Des nouvelles de la rue du Four à Melun.
La rue du Four s'appelle ainsi à cause du four gallo-romain près de l'Eglise Notre-Dame, sur l'île Saint Etienne. Voir ainsi l'article sur Melun dans Wikipédia
Le premier tome des Demeures de l'esprit consacré à la France est un petit chef d'oeuvre, un bijou ciselé minutieusement, doré à l'or fin. Renaud Camus reprend son recensement des maisons d'écrivains (ouvertes au public) et le place dans ma région natale, le Sud-Ouest.
Je trouve ce volume plus développé en ce qui concerne les hommes et femmes, et pas seulement les lieux. Renaud Camus donne toujours l'envie de voyager et de lire. Ce volume est particulièrement superbe et traite des maisons ou châteaux de Montaigne, Montesquieu, Antoine d'Abbadie, Edmond Rostand, Francis Jammes, Aristide Maillol, Pierre Bayle, Jean Giraudoux, Jean Henri Fabre, Henri de Toulouse Lautrec, Champollion, Fénelon, Pierre Benoît, etc.
Une façon très littéraire de visiter "mes" terres. De très beaux textes sur des lieux, sur des hommes et sur Renaud Camus lui-même, les textes et les endroits qui lui plaisent vraiment, ceux qui le laissent plus froid.
Il faut absolument se jeter sur les Demeures de l'esprit. Un must absolu…
Hier, nous sommes allés à Fontainebleau voir l'adaptation du roman de James Lee Burke, Dans la brume électrique, par Bertrand Tavernier (avec une photographie de Bruno de Keyzer plus formidable que jamais.) Un casting de rêve: Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard, Mary Steenburgen, Ned Beatty, Kelly McDonald, Buddy Guy…
L'originalité du ton du roman est parfaitement transposée dans les images des bayous de Louisiane juste après Katrina… dans la brume naturellement. L'aspect onirique, presque cauchemardesque, du récit est remarquablement présent.
Il fallait avoir les épaules solides pour rendre ainsi l'atmosphère du roman de James Lee Burke. Pari réussi.
Dans une région marécageuse de Louisiane, on retrouve le corps d'une jeune prostituée, massacrée. Dave Robicheaux est chargé de l'affaire, bientôt flanqué d'une femme agent du FBI. Près des lieux du crime, il tombe sur une équipe de tournage, avec ses deux acteurs vedettes: Elrod Sykes et Kelly Drummond. A moitié saoûl, Sykes déclare alors avoir découvert un cadavre: il s'agit en fait de celui d'un ancien prisonnier noir abattu dans les années 1960.
L'un des producteurs du film est un parrain local, Julius "Baby Feet" Balboni, et Dave le soupçonne immédiatement d'être directement ou indirectement responsable de la mort de la jeune femme. De plus, la seconde victime, le prisonnier noir, fait ressurgir en Dave des souvenirs bien lointains. N'aurait-il pas brièvement croisé le chemin de cet homme?
Les enquêtes de Dave gênent… Le milieu criminel va alors s'en prendre à lui et à ses proches. mais Dave peut compter sur la présence fantomatique de soldats confédérés perdus dans la brume, et de leur leur général plein de sagesse.
Servi par des acteurs formidables et une musique cajun tantôt entraînante, tantôt lancinante, ce film est vraiment un très grand Tavernier. On notera avec plaisir la présence du bluesman Buddy Guy dans le rôle d'un… musicien.
Le Week-End Noir de Neuilly-Plaisance, festival de roman policier dont je suis la marraine, s'est remarquablement bien passé cette année.
Le gagnant du Prix Lion Noir est Caryl Ferey pour Zulu (Gallimard). Le Prix Lionceau, décerné par les écoles de la ville, revient à Alain Wagneur pour Embrouilles à ma façon (Hors piste).
Débat "Affaires d'Etat, secrets d'Etat et roman policier" avec Eric Halphen et Jean-Pierre Larminier
Excellent week-end avec beaucoup de ventes, 15% en plus par rapport à l'an dernier, (donc plus de dons pour l'association Petits Princes) et 1200 visiteurs environ.
Le Week-end Noir de Neuilly-Plaisance est, comme tous les ans, l'occasion de découvrir les derniers ouvrages de Viviane et Serge Janouin-Benanti. Cette année, le couple se tourne vers le nord de la France, essentiellement le Pas-de-Calais.
Une Vierge assassinée est le récit insoutenable d'un amour obsessionnel et incestueux d'un père pour sa fille et des vaines tentatives de celle-ci pour échapper à son bourreau, pervers et manipulateur, qui a mis tous les atouts dans son jeu pour que personne ne croie jamais sa fille si elle devait un jour le dénoncer. Marie Angellicus fuit de ville en ville, mais rien n'y fait. Il y a du fatum dans cette histoire criminelle réelle.
Serge Janouin-Benanti propose à nouveau un recueil de treize récits criminels, plus resserrés (parfois un peu trop, le lecteur peut se sentir frustré.)
Le premier texte tourne autour de Valentin Hudziak, mineur d'origine polonaise, et de la résistance à l'occupant allemand pendant la seconde guerre mondiale, héros dont la mémoire fut salie par la police et la justice françaises. Et en ces temps de crise financière, le lecteur savourera l'affaire Thumerel (un employé modèle de la Société Générale qui détourna des sommes folles dans les années 1880.)
L'adjoint à la culture de la mairie de Neuilly-Plaisance me remettra, le 4 avril 2009 à 11h, l'ordre de Chevalier des Arts et des Lettres à la Salle des Fêtes (11 avenue du Maréchal Foch - 933360 Neuilly-Plaisance) lors de l'inauguration du Week-End Noir de la ville.
Je tiens à remercier ici la ville de Neuilly-Plaisance et son Sénateur-Maire pour tout ce qu'ils font pour moi.
J'ai lu Le Village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller de Boualem Sansal et j'ai été frappée par ce roman qui, de manière forte et militante, fait le parallèle entre le nazisme et l'islamisme. Lorsque ses parents sont assassinés dans un village algérien, Rachid Helmut Schiller (dit Rachel) fait le voyage pour voir leur tombe. Il découvre alors une valise, pleine des papiers ayant appartenu à son père, un Allemand qui avait embrassé la cause du FLN et épousé une Algérienne. Le passé lui explose alors au visage: son père avait ét SS et avait travaillé dans les équipes scientifiques des camps d'extermination, en tant que spécialiste des gaz.
La vie lui devient alors insupportable: si son père a échappé à la justice, quelqu'un doit payer. Rachel voyage alors à travers l'Europe, de camp en camp, traîne sa culpabilité de pays en pays jusqu'au jour où elle lui deviendra insupportable. Sa vie de cadre dynamique, bon mari, sera alors bien loin.
Son jeune frère, Malek Ulrich (dit Malrich), prendra alors la relève et découvrira le journal de son frère. Lui qui vit en banlieue, au milieu des imams qui ordonnent de massacrer les femmes qui ne se soumettent pas, verra alors un parallèle terrible entre nazisme et islamisme. Et contrairement à son père, il résistera.
Les voix de Rachel et Malrich jouent, en contrepoint, s'harmonisent, s'opposent, se cherchent, se trouvent, s'éloignent.
Un beau roman sur les haines de tous genres… et sur ceux qui les rejettent.
Nous avons visité l'exposition "La vie quotidienne fait sa réclame" à l'Espace Saint-Jean de Melun.
Elle était très intéressante, avec beaucoup d'anciennes publicités, d'objets quotidiens, couvrant tous les aspects de la vie de tous les jours (cuisine, vêtements, savons, disques, etc.) Un vrai voyage dans le siècle dernier.
J'ai retrouvé certains des objets qu'il y avait chez mon arrière grand-mère (vieux moulin à café, fer à repasser qu'on laissait chauffer sur le poêle, etc.)
Je viens de lire La Négresse à l'enfant de Leïla Sebbar, un superbe recueil de nouvelles sur le métissage et la tolérance, huit récits tous plus justes les uns que les autres. Le titre vient de la nouvelle éponyme où une femme noire porte l'enfant blanche de "Madam" et pense à sa situation de noire, dans un pays dominé par les blancs. On pense tout de suite à un pays comme l'Afrique du Sud.
Leïla Sebbar s'attache aux victimes de la vie, aux humiliés, aux femmes. Elle rend un hommage vibrant à ceux que l'on méprise, à ceux qui sont persécutés, à ceux que l'on oublie au détour du chemin. Leïla Sebbar est une novelliste hors pair, qui sait concentrer la douleur en quelques mots choisis avec un soin particulier.
J'ai enfin pu emprunter Gomorra de Roberto Saviano (Gallimard), traduit par Vincent Raynaud, à la Médiathèque et je viens de le finir.
Il s'agit d'un récit puissant, les pieds dans l'histoire, qui analyse tous les aspects des trafics mafieux, dans leurs moindres détails, du béton à la confection textile, en passant par les déchets dangereux. L'un des chapitres est même une dénonciation faite de "je sais", accumulés, les uns à la suite des autres.
Je trouve que ce texte remet bien les choses en perspective et met chacun de nous au centre de ses responsabilités, montrant comment un système capitaliste dévoyé et non contrôlé peut devenir dangereux, ce à quoi peut aboutir le libéralisme à tout crin, quand seul le prix compte et plus la moralité.
Ce texte est fort, un véritable cri d'amour de l'auteur pour sa région et pour les victimes du système, une dénonciation sans concession des complicités diverses. A lire absolument…
Nous sommes allés voir Harvey Milk dimanche matin. Gus Van Sant continue sa visite dans le monde de la violence américaine pour montrer une affaire réelle, une fois encore, celle des meurtres de Harvey Milk et George Moscone en pleine mairie de San Francisco en 1979.
L'histoire de Harvey Milk est celle d'une prise de conscience politique et celle du mouvement gay dans les années 1970, face aux bigots de tout poil (parmi lesquels Anita Bryant dont Michael Moore s'était déjà moqué dans Roger and Me.)
Se battant pour les droits civils des homosexuels, Harvey Milk se fit bien des ennemis, reçut moult menaces de mort… avant d'être abattu par Dan White.
Lors du procès, celui-ci plaida l'influence des twinkies trop sucrés (d'où le twinkie plea) et, malgré les évidences du dossier, ne fut pas condamné pour meurtre avec préméditation. Il passa en fait peu d'années en prison avant de se suicider. (Comme quoi, le ridicule finit parfois par tuer!)
Sean Penn campe merveilleusement Harvey Milk (j'ai parfois l'impression de retrouver les mimiques de Milk dans des images d'archives.) James Franco, qui joue Scott, est touchant dans son aspect tiraillé entre amour pour un homme public et désir de protéger la vie privée de leur couple. Le film est fort, puissant, prônant des idéaux de tolérance et de motivation. J'ai été bouleversée par les images de la fin, celles de la manifestation en mémoire de Milk en particulier.
Au moment où la Californie revient en arrière sur le mariage homosexuel, je trouve ce film nécessaire. Dans un moment où chacun, quel qu'il soit, doit se battre pour obtenir le respect des autorités, il devrait être distribué dans tous les cinémas du monde. La garantie des droits de chacun est celle des droits de tous!
J'étais hier l'un des trois présidents de jury en L1 (droit) pour le concours de plaidoiries organisé par Lysias Paris 2 à Melun. Nous avons sélectionné 4 candidats pour le tour suivant (qui s'ajouteront aux 8 sélectionnés par les autres jurys.) Rendez-vous samedi prochain dans les bâtiments de Fréteau de Saint Just pour le deuxième tour.
La finale aura lieu au tribunal de Melun le 23 mars 2009.
Le Prix Nobel remis à Le Clézio fut pour moi l'occasion de lire La Quarantaine, ce que je n'avais jamais fait auparavant, malgré mon affection pour l'oeuvre de cet auteur.
J'ai absolument ADORÉ ce roman, entre récit d'aventures et Bildungsroman exotique.
En 1891, Jacques et Léon quittent la France pour retrouver leurs racines mauriciennes. Ils sont accompagnés par la femme du premier, Suzanne. Toutefois, la variole se déclare à bord du bateau qui les emmène et ils se retrouvent coincés sur l'île Plate, en quarantaine, non loin de l'île Maurice.
Les tensions croissantes entre les passagers et la méfiance envers les habitants de l'île vont quelque peu pourrir la situation sur place et compliquer les relations humaines. A leur tour, les passagers deviennent des champions de l'exclusion, déportant les malades sur un petit îlot, Gabriel.
Véran, qui s'improvise le maître de la petite communauté, crée ainsi des exclus parmi les exclus. Pire encore, il interdit tout contact entre Européens et habitants de Plate.
Mais Léon tombera sous le charme de Suryavati, une jeune indienne dont la mère, sûrement d'origine anglaise, garde la nostalgie de ses origines. Léon lui inventera alors un Londres poétique et imaginaire.
Hanté par le personnage d'Arthur Rimbaud que Jacques croisera mourant au début du roman, ce récit est infiniment poétique, plein d'amour pour ses personnages et, sûrement, pour l'humanité toute entière dans ce qu'elle a de plus métissé et de plus riche.
Je parlais mercredi dernier de mes inquiétudes (qui ne datent pas d'hier!) concernant la démocratie française en général et de la séparation des pouvoirs en particulier. Mais maintenant, c'est sur les banques que Nicolas Sarkozy veut faire main basse en nommant sûrement François Pérol, actuel secrétaire adjoint de l’Elysée et conseiller économique du président, à la tête du nouveau groupe bancaire qui regroupera les Banques Populaires et la Caisse d'Epargne.
Je dois avouer que la perspective que ma banque soit désormais dirigée par l'ami de l'homme qui, par tous les moyens possibles, tente de promouvoir l'avancement de ses amis politiques et économiques (Bouygues, etc.) me fait douter que, désormais, on ne veuille que mon bien dans ma banque.
Je me sentais assez à l'aise à la BRED où l'on pouvait ouvrir un compte CASDEN quand on travaillait pour l'Education Nationale, où les conseillers prenaient le temps de vous écouter, mais je suis moins rassurée maintenant.
Hier, Faites entrer l'accusé était consacré à l'affaire Romain Dupuy et à ses conséquences législatives et judiciaires.
J'ai été absolument outrée par la récupération politique de la douleur des victimes pour faire passer des lois imposant le contrôle du judiciaire par l'exécutif. Nicolas Sarkozy exigeait que les experts et la justice revinssent sur une décision mûrement réfléchie et déclarassent Dupuy responsable de ses actes à la seule fin d'être jugé. Pire encore, il prétendait que "non lieu" signifiait que le crime n'avait pas eu lieu, non qu'il n'y avait pas lieu à statuer, dans une cour de justice traditionnelle, sur ce cas.
Nicolas Sarkozy a-t-il un jour lu L'Esprit des lois de Montesquieu ? Aurait-il la tentation autoritaire de revenir sur ce principe sacré à toutes les démocraties: la séparation des pouvoirs ?
Lors du débat ("Que faire de nos criminels fous ?"), Georges Fenech, le rapporteur des divers projets de lois a été d'un populisme honteux pour un ancien magistrat qui devrait pourtant avoir un peu plus de culture judiciaire que le téléspectateur moyen. Heureusement, Eric Dupond-Moretti a été aussi formidable que d'habitude, essayant de raison garder tout en tentant de montrer qu'il n'était pas sans coeur face à la douleur des victimes.
En effet, Georges Fenech tentait de faire passer et l'expert psychiatre Daniel Zagury et Maître Dupond-Moretti pour des monstres sans coeur, insensibles aux tragédies humaines, se nourrissant même des échecs des familles à se faire entendre.
Bref, une soirée absolument épouvantable pour tout être humain doué de raison, de culture et de réflexion.
Hier, à la Médiathèque de l'Astrolabe, nous sommes allés à la rencontre de Leïla Sebbar, écrivain d'origine franco-algérienne. Ses parents étaient tous deux instituteurs, son père algérien et sa mère française.
Les bibliothécaires ont tout d'abord proposé des extraits de ses oeuvres, puis elle a parlé à bâtons rompus de son travail, son attachement viscéral à la laïcité et la tolérance, son intérêt pour les cimetières où elle fait des photographies, etc.
Je l'ai trouvée absolument passionnante. J'ai acheté La Seine était rouge, Paris Octobre 1961 et sa nouvelle Noyant d'Allier que j'ai lue aujourd'hui.
Sept hommes décident de s'évader depuis les cuisines de Clairvaux et, finalement, le cerveau de l'opération, "Passe-Partout", insiste pour que son ami Francis les suive.
En pleine cavale, il rencontre Sylvie qu'il aide à changer son pneu. Pour le remercier, elle l'emmène avec elle. Mais bientôt, l'amitié va laisser place à bien plus et leur relation, compliquée par le fait que Francis est désormais l'un des 8 hommes les plus recherchés de France, va pourtant demeurer forte.
Toutefois, comment ne pas devenir fou enfermé dans l'appartement de Sylvie comme autrefois dans sa cellule? Le couple décide donc de rendre visite à Anne, une amie de Sylvie.
Martelée par les nouvelles télévisées annonçant la capture ou la mort de ses camarades, un par un, la cavale de Francis sera à la fois une belle expérience et un moment unique de tragédie humaine.
Je viens de relire l'intégrale des Idées noires de Franquin et c'est absolument splendide. J'avais lu cela adolescente et je m'en souvenais mal, mais c'est formidable!
C'est incisif, méchant, rosse avec les êtres violents (en particulier les chasseurs et les militaires… j'adore!). Absolument superbe! Cela fait mouche à chaque fois, cela souligne les incohérences de notre société. Franquin avait vraiment un talent merveilleux qui manque actuellement.
Je viens de lire Meurtres à l'Académie de Jô Soares (Editions des Deux Terres, 2008), un petit polar sympathique, croquant assez férocement le cursus honorum dans le milieu littéraire.
Rio de Janeiro, 1924.
Des Académiciens brésiliens sont assassinés les uns après les autres. Les places libres sont convoitées par un certain nombre d'écrivains, plus ou moins talentueux.
Machado Machado, commissaire passionné par le monde des lettres, mène l'enquête dans le milieu littéraire à la mode. Tâche difficile qui lui permettra de rencontrer des personnages assez imprévisibles et beaucoup moins civilisés et policés que l'on eût pu le croire.
Un petit roman assez méchant, mais juste un petit roman que je pense avoir oublié dans quelques mois.
Dans Le Montespan, Jean Teulé fait la biographie romancée du mari de Mme de Montespan, le Marquis de Montespan. Refusant le statut de cocu doré que Louis XIV lui refusait, il s'est rebellé: il a tenté de récupérer sa femme par tous les moyens, fait peindre son carrosse en noir, y a ajouté des cornes de cerf, a organisé l'enterrement officiel de son amour, etc.
Au lieu de recueillir les largesses du roi en échange des faveurs de sa femme, il fut exilé dans ses terres d'Aquitaine. Mais toujours il résista. Jean Teulé choisit même d'envoyer des assassins à sa poursuite (mythe ou réalité? possible en tout cas.)
Toute sa vie, Montespan a attendu le retour de sa femme pour finalement, fort malade, refuser de la revoir à la dernière minute car il était tellement diminué qu'il ne voulait pas qu'elle le vît dans un tel état.
Jean Teulé est toujours aussi talentueux dans l'art de la narration drolatique, mais, ici, avec un sujet émouvant et douloureux.
Cette chanson date de 1944 et a été écrite par Woody Guthrie, l'un des pères de la chanson folk américaine engagée. Elle est ici chantée par Bruce Springsteen et par Pete Seeger, un ami de longue date de la famille Guthrie. Il apparaissait d'ailleurs dans le film Alice's Restaurant d'Arlo Guthrie avec qui il a enregistré plusieurs albums de duos.
"This Land is your Land"
This land is your land, this land is my land
From California to the New York Island
From the Redwood Forest to the Gulf Stream waters
This land was made for you and me.
As I went walking that ribbon of highway
I saw above me that endless skyway
I saw below me that golden valley
This land was made for you and me.
I roamed and I rambled and I followed my footsteps
To the sparkling sands of her diamond desert
And all around me a voice was sounding
Saying this land was made for you and me.
The sun came shining, and I was strolling
And the wheat fields waving and the dust clouds rolling
As the fog was lifting, A voice was chanting,
This land was made for you and me.
As I went walking I saw a sign there
And on the sign it said "No Trespassing." But on the other side it didn't say nothing, That side was made for you and me.
In the shadow of the steeple I saw my people, By the relief office I seen my people; As they stood there hungry, I stood there asking Is this land made for you and me?
Pendant la surveillance de l'épreuve de littérature hier, j'ai commencé de lire Vacance au pays perdu de Philippe Ségur, et je l'ai fini dans le train du retour.
Ce roman est, comme d'habitude chez Philippe Ségur, joyeusement délirant. Le narrateur, tyrannisé par ses trois enfants, dingues de mode et de la société de consommation, décide de partir au bout du monde… enfin, au milieu de nulle part. Comme il rejette le poulet aux hormones, la viande, les médicaments un peu fort, il choisit une destination "perdue", bref, l'Albanie.
Partant avec son meilleur ami, ils se promènent de destination peu touristique en destination aussi peu touristique que la précédente, d'expérience culinaire étrange en raki corsé. En fait, il ne verra pas grand chose car la population ne parle pas anglais (ni espagnol d'ailleurs…), et il ne parle pas albanais.
Etranger en France, le narrateur sera encore plus exclu en Albanie où on le considérera comme un richard bon à se faire exploiter. Ses crises d'angoisse lui compliqueront quelque peu la vie.
Décalé, délirant, joyeusement loufoque, Vacance au pays perdu est une réflexion sur la société de consommation et sur notre impossibilité à lui échapper. Une fable délicieuse.
J'ai fini de lire le flamboyant Birmane de Christophe Ono-dit-Biot (Plon, 2007). César, journaliste un peu raté, mal considéré dans son journal où règne déjà en maître un envoyé spécial de luxe, part en Thaïlande avec sa compagne. Là, ils se disputent et se séparent et c'est seul qu'il se rend alors en Birmanie.
Il y croise le chemin de Julie ("Zuli" pour les Birmans), une Française engagée qui va lui présenter le pays et le lui faire aimer. Leur relation sera passionnée. Elle va lui parler de la célèbre Wei Wei, figure mythique de la résistance armée contre la junte militaire.
César part alors sur les traces des Akhas qui luttent contre le pouvoir, espérant rencontrer leur chef, Wei Wei. Existe-t-elle vraiment?
Mythe, réalité, douceur et violence se croisent, se heurtent et se chahutent dans ce merveilleux récit plein d'espoir.
Je viens de tester Soeur Marie-Thérèse des Batignolles de Maëster. Bande dessinée truculente, provocante, mais à laquelle je n'ai pas plus accroché que cela.
Marie-Thérèse jure, boit, fume, est violente et… ben c'est un peu tout. Ça ne vaut pas le Sainte Thérèse de Bretecher!
Je viens de finir de lire La Petite Poule d'Eau de Gabrielle Roy, roman canadien de 1950.
J'ai beaucoup aimé ce texte. Il raconte la vie d'une petite communauté au fin fond du Manitoba Luzina Tousignant, mère de famille nombreuse, part tous les ans vers la ville et revient avec un nouveau bébé.
Elle finit par penser qu'une école d'été serait une bonne chose pour ses enfants. C'est ainsi qu'arrive Mademoiselle Côté, une charmante jeune enseignante, nouvellement diplômée.
Le décor est parfaitement bien rendu, les personnages touchants, parfois amusants. le côté exotique et froid est très intéressant (surtout en ces temps de neige.)
Ce roman sera au programme des Coups de Coeur de la médiathèque de Melun mardi 20, à 16h.
J'ai lu en une nuit Le Bébé de Marie Darrieussecq, récit de son expérience comme jeune mère d'un petit garçon né en 2001. Son récit est émouvant, bouleversant quand elle parle de son fils en couveuse et plein de confiance. Il m'a étrangement calmée, apaisée, en me faisant comprendre que l'on ne devenait pas pour autant une vache laitière sans vie intellectuelle et qu'on passait juste à une dimension différente de la vie.
Nous sommes allés hier soir assister à la dernière représentation de La plus folle histoire de la chanson, concert des Chanson Plus Bifluorée.
Certes, l'humour était au rendez-vous, mais un peu moins délirant que d'habitude. Le groupe était plus dans l'hommage que dans la création (mais le thème du spectacle voulait cela.)
Toutefois, nous avons passé un très agréable après-midi. Chanson Plus Bifluorée revisitait le monde de la chanson francophone, avec des petites redécouvertes (dont le très amusant "Ouvre la fenêtre" de Sandrey dont j'ai déjà parlé ici.)
"Ouvre la fenêtre"
L' fils du maire de mon pays - oui, oui, oui, oui. N'est pas l' plus bête du canton - non, non, non, non Seules les mauvaise langues dit-on Prétendent qu'il a l'air d'un, ouvre la fenêtre qu'on respire un peu Qu'il a l'air d'un orgueilleux
Toutes les filles en pincent pour lui... Mais il n'est pas polisson... Et sans un être un cénobite Il n'a rien qu'un' tout' petit' ouvre la fenêtre qu'on respire un peu Qu'une petit ' môme aux yeux bleus
Il paraît même qu'aujourd'hui... Sans qu'elle rougisse d'émotion... A la lisière du village Il lui ravi son plus ouvre la fenêtre qu'on respire un peu Son plus innocent aveu.
Elle lui dit ; "c'est inouï"... Mais je crains ton abandon... J'ai peur qu'notr' amour se perde Il lui répondit j' t' em... ouvre la fenêtre qu'on respire un peu J'emmène chez moi si tu veux.
Sitôt arrivés chez lui... Ils n'eurent plus d'hésitation... Comm' il l'embrassait dans l' cou Elle lui tirons un.. ouvre la fenêtre fait d' plus en plus chaud Tirons un peu les rideaux.
Aussitôt il obéit... Il pensa ce n' s'ra plus long... L'ayant prise sur une chaise Il lui dit faut que j'te... ouvre la fenêtre fait d' plus en plus lourd Que je te prouve mon amour.
Mais la p'tite soudain compris... N'continue pas d' cette façon... Il dit je suis convaincu Qu' tu vas me montrer ton... ouvre la fenêtre, on respire du feu Ton contentement d'ici peu.
Elle cria :"J' m'évanouis"... Je n' me sens pas bien d'aplomb... Redress'-toi v'la qu' tu t'affaisses Dit-il écarte donc les... ouvre la fenêtre je suis tout en eau Les scrupules de ton cerveau.
Bientôt l' coeur épanoui... Elle avoua je n' dis plus non... De joie mes paupières se mouillent J' voudrais t'embrasser les... ouvre la fenêtre on étouffe ici Les deux mains et te dire Merci.
Mon frère m'a offert le plus beau texte sur la nature que j'aie jamais lu, Saisons de Mario Rigoni Stern. Saison après saison, le narrateur raconte sa région, ses plantes, ses animaux, les hommes qui l'habitent. Il parle de son grand-père qui a combattu en 1914-1918 et de lui-même qui a fait la Seconde Guerre Mondiale.
Du froid de l'hiver à la tendresse de l'automne, le décor change, évolue. Les cinq sens sont mis à contribution.
Publié peu avant la mort à 86 ans de leur auteur, ces Saisons sont un beau testament, un hommage à la nature italienne.
Les pages sur l'expérience dans les camps allemands sont particulièrement fortes, dignes d'auteurs comme Primo Levi par exemple. Mais, quand la folie humaine a cessé, reste toujours une nature qui résiste et attend…
Une série de quatre textes absolument bouleversants.
Je viens d'apprendre que j'étais, depuis le 1er janvier 2009, Chevalier des Arts et des Lettres.
Je ne sais pas encore quand se fera la remise officielle, je verrai cela avec M. le Sénateur Maire de Neuilly-Plaisance, Christian Demuynck, qui a appuyé la demande. En attendant, je profite du simple plaisir enfantin de la récompense.