants, cherchant les vrais responsables. Il pointe Wall Street du doigt, montrant à quel point le système était destiné, à plus ou moins long terme, à échouer dans un crack monstrueux.

Comme toujours, il fait preuve d'un humour ravageur.

Un excellent film que l'on devrait diffuser dans toutes les écoles de commerce, pour remettre un peu d'humanité dans des rouages à la Chaplin.

vendredi 11 juin 2010

Invictus de Clint Eastwood, avec Morgan Freeman, Matt Damon, Scott Eastwood


Clint Eastwood a choisi de montrer la fin de l'Apartheid par une décision surprenante de Nelson Mandela qui s'est avérée payante. L'équipe nationale de rugby était blanche, au point que les noirs soutenaient systématiquement leurs adversaires.

Nelson Mandela décida alors, pendant la coupe du monde en Afrique du Sud, que la nation entière devait soutenir les Springboks. Leur victoire finale fut un moment de communion générale où chaque groupe apprit à connaître l'autre.

Un beau film sur la tolérance et sur les difficultés à sortir d'une situation de ségrégation.





lundi 7 juin 2010

Bellemare, Complots décevants


Je dois reconnaître adorer les faits divers. Je lis parfois les recueils de Bellemare même si l'aspect de liste de crimes empêche l'analyse en profondeur. Mais Complots m'a franchement énervée car les noms étaient changés alors qu'on les connaît parfaitement (celui de Jamila Belkacem par exemple).

jeudi 3 juin 2010

Zu Xiao Di, Les nouvelles affaires du Juge Ti (10/18, 2006)


Frédéric Lenormand n'est pas le seul à avoir repris le personnage si populaire du Juge Ti, personnage réel utilisé par Robert Van Gulik: un écrivain chinois, Zu Xiao Di a écrit Les nouvelles affaires du Juge Ti, mais il s'agit d'une reprise plus classique, moins drôle que les dernières oeuvres de Lenormand.

Toutefois, ce texte n'est pas inintéressant, creusant la culture chinoise de l'époque, les plats que l'on mangeait à l'époque, les rituels judiciaires, les rapports entre hommes et femmes, etc.

Il s'agit d'une série de nouvelles, d'enquêtes différentes à Pou-yang pendant la dynastie Tang.

4P: l'Aveyron

lundi 24 mai 2010

Michel Sapanet, Chroniques d'un médecin légiste (Jean-Claude Gawsewitch, 2009)


La science n'est pas toujours drôle, surtout quand il s'agit de médecine légiste. On imagine le scientifique, sentant le formol, penché sur des entrailles. Berk. Mais si vous voulez en savoir plus sur ce métier, lisez les Chroniques d'un médecin légiste de Michel Sapanet. Avec un amour pour son métier et un humour noir ravageur, il nous entraîne sur les pas de ses plus beaux (j'hésite à dire ce mot) cas. Des affaires où la réalité dépasse la fiction, des affaires où ce qui paraît n'est pas ce qui est, des affaires drôles, des affaires touchantes, des affaires étranges.

De quoi donner envie de changer de profession (si si, je vous assure! en plus les clients ne sont pas difficiles…)

mercredi 12 mai 2010

L'Armée du crime de Robert Guédiguian, avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin, Jean-Pierre Darroussin, etc.


Toujours sur le même thème de la résistance, sur l'affiche rouge (février 1944) cette fois-ci. Exécutés après un procès expéditif, leurs noms sont passés à la postérité, paradoxalement à cause de la propagande nazie. Ce sont des noms de héros que l'on ne peut plus oublier: Rayman, Elek, Bocsov, Fontanot Alfonso, Manouchian…

On découvre ainsi la création, le fonctionnement et la chute du réseau Manouchian.

Virginie Ledoyen, en épouse courageuse de Manouchian, est surprenante (je trouvais sa manière de jouer un peu répétitive jusque là, mais il fallait peut-être lui offrir un aussi beau rôle.)


mardi 11 mai 2010

Inglorious Basterds (2008) de Quentin Tarentino, avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz

Mes problèmes de cruralgie m'ont valu de tester la location par iTunes et donc de pouvoir regarder les films que j'ai ratés depuis ma grossesse au lit sur mon iPod. Inglorious Basterds (2008) de Quentin Tarentino, avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz fut un grand plaisir de cinéma, malgré le petit écran.

Pendant l'occupation allemande, Shosanna assiste à l'exécution de sa famille par des brutes nazies. Elle n'aura de cesse que de retrouver le colonel à la tête du groupe.

Dans le même temps, le lieutenant Raine forme un groupe de juifs pour devenir des résistants efficaces.

Ce film rejette donc la théorie selon laquelle les juifs seraient allés au massacre sans se rebeller, ce qui fait du bien. Enfin! (Et enfin un film de guerre que j'ai vraiment apprécié, c'est tout dire!)




samedi 1 mai 2010

Le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas (Editions de l'Olivier, 2010)


On parle tous les jours de précarité, de la baisse du pouvoir d'achat, des difficultés quotidiennes, mais combien nos problèmes sont souvent insignifiants à côté de ceux de ces hommes et ces femmes qui ont un travail vraiment précaire. Il est parfois nécessaire de mettre directement le nez dedans pour comprendre. Le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas est, à ce titre, un documentaire extraordinaire, fort, intelligent, sensible.

Florence Aubenas s'est installée dans une chambre à Caen (où, plus tard, elle écrira ce livre), s'est inscrite à Pôle Emploi avec un faux CV (très allégé), une histoire plausible, et prête à tout accepter. Donc elle a récupéré les travaux les plus mal payés, les plus pénibles, en nettoyage en particulier, dans des bureaux, sur les ferries, etc.

Elle a rencontré des femmes formidables, amicales, sensibles, mais dont le sort était loin d'être enviable. Elle a découvert la peur de perdre sa voiture assez âgée et donc son travail (quelle est loin la prime gouvernementale pour l'achat d'un véhicule moins polluant), l'impossibilité de faire soigner ses dents (et donc ses collègues attendaient que tout tombe pour pouvoir se faire installer un dentier complet.) Un monde qu'elle n'aurait jamais pu imaginer et la plupart de ses lecteurs non plus. Je dois avouer y être allée franchement de ma petite larme ça et là. A lire ABSOLUMENT!

vendredi 23 avril 2010

Renaud Camus, Demeures de l'Esprit: France II Nord-Ouest (Fayard, 2010)

Renaud Camus, armé de son appareil photo, continue son tour de France des Demeures de l'esprit (un Ghostbuster, chasseur d'esprits?). Le voici dans le Nord-Ouest, toujours aussi féroce contre les demeures-musées, les panneaux explicatifs qui défigurent les maisons.

En couverture, la maison de Mme de Sévigné, à Vitré, un petit bijou d'architecture.

Je n'ai encore jamais visité Le Clos Lupin de Leblanc, mais j'ai l'impression que je n'ai rien manqué puisque la créature (Leblanc) a dévoré son créateur.

Les esprits capturés par Renaud Camus sont George Sand, Patrice de La Tour du Pin, la maison de Léonie à Villiers-Combray (il faut absolument que j'y aille), Albert Stapfer, Léonard de Vinci, Ronsard, Honorat de Racan, Ernest Renan, Balzac, Rabelais, Descartes, Simenon, Clémenceau, Lemot, Robert de Goulaine, du Bellay, Sarah Bernhardt, Saint-Pol Roux, Chateaubriand, Mme de Sévigné, Victor Hugo, Millet, Barbey d'Aurevilly, Erik Satie, Flaubert, Corneille, Monet, Maupassant, Gide, Maupassant. Bonne chasse…

Chaque volume me donne toujours envie de voyager. Merci, Renaud Camus.

lundi 5 avril 2010

Le Train du crime de Serge Janouin-Benanti et Le Tueur du Paris-Mulhouse de Viviane Janouin-Benanti (L'Apart du Noir/ Cheminements, 2010

Serge et Viviane Janouin-Benanti nous entraînent dans les trains pour décrire des affaires à vous faire passer des nuits blanches, Viviane en un volume, Serge sous forme de nouvelles (dont la première "Pas de rails chez moi!" est plutôt drôle… avant de nous lancer vers des aventures franchement plus sinistres.)
Le Tueur du Paris-Mulhouse de Viviane Janouin-Benanti décrit l'affaire Charles Jud (inspiration pour le personnage de Fantômas).
Hep, les Relais H, vous ne pensez pas que vous devriez relayer ces deux volumes? Le voyageur, parti en toute confiance, commencerait alors à regarder les autres passagers avec méfiance… de doux tremblements de peur se glisseraient le long de sa colonne vertébrale…

jeudi 11 mars 2010

Panique sur la Grande Muraille de Frédéric Lenormand (Fayard, 2009)


Frédéric Lenormand a repris les aventures du Juge Ti, semi-création de Robert Van Gulik (il a vraiment existé), juge et enquêteur du VII° siècle. Je n'ai pas toujours été convaincue par certains de ses romans, surtout par rapport aux originaux, mais celui-ci est particulièrement réussi.

Ti est envoyé à l'Ouest de l'Empire pour contrôler les travaux dans la Grande Muraille. Il découvre une vraie catastrophe. Il y a un trou dans l'ouvrage, couvert par une banderole peinte pour faire croire que la Muraille est intacte. Les Turcs sont aux portes de la ville, les habitants souhaitent fuir plutôt que de défendre les lieux.

Ti se remonte alors les manches, avec sa Première Epouse, Dame Lin qui jouera un rôle central (et parfois cocasse) dans la défense de la ville. Au vu du travail et de la possibilité qu'il y ait un traître dans les murs, Ti et Lin pourront-ils sauver la ville?

Ce roman est un moment très agréable de lecture, avec des passages fort drôles.

mercredi 10 mars 2010

HOMMAGE

Patrick Topaloff, chantre de la chanson … on vient de nous quitter. Voici donc un hommage:





samedi 13 février 2010

J'aurais voulu être égyptien d'Alaa El Aswany (Actes Sud, 2009) traduit de l'arabe par Gilles Gauthier

Je viens de finir J'aurais voulu être égyptien d'Alaa El Aswany (Actes Sud, 2009) traduit de l'arabe par Gilles Gauthier, un texte à a fois tendre et rebelle sur l'Egypte actuelle.




Le narrateur, Issam, n'aime pas son pays et se gausse de la citation de Mustapha Kamel: "Si je n'étais pas né égyptien, j'aurais voulu être égyptien." Il trouve ce texte "inepte" et n'a pas de mots assez forts pour dire tout le mal qu'il pense de son pays. Tant et si bien que l'auteur, en préface, explique tout le mal qu'il a eu pour faire publier ce roman, les tenants d'Anastasie et de ses grands ciseaux confondant personnage et auteur.

Issam vit avec avec une mère gravement malade qui préférerait voir toute sa famille mourir plutôt que d'avoir un cancer en phase finale et une grand-mère relativement grincheuse et méchante. Seule la servante Hoda lui prodigue un peu de tendresse et plus si affinité.

Finalement, Issam rencontre Jutta,une touriste allemande qui aurait bien voulu naître égyptienne. Suite à un voyage touristique, elle est restée fascinée pour ce pays.

Au milieu de cette famille et de ce couple passent des personnages plus étranges les uns que les autres, ou bien drôles, ou touchants, simples fantômes parfois, souvent plus, des personnages à la Dos Passos. Le lecteur croise ces figures dans les rues du Caire, devenu plus vivant que les guides touristiques sous la plume toujours brillante d'Alaa El Asqwany. Et parfois, alors, on se prendrait à vouloir devenir égyptien.

jeudi 11 février 2010

Les Turbans de Venise de Nedim Gürsel (Seuil) traduit par Timour Muhidine


Je viens de finir Les Turbans de Venise de Nedim Gürsel, écrivain turc né en 1951.

Kâmil Uzman, digne professeur d'art, quitte Istanbul pour se rendre à Venise sur les traces de Gentile Bellini, frère de Giovanni Bellini, qui s'était rendu en Turquie pour faire le portrait du sultan Mehmet le Conquérant, destructeur de Byzance. Sur place, il découvre une jeune femme qui lui rappelle la Sainte Catherine d'un tableau de Bellini. Amoureux, son attirance n'est pas réciproque et il finit par fréquenter les prostituées et les lieux louches.

Ce roman traite de l'exil, du déracinement, des liens entre Orient et Occident, des femmes, de l'art et, surtout, est un merveilleux tableau de Venise, digne des peintres du Quattrocento.

mardi 9 février 2010

Toxique de Françoise Sagan (Stock, 2009)


J'ai lu Toxique de Françoise Sagan. Ce texte, découvert récemment, est le journal de Françoise Sagan décrivant ses problèmes d'addiction après son accident de voiture en 1957.

'En été 1957, après un accident de voiture, je fus, durant trois mois, la proie de douleurs suffisamment désagréables pour que l'on me donnât quotidiennement un succédané de la morphine appelé le '875' (palfium). Au bout de ces trois mois, j'étais suffisamment intoxiquée pour qu'un séjour dans une clinique spécialisée s'imposât. Ce fut un séjour rapide, mais au cours duquel j'écrivis ce journal que j'ai retrouvé l'autre jour.'

Ce texte, illustré en noir et blanc par Bernard Buffet, est le récit de sa désintoxication, de la douleur physique et morale, de la peur de la déchéance, des regrets de sa vie d'avant, de l'alcool et des cigarettes, de la légèreté de la vie.

Un très beau texte qui donne un aperçu de la personnalité de Sagan, son côté sombre et son amour de la vie malgré tout.

vendredi 5 février 2010

L'Enigme du retour de Dany Laferrière (Grasset, 2009), Prix Médicis


J'ai lu L'Enigme du retour de Dany Laferrière (Grasset, 2009), roman écrit en alternance de prose et de vers libres. Le narrateur quitte New York et revient à Haïti à la suite de la mort de son père, exilé dans les années 1960 par Papa Doc. Il s'agit d'un texte d'une grande musicalité.

Triste et poétique, ce roman traite de deuil, tandis que le narrateur se sent de plus en plus étranger dans son propre pays. L'exil est au centre de ce texte, la douleur de se sentir loin parmi les siens, miséreux. Un texte magistral de cet écrivain qui a mille fois mérité le Médicis.

Les Haïtiens ne le comprennent pas: on le croit riche car il vit en Amérique du Nord. Il ne les comprend pas davantage: pourquoi une telle misère, des enlèvements dans un pays qui devrait se relever?

mercredi 27 janvier 2010

Casting

J'ai inscrit ma fille dans un casting pour rire

On peut voter pour elleici

dimanche 10 janvier 2010

Humour britannique


Une vieille dame anglaise veut fêter son 90e anniversaire avec ses amis de toujours, Sir Toby, l'amiral von Schneider, Mr. Pommeroy et Mr. Winterbottom. Mais ils sont tous morts. Son majordome va donc jouer les rôles de ces personnes-là. En conséquence, il va boire énormément. Autres effets comiques : il joue le rôle d'un amiral en claquant ses talons, ça fait mal. À la fin, il est complètement ivre, en un tel point qu'il ne trébuche même plus sur le tapis en peau de tigre. La vieille dame, flegmatique, part alors se coucher.

mercredi 6 janvier 2010

Ludwig von 88





Les Nonnes Troppo

Pour Som qui a repris le boulot:

Les Heures souterraines de Delphine de Vigan (JC Lattès, 2009)

Delphine de Vigan est décidément un écrivain plein de talent. Les Heures souterraines en sont un excellent exemple.

Mathilde et Thibault sont deux personnages souffrant de solitude. Elle, harcelée au travail, lui impliqué dans une relation sans lendemain. Le lecteur fleur bleue espère qu'au coeur de cette grande ville fourmilière, ils se croiseront et sauront se consoler.



Hélas, chacun semble condamné à porter sa croix seul, avec beaucoup de courage, en se frôlant sans jamais se toucher (chouette, nous ne sommes pas dans la collection Harlequin!)

Le 20 mai doit être le jour où Mathilde rencontrera le grand amour, selon une médium. Alors on y croit… Mais en fait le harcèlement moral deviendra de pire en pire et son patron, Jacques, réussira franchement à faire de cette journée un moment particulièrement pénible, un véritable enfer. Pourtant, elle doit tenir, pour ses trois enfants.

Quant à Thibault, médecin urgentiste, il sait que Lila ne l'aime pas, qu'il n'a aucun avenir avec elle. Le 20 mai sera donc le jour où il aura enfin le courage de la quitter… et Lila ne s'en souciera guère.

Une belle écriture, des personnages très forts, des situations difficiles, la mayonnaise prend, et elle prend bien. On s'attache à Thibault, à Mathilde et ses trois adorables bouts de choux. Et on se surprend à croiser les doigts et à vouloir croire aux prédictions.

mardi 5 janvier 2010

La Voix d'Arnaldur Indridason (Métailié, 2007)



Le Père Noël a été assassiné dans son cagibi, au fin fond d'un hôtel islandais, la veille de Noël. Un préservatif pend lamentablement de son pénis. Bref, pas une image pour les enfants.

Erlendur, Elinborg et toute leur équipe mènent alors l'enquête. Erlendur prend une chambre à l'hôtel, semblant peu pressé d'être chez lui le jour de Noël, tout en tentant d'aider sa fille Eva Lind se battre contre son désir de drogue.

Pendant son séjour sur place, Erlendur rencontre Henry Wapshott, un Américain venu pour rencontrer la victime. En effet, Gudlaugur avait été un enfant star, un petit choriste à la voix en or, un véritable ange. Mais sa carrière s'était arrêtée du jour au lendemain quand, en plein concert, sa voix avait mué, s'était cassée, au grand désespoir du père de l'enfant qui semblait ne vivre que pour la carrière musicale de son fils. Wapshott cherchait à se procurer tout le stock de disques que Gudlaugur pouvait encore détenir. Il lui avait même fait une proposition en or, avec un premier versement conséquent.

Talent, misère, lumière, homosexualité, feux de la rampe, recours aux prostitués, Gudlaugur avait tout vécu, tout vu. Il était l'âme de son hôtel, vivant sur place, et pourtant il allait perdre son emploi.

Alors qui avait pu le tuer d'un coup de couteau la veille de Noël?

La psychologie des personnages est bien étudiée, les relations parents-enfants (Gudlaugur et son père, Erlendur et Eva) sont soulevées dans leur complexité. Un polar nordique à ne pas rater, un vrai beau texte…

lundi 4 janvier 2010

Les joies de la maternité

Après la grossesse, voici les joies de la maternité



vendredi 1 janvier 2010

La Légende de nos pères de Sorj Chalendon (Grasset, 2009)



Pendant mon hospitalisation, j'ai lu La Légende de nos pères de Sorj Chalendon, un très beau roman de la rentrée littéraire.

Le narrateur a perdu son père en 1983. Celui-ci, ancien résistant, souhaitait transmettre ses souvenirs, mais son fils les trouvait ennuyeux. Le jour de l'enterrement de son père, le jeune homme découvre Lupuline et son père, Tescelin Beuzaboc, un autre résistant, dans le cimetière.

Plusieurs années plus tard, devenu écrivain de biographies pour les gens qui souhaitent léguer leur histoire à leur famille, il retrouve Lupuline qui souhaiterait lui présenter son père et lui proposer d'écrire sa vie. En effet, Beuzaboc endormait sa petite fille en lui racontant les exploits extraordinaires dont il avait été le héros pendant la guerre. Après quelque hésitation Beuzaboc finit par accepter.

Le roman est le récit des relations entre Beuzaboc et le narrateur, de plus en plus culpabilisé par son refus d'écouter son propre père quand il en était encore temps. Jusqu'au jour où il finit par se demander si Beuzaboc n'a pas inventé tout ou partie de sa vie.

Un beau récit sur l'art du roman bref… des mensonges que l'on choisit de croire, des vérités parfois, la vie, la relation au lecteur, la fascination… Un roman que je recommande donc chaleureusement.