lundi 7 avril 2008

Neige sur Melun


Il a neigé cette nuit et voici la vue ce matin à 10h. Au fond, les bâtiments de Paris 2 quai de la Courtille où j'enseigne.

Week-end noir de Neuilly -Plaisance


J'ai travaillé pendant tout le week-end à Neuilly-Plaisance dont je suis la marraine du Week-End Noir (Jean-Hugues Oppel en est le parrain.) Arrivée sur place dès vendredi soir pour accueillir Anne Perry, j'ai dîné avec Thomas Bauduret/ Patrick Eris et elle à La Table de Jean (Le Perreux.)


Le samedi matin, la foule était présente. Vers midi, Christian Demuynck, Sénateur-Maire de la ville, a fait venir sur scène les jurys des deux prix (enfin, pour le Prix Lionceau, quelques enfants des écoles.) Ils ont alors remis leur prix aux deux gagnants.

Jacques Asklund était le Lauréat du Prix Lionceau pour son roman Crime d'auteur (Heure Noire).


Thanh-Van Tran Nhut a reçu le Prix Lion Noir, doté de 1200 euro, pour Les Travers du Docteur Porc (Picquier).



Le stand de la Bibliothèque municipale de Neuilly-Plaisance

J'ai animé deux débats: l'un le samedi à 15h ("Traduire le roman policier" avec Thomas Bauduret, Pierre Bondil, Jean-Paul Gratias et Gérard Lecas), l'autre le dimanche à 15h ("Le roman policier anglo-saxon" avec François Guérif, Fidelis Morgan et Anne Perry.) Le second débat a eu beaucoup de succès auprès du public qui s'était massé jusque en bas de la scène. Le premier débat a attiré des futurs traducteurs, dont deux de mes étudiantes de l'Institut Catholique de Paris.

Les participants au débat sur le polar anglo-saxon (Thomas Bauduret traduisait le débat pour Anne Perry)

Dimanche matin, Viviane Janouin Benanti a donné une conférence sur "Crime et mythomanie".

Il est à noter que le public, déjà nombreux les années précédentes, commence à venir de loin. Plusieurs personnes venaient de Paris, des Hauts de Seine, etc. Mais, plus remarquable, nous avons eu la visite de Celia Imre, actrice britannique que l'on a pu voir dans Bridget Jones et dans Calendar Girls.

Plus de photos ici

jeudi 3 avril 2008

Parcelles humaines d'Orly Castel-Bloom


La médiathèque de Melun avait fait une table consacrée aux auteurs israéliens. J'ai donc emprunté un roman à la fois optimiste et profond, avec un style enlevé: Parcelles humaines d'Orly Castel-Bloom.

Israël subit une météo polaire et la neige recouvre le pays. Alors qu'un jeune garçon a été lynché par des Arabes, plusieurs personnages tentent de vivre malgré une situation économique difficile. Une galerie de portraits touchants: une mère divorcée qui a du mal à joindre les deux bouts, une femme qui vit avec sa famille dans la misère et qui devient brièvement une star des médias qui s'intéressent (très ponctuellement) à son cas, un mannequin éthiopien, un héritier ashkénaze, etc.

Les parcours se frôlent, se croisent, se touchent, s'évitent. La vie cohabite avec la mort. L'auteur montre une immense affection pour ses personnages et le lecteur entre dans le récit avec délectation.

Tels des astres éteints de Leonora Miano


J'ai fini de lire Tels des astres éteints de Leonora Miano et j'ai beaucoup aimé ce roman malgré quelques passages un peu didactiques longs. Mais sinon, ce roman est remarquable.

L'histoire tourne autour de trois Africains déracinés en Europe: Amok, Shrapnel et Amandla. Leur voyage est à la fois géographique, historique et culturel. Ils visitent les grands mouvements culturels africains, certains fortement empreints d'égyptologie. Leonora Miano a une écriture musicale, inspirée du jazz. Elle a d'ailleurs rendu hommage à Toni Morrison dans Le Magazine Littéraire du mois de mars. Leurs styles ne sont pas sans similitudes.

Leonora Miano est un écrivain fort, avec une écriture très personnelle, à suivre…

mardi 1 avril 2008

The Tudors


Encore un mois avant la fin de mon abonnement à Canal +, donc je regarde actuellement la merveilleuse série Les Tudors: Jonathan Rhys-Meyers y campe un superbe Henri VIII. Callum Blue (que j'avais adoré dans Dead Like Me) y est Anthony Knivert. Par contre, je n'aime pas du tout Natalie Dormer (Anne Boleyn) que je trouve assez vulgaire.

Quelques libertés ont été prises avec l'Histoire (la soeur de Henri VIII a été mariée à Louis XII, non au roi du Portugal, et elle n'a pas assassiné son mari), sinon j'aime beaucoup la façon de recréer l'atmosphère de l'époque et de revisiter des événements qui ont changé la face du monde (le passage de l'Angleterre dans le giron du Protestantisme, etc.)

Les spectateurs qui, comme moi, ont aimé Rome devraient apprécier cette série également.






"Elle tricote des pulls pour personne" de Philippe Lavil

Je suis une fois de plus catastrophée: je connaissais presque par coeur la chanson … on de dimanche dans "La prochaine fois je vous la chanterai" de Philippe Meyer. C'est grave, docteur?

"Elle tricote des pulls pour personne" de Philippe Lavil

Elle rate l'avion de ligne de la Koweit
Mais comme tu l'imagines elle loue un jet
Nous on la branche direct avec Wall Street
D'où elle sauve une holding de la faillite
Ce soir elle dort à Londres ou à Berlin
Dans les Hilton du monde flotte son parfum
Des playboys de hasard auront croisé
La soie de ses bas noirs sur sa peau bronzée

Même Francois Mitterrand vous dirait d'elle
Que c'est un Bernard Tapie en Chanel
Mais côté love story j'vous demande pardon
Elle tricote des pulls pour personne
Même Margaret Thatcher vous dirait d'elle
Que c'est une super lady en dentelle
Elle tutoie les taxis, vouvoie Elton
Elle tricote des pulls pour personne

Elle transite du dollar au Mozambique
D'où elle vend du caviar aux Soviétiques
Elle fait Paris-Dakar en solitaire
Histoire d'écrire l'histoire a sa manière

Même Francois Mitterrand vous dirait d'elle
Que c'est un Bernard Tapie en Chanel
Mais côté love story j'vous demande pardon
Elle tricote des pulls pour personne
Même Margaret Thatcher vous dirait d'elle
Que c'est une super lady en dentelle
Elle tutoie les taxis, vouvoie Elton
Elle tricote des pulls pour personne

Même Francois Mitterrand vous dirait d'elle
Que c'est un Bernard Tapie en Chanel
Mais côté love story j'vous demande pardon
Elle tricote des pulls pour personne
Même Margaret Thatcher vous dirait d'elle
Que c'est une super lady en dentelle
Elle tutoie les taxis, vouvoie Elton
Elle tricote des pulls pour personne

Même Francois Mitterrand vous dirait d'elle
Que c'est un Bernard Tapie en Chanel
Mais côté love story j'vous demande pardon
Elle tricote des pulls pour personne
Même Margaret Thatcher vous dirait d'elle
Que c'est une super lady en dentelle
Elle tutoie les taxis, vouvoie Elton John
Elle tricote des pulls pour personne

lundi 31 mars 2008

Promets moi


Le cinéma des Variétés de Melun passait (sur fort peu de séances, dommage) Promets moi, réalisé par Emir Kusturica, avec Marija Petronijevic, Uros Milovanovic, Ljiljana Blagojevic… Je suis une fan d'Emir Kusturica, j'ai donc beaucoup aimé ce film délirant, même si le réalisateur semble un peu perdre la fougue de Chat noir, chat blanc.

Pensant qu'il va bientôt mourir, un grand-père serbe, fou de gadgets, envoie son petit-fils à la ville vendre leur vache, acheter une icône, un souvenir et ramener une femme. Beau programme! Tsane part donc avec sa vache, croise des personnages étranges et drôles… et rencontre Jasna qu'il devra tirer des griffes d'un caïd qui voudrait la prostituer.

La galerie de portraits est toujours aussi savoureuse: un grand-père qui piège les alentours de sa maisonnette et truffe son intérieur de gadgets incroyables, un mafieux zoophile, un duo de démolisseurs sympathiques, une prostituée au grand coeur, de sales mômes, etc.

Un moment formidable.

dimanche 30 mars 2008

Bienvenue chez les chtis de Dany Boon


J'ai cédé aux sirènes de Bienvenue chez les chtis avec Kad Merad, Dany Boon, Zoé Félix… et je ne regrette pas un seul instant. Ce film n'est peut-être pas le grand film intellectuel du siècle, mais dans un pays où l'on monte les gens les uns contre les autres afin de permettre à tout le monde d'être perdant, je trouve qu'un film qui tente de tisser des liens entre des communautés doit être salué.

Après avoir tenté de se faire passer pour handicapé afin d'obtenir la mutation au bord de la mer dont sa femme rêvait, Philippe Abrams (Kad Merad) est envoyé occuper le poste de directeur de la Poste de Bergues dans le Nord. Les Abrams, pleins de préjugés, se préparent moralement: il est hors de question que Julie Abrams et leur fils aille dans le Nord (temps trop froid, gens alcooliques, etc.) Accueilli par un adorable facteur, Antoine (Dany Boon), Abrams découvre une région chaleureuse et un langage fleuri.

Mais Julie refuse de croire que la vie à Bergues soit agréable. Philippe ment alors et invente une vie infernale… jusqu'au jour où Julie décide de rendre visite à son mari.

Le décalage entre Nord et Sud est particulièrement savoureux et les réactions de Philippe (et du spectateur) face au chtimi font tout le sel du film.




Crimes à Oxford d'Alex de la Iglesia


Cinéma hier pour voir Crimes à Oxford d'Alex de la Iglesia, avec Elijah Wood, John Hurt, Julie Cox, Dominique Pinon… Elijah Wood y campe Martin, lun étudiant américain en mathématiques, venu faire sa thèse avec Arthur Seldom (John Hurt). Il s'installe chez une amie du Professeur dans l'espoir qu'elle l'aidera à l'approcher. Mais c'est surtout la mort de la vieille dame qui les aidera à travailler ensemble, à tenter de résoudre l'énigme mathématique proposée par le tueur.

Ce polar qui repose sur les suites mathématiques m'a un peu rappelé mon roman policier préféré, Le Tableau du maître flamand (en un peu moins bien, mais j'ai quand même trouvé ce Cluedo intellectuel très bien filmé et très bien joué.)

J'ai particulièrement aimé les scènes autour des festivités du 5 novembre (Guy Fawkes Day en Angleterre) et les monuments d'Oxford que j'aime tant retrouver.





samedi 29 mars 2008

Neuilly-Plaisance




Le week-end prochain, je travaille au Week-end Noir de Neuilly Plaisance. Il s'agit d'un festival caritatif dont une partie des bénéfices est reversée à une association, cette année Alzheimer-Seine-Saint-Denis. Ce festival a toujours un beau succès. L'an dernier, la Crime Writers Association de Grande Bretagne était venue nous voir et, cette année, deux Britanniques sont présentes parmi nous, Anne Perry et Fidelis Morgan.




Les prix Lion Noir et Lionceau seront remis samedi à 11h.





Le Rossignol et Le Renard de Igor Stravinsky


J'ai écouté hier soir Le Rossignol et Le Renard de Igor Stravinsky avec Laurent Naouri, Violeta Urmana, Marie McLaughlin, Natalie Dessay, Vsevolod Grivnov, Maxim Mikhailov, Albert Shagidullin et dirigé par James Conlon. Traditionnellement, je n'aimais pas les dissonances de Stravinsky, mais j'ai emprunté ce disque à la médiathèque et… coup de foudre. Les voix sont superbes, et en fait, c'est harmonieux. J'aurais dû ré-essayer Stravinsky plus tôt. J'ai également découvert Le Renard avec Laurent Naouri, Ian Caley, Paris National Opera Orchestra Solists, Vsevolod Grivnov, Maxim Mikhailov. C'est drôle et enlevé.

Pour les rétrécis du bulbe qui laissent des commentaires idiots en ne comprenant visiblement pas le français (voir ici), je tiens à signaler que cette entrée n'est pas dans la série "chanson …on", mais avant le week-end dernier, je ne jugeais pas nécessaire de signaler: ici chef d'oeuvre, là gag à se tordre de rire. Dois-je le faire ou ai-je un seul lecteur très limité intellectuellement?

Suzanne la pleureuse d'Alona Kimhi, traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech


Alona Kimhi est née en 1966 en Ukraine et a émigré à six ans, avec ses parents, en Israël. Militante d'extrême gauche, elle représente bien cette littérature israélienne pourtant boycottée par certains au Salon du Livre. Peut-être auraient-ils dû lire Alona Kimhi…

Je viens de finir Suzanne la pleureuse, son premier roman, absolument irrésistible. Suzanne fond en larmes pour un oui ou pour un non. Trentenaire, elle vit toujours avec sa mère qui surprotège cette jeune femme émotionnellement instable depuis la mort de son père. Mais un jour surgit chez elle Naor, un cousin américain, qui va bouleverser leurs vies.

Suzanne, la narratrice, va alors changer peu à peu. Elle n'aura plus peur du chien du voisin (premier signe tangible d'un changement profond), elle va s'intéresser de très près à l'invité (par ailleurs beau garçon, ce qui ne gâche rien.) Suzanne la pleureuse est un superbe Bildungsroman plein de coeur, d'humour, de tolérance et d'intelligence.

Suzanne la pleureuse a reçu e prix Wizo Israélien 2002.

mardi 25 mars 2008

Not the Nine O'Clock News (de nouveau)


Le Not the Nine O'Clock News passait sur BBC2 en même temps que le journal de 21 heures était diffusé sur BBC1.

Puisque j'ai parlé de cette merveilleuse émission qui a lancé les carrières de Rowan Atkinson, Pamela Stephenson, Mel Smith et Griff Rhys Jones, je me dis que je devrais mettre le sketch que ma mère adorait à l'époque. Il s'agit d'un débat autour de l'intelligence animale (je pense que Rowan Atkinson jouait le rôle du gorille.)

On peut retrouver beaucoup de sketchs de cette émission sur Youtube.

Not the Nine O'Clock News

Dans les années 1980, Rowan Atkinson faisait ses débuts dans "Not the Nine O'Clock News". J'adore en particulier ce sketch qui traite de la politique des conservateurs en matière d'immigration:

Rowan Atkinson et Kate Bush, "Do Bears"

Un duo télévisé que j'adore:

dimanche 23 mars 2008

Le printemps musical de Touraine au Prieuré Saint-Cosme



Hier, je suis allée en famille au Printemps musical de Touraine au Prieuré Saint-Cosme. Le thème en était "piano en liberté au féminin". Marie-Josèphe Jude, une pianiste remarquable, y a joué trois sonates de Scarlatti (K9, K33 et K 141) ainsi que la Chaconne en ré mineur de Bach (transcripte au piano pour la main gauche par Brahms), une pure merveille. Puis, Akiko Yamamoto a interprété la sonate en fa majeur K 332 de Mozart avec un enthousiasme formidable. Par contre, je n'ai pas trop aimé ni le morceau ni l'interprétation de Shani Diluka: Trois impromptus opus 142 D. 935 opus 21 de Schubert. Les deux premières pianistes étaient très différentes: l'une sobre, l'autre vivant véritablement son morceau. Dans le cas de Shani Diluka, sa respiration lourde était une gêne sonore et le morceau avait l'air assez bizarrement déconstruit.

Marie-Josèphe Jude

Toutefois, il semble que les impromptus de Schubert puissent être joués de manière moins appuyée et lourde et qu'ils soient alors bien plus agréables.

vendredi 21 mars 2008

Abel Gance


J'ai regardé aujourd'hui, grâce au Cinéclub de France 3 (enregistré il y a quelque temps), deux films d'Abel Gance: Lucrèce Borgia et La Tour de Nesle.

La Tour de Nesle (1954), avec Pierre Brasseur, Silvana Pampanini, Michel Bouquet, Jacques Toja, Paul Guers, Marcel Raine, Michel Etcheverry, Nelly Kaplan, Rellys, Constant Rémy, Paul Demange, Cadet Rivers, Sacha Briquet, etc. reprend le thème des turpitudes de Marguerite de Bourgogne (dont une version plus chaste existe dans Les Rois maudits). Tandis que Louis X ne pense qu'à sa passion pour le jeu de paume, sa femme et ses belles-soeurs se livrent à des orgies. Il s'agit d'un film très sensuel et plein de rebondissements, dont le scénario se fonde sur un texte de Dumas.

Lucrèce Borgia (1935) montre la jeune femme sous un jour assez différent de celui que l'on connait habituellement. Gance écrivait:

« Dans mon film, Lucrèce aura des amants, oui, il y aura des orgies, des meurtres, du poison mais il y aura surtout la vie d’une femme qui se débat pour conquérir le bonheur, qui lutte contre la volonté d’un frère dévoré d’ambition. Lucrèce parce qu’elle est une Borgia n’a pas le droit d’être heureuse, sa beauté doit servir à son frère César pour des fins politiques, meurtrie, déchirée, privée de toute affection, elle se réfugiera dans le culte des Arts et chacun sait que la cour de Ferrare fut la plus brillante de cette époque. »

Deux très beaux films…

jeudi 20 mars 2008

Rome de Mika Waltari


J'ai fini aujourd'hui la lecture de Rome de Mika Waltari publié par le Jardin des Livres, traduction de Waltari, Jean-Pierre Carasso et Monique Baile. Sur les pas du jeune (puis moins jeune) Minutus, le lecteur découvre Claude, Vespasien, Agrippine, les apôtres Paul, Pierre et Luc, Pétrone, Messaline, Simon le Magicien, Titus, Claudia, Octavia, Popée, Britannicus, Domitien, Flavius Josèphe et bien évidemment Néron, dont Mika Waltari nous raconte l'incroyable règne. Minutus, jeune homme dont le père est secrètement devenu chrétien, part en Bretagne. Puis, il revient à Rome où il devient l'ami du futur Néron, sous le règne de Claude.

Déçu par son ami, bien des années plus tard, il rencontrera les conspirateurs qui se réunirent autour de Pison.

Ce très beau roman historique montre bien les débats qui scindèrent la communauté juive entre Juifs orthodoxes et chrétiens. Rome s'achève sur des scènes de cirque terribles, avec l'exécution de Pierre et Paul, entre autres.

Les documentaires liés à Shoah de Lanzmann


En préparant Shoah, Claude Lanzmann a réalisé deux films avec des entretiens particulièrement intéressants: Un vivant qui passe et Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures.

Claude Lanzmann a réalisé Un vivant qui passe à partir d’un entretien que Maurice Rossel lui avait accordé en 1979. Ce dernier était délégué du Comité International de la Croix Rouge à Berlin et, à ce titre, visita le « ghetto modèle » de Theresienstadt en juin 1944. Les nazis avaient préparé cette visite longtemps à l'avance et Roussel fit un compte-rendu positif. Or, pour ne pas montrer la surpopulation, on avait envoyé les juifs les plus mal en point vers les chambres à gaz. Roussel accuse les juifs du ghetto de ne pas l'avoir alerté. Lanzmann se permet alors de signaler qu'ils n'avaient surement pas le choix et qu'il ne faut pas confondre victimes et bourreaux.

Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures fut réalisé à partir d'un entretien avec Yehuda Lerner (1979). Ce dernier fit partie des juifs qui se révoltèrent au camp de Sobibor. Il tua même un soldat nazi. Le camp de Sobibor fut fermé après la révolte.

Ces deux films furent réunis dans un DVD coédité par les Cahiers du cinéma / Why Not Productions (que j'ai pu emprunter à la Médiathèque de Melun.) Deux très beaux entretiens.

Les enquêtes du commissaire Collura d'Andrea Camilleri


J'ai lu Les enquêtes du commissaire Collura d'Andrea Camilleri, un petit bijou de recueil de nouvelles. Collura est un commissaire de bord, ancien policier qui a été blessé. Ami de Montalbano, Cece Collura se trouve face à des énigmes où la réalité disparait souvent derrière l'illusion. Chaque nouvelle se termine d'ailleurs sur une réflexion sur les liens entre vérité et mensonge.

Enquêtes sur une jeune fille à l'humeur changeante, sur une femme qui disparait, etc. Chaque incident à bord est l'occasion pour Cece Collura de faire montre de ses talents.

Le ton humoristique, propre à Camilleri, est plein de verve. A lire absolument...