vendredi 3 juin 2011

Elle s'appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott Thomas, Mélusine Mayance


Après La Rafle, le cinéma français revisite une blessure qui ne cicatrise pas dans notre Histoire, la rafle du Vel d'Hiv'. Mais au lieu de nous plonger dans l'enfer du Vel d'Hiv' reconstitué comme le faisait La Rafle, le parti pris de ce film est un aller-retour entre le passé et le présent. Toutefois ces deux films montrent bien la complicité des Français, de la police, et peut-être de ceux qui ont bénéficié des bien pris à ces hommes et ces femmes que l'on déportait par millions.

Un couple s'installe dans l'appartement familial parisien du mari, mais Julia, journaliste américaine, se rend compte que la famille de son mari avait récupéré cet appartement pendant la Deuxième Guerre Mondiale, confisqué à des juifs arrêtés lors de la grande rafle. Tentant de protéger son frère, la petite Sarah l'avait enfermé dans un placard et… n'avait pu revenir le libérer à temps. Bref, les lieux sont hantés par la tragédie et Julia compte bien ne pas garder le silence.

Par son désir de découvrir le destin de cette famille, Julia met un grand coup de pied dans la fourmilière et rouvre des douleurs au sein de ses proches qui savaient plus qu'ils ne le laissaient paraître, mais avaient tenté de se racheter auprès de Sarah.

Pas de pathos ni de mélo, un jeu sobre des divers acteurs. Toutefois ce rachat final tranche un peu avec le reste du film et rappelle un peu les happy ends obligatoires hollywoodiens (tout en nous rassurant sur le sort de la petite Sarah.) Mais peut-être est-ce tout simplement pour rendre vaguement supportable une horreur qui ne l'est pas!





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