mercredi 16 janvier 2008

Suzanne Gabriello ou l'art de la parodie


Elle fut la destinataire du "Ne me quitte pas" de Brel et une artiste de talent. Morte en 1992, Suzanne Gabriello rédigea des parodies géniales. En voici quelques textes:

Z'avez pas lu Kafka
Année : 1966
Label : Barclay
Référence : 71 084
Durée : 2 m 24 s


Paroles :
Z'avez pas lu Kafka?
Oh lalalalala
(x3)

Je me donne un mal de chien
Mais je ne comprends pas tout
Je me donne un mal de chien
Je n'en viens pas à bout
A cause des musiciens
Yéyés qui jouent près de moi
Je ne peux pas lire ici
Je ne le répéterai pas
Je ne peux pas lire ici
Hmmm, c'est bête ça
Je ne peux pas lire ici
Ça y est et c'est reparti

Et dis donc Nino, tu peux pas jouer moins fort?
Faut que je me cultive.
Et dis donc Nino, Kafka, c'est pas Astérix
Moins fort, Nino, j'ai les nerfs qui lâchent

Grâce à ces musiciens
J'entrevois tout à coup
L'univers kafkaïen
Qui rend les hommes fous
L'univers kafkaïen
Ohh yeah, moi je l'ai chez moi
C'est bien le dernier mois
Que je passerai là
Je ne veux plus vivre ici
Je ne resterai pas
Car si je reste ici
Oh yeah ça oui je le vois
Car si je reste ici
Je ne me cultiverai pas
Je ne peux pas lire ici
Car c'est très calé Kafka

Mon permis au mois d'août
Année : 1966
Auteurs compositeurs : Charles Aznavour - G. Garvarentz / Adaptation : Suzanne Gabriello
Label : Barclay
Référence : 71 107 M
Durée : 3 m 46 s


Paroles :
Je marche à pied depuis septembre
parce qu'un jour cet été
en franchissant la bande
je me suis fait pincer.

J'aurais dû m'y attendre
mais j'ai risqué le coup
et je me suis fait prendre
mon permis au mois d'août.

De larmes et de rires
j'abusais tour à tour
pour tenter de séduire
le préfet et sa cour.

Chaque ruse, chaque prière
semblait les mettre à bout.
J'ai perdu dans l'affaire
mon permis au mois d'août.

Pour comble de déveine
j'étais loin de chez moi
car l'Allier et la Seine
c'est pas au même endroit.

Je suis rentrée solitaire
retrouver sans un sou
l'aveuglante lumière
de Paris au mois d'août.

Dieu, fasse qu'une trêve
abolisse sous peu,
avant que l'année s'achève
sans payer si on peut,
ces retraits qui commencent
à devenir un peu fous
afin que les vacances
soit permises au mois d'août.


Les Jolies Colonies de la France
Année : 1966
Auteurs compositeurs : Suzanne Gabriello – Pierre Perret
Label : Barclay
Référence : 71 107 M
Durée : 3 m 37 s


Paroles :
[refrain]
Les jolies colonies de la France
Merci maman, merci papa
Ont repris toute leur indépendan-an-an-an-ce
Youkadi ali ala

Il se pourrait que je bafouille
C'est que je me fais du mouron
Et bien que ce soit pas mes oignons
Depuis dix ans moi j'ai la trouille
Car au train où y se font la malle
Les pays qu'on avait de côté
On va paumer les Pyrénées
Parce qu'elles sont un peu orientales

[refrain]

Pour détecter où est le malaise
J'ai passé la dernière saison
Sur un rafiot de vrais Bretons
Qu'aiment Paimpol et sa falaise
Ils m'ont confié une grande nouvelle
Ils veulent devenir indépendant
Pour ne plus donner leur argent
Et toucher des ronds à la pelle

[refrain]

Car en plus des tables et des chaises
De la literie et des lavabos
Qu'on leur envoie par pleins bateaux
Les colonies veulent de la braise (argot: Pièces de monnaie)
Si on continue à c't'allure
Pour les vacances ça sera pareil
Ils voudront piquer notre soleil
Vous parlez d'une déconfiture

[refrain]

Pour les payer on est tranquille
Ils viennent tout seul, personne y va
Alors Paris ouvre ses bras
Et ça fait du r'mous dans la ville
Leurs présidents coiffés de gibus
Se succèdent à la queue-leu-leu
À croire que là-bas c'est un jeu
D'compter à çui qu'en changera le plus

Les joulies coulounies de la Fwance
Me'ci maman, me'ci papa
Ont wepris toute leuw indépendan-an-an-an-ce
Youkadi ali ala

Parfois c'est notre intermédiaire
Un grand monsieur très distingué
Qui s'en va pour les visiter
Il attend ça l'année entière
Pour lui c'est vraiment une chance
Ça lui permet de voyager
Car à son âge y a pas de danger
Qu'il aille en colonie d'vacances

[refrain]

Suzanne Gabriello mit également en musique des mots d'enfants (réels).

Ça ne peut pas s'inventer (les mots d'enfants)
Année : 1970
Auteurs compositeurs : S.Gabriello & J.CHarles / D. Marouani
Label : Barclay
Référence : 61 217
Durée : 3 m 2 s


Paroles :
Refrain :
Ca peut pas s'inventer,
Il fallait y penser.

Moi, quand je serai grande, je veux pas travailler,
Si tu ne travailles pas comment vas-tu manger ?
Je prendrai un mari qui s'ra pas paresseux. Et s'il gagne pas assez ?
Eh ben j'en prendrai deux !

Refrain.

Lorsque les cosmonautes, devant le monde entier,
Plantèrent sur la lune leur drapeau étoilé,
Marie me demanda, d'une voix indécise :
Tu crois qu'elle va sécher leur petite chemise ?

Refrain.

Bruno, viens près de moi, et réponds sans mentir,
Je ne veux pas être obligée de te punir,
Ton devoir c'est papa ou maman qui l'a fait ?
Madame, je ne sais pas, c'est pendant que je dormais !

Refrain.

Maman vient de rentrer et n'entend pas de bruit,
Elle appelle « Gabriel, que fais-tu mon chéri ? »
Moi, maman, je fais rien, soupire une voix faible
« Et Alain que fait-il ? »
T'inquiète pas, il m'aide !

Refrain.

Cette émission n'est vraiment pas pour les enfants,
Elle est accompagnée du fameux carré blanc.
Mais la petite fille a promis d'être sage
Je regarderai pas le carré, tu sais, juste les images !

Refrain.

François est à la messe, c'est l'heure du sermon,
Là haut le curé prêche, avec flamme et passion,
En voyant s'agiter sans pouvoir le comprendre,
Il dit : Pourquoi il crie, il peut plus redescendre ?

Refrain.

Tous ces mots je les ai volés à des enfants,
Avec l'entière permission de leurs parents,
Si les votre en ont fait, envoyez-les-moi donc !
Grâce à eux j'en ferai une deuxième chanson,
Car vraiment, vraiment, ça peut pas s'inventer,
Y'a que les enfants pour pouvoir y penser !
Non non non, non non, ça peut pas s'inventer,
Y'a que les enfants pour pouvoir y penser !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je me présente Pascale, la deuxième fille de Suzanne Gabriello.
Je tenais à rajouter si vous le voulez bien un couplet à sa chanson faite avec les mots d'enfants qui étaient vraiment envoyés par leurs parents. Celui que je veux rajouter concerne ma sœur Marie et moi même :

"Pascale dit à sa soeur Papa a fait la guerre,
regarde ses photos en tenue militaire,
tu crois qu'il a souffert dit Marie qui l'adore,
Mais non c'était une petite guerre, il en est même pas mort"

A ma décharge je dois vous dire que nous n'avions qu'environ 5 ou 6 ans lorsque nous avons eu cette conversation (la guerre étant que Papa avait fait son service militaire à la fin de la guerre d'Algérie). Aujourd'hui qu'ils ne sont plus là ni l'un ni l'autre j'aime à trouver ce genre de site qui me montre que je ne suis pas seule à penser à Maman et Papa aussi bien sûr.
Merci à vous.

Pascale.

Delphine Cingal a dit…

Etait-ce avec vous que j'étais en contact? (L'une de vos soeurs ou vous m'avait promis pour mon père super fan de SG une photo de votre maman signée - je devais attendre un peu, mais, rien depuis… :-(((