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jeudi 10 septembre 2009

Le Contraire de la Mort de Roberto Saviano (Robert Laffont, 2009)


Je viens de finir Le Contraire de la Mort de Roberto Saviano (Robert Laffont, 2009), emprunté à la Médiathèque de Cesson. Il s'agit de deux nouvelles, "Le Contraire de la Mort" et "La Bague". La première retrace le destin d'une jeune fille dont le fiancé vient de mourir en Afghanistan, au combat contre les talibans. Parti combattre pour avoir assez d'argent pour se marier, sa vie finit de manière fort brutale. Le second récit est le récit des vies brisées contre l'écueil de la Camorra, des résistants à la Mafia et de ces jeunes gens qui meurent en refusant de se soumettre à un système qui ne leur convient plus.

J'ai trouvé ces deux textes touchants, parfois bouleversants, troublants. Saviano a décidément un sacré brin de plume et un talent de conteur hors pair. Une nouvelle voix de la littérature italienne.

jeudi 12 mars 2009

Gomorra de Roberto Saviano (Gallimard), traduit par Vincent Raynaud


J'ai enfin pu emprunter Gomorra de Roberto Saviano (Gallimard), traduit par Vincent Raynaud, à la Médiathèque et je viens de le finir. 

Il s'agit d'un récit puissant, les pieds dans l'histoire, qui analyse tous les aspects des trafics mafieux, dans leurs moindres détails, du béton à la confection textile, en passant par les déchets dangereux. L'un des chapitres est même une dénonciation faite de "je sais", accumulés, les uns à la suite des autres.

Je trouve que ce texte remet bien les choses en perspective et met chacun de nous au centre de ses responsabilités, montrant comment un système capitaliste dévoyé et non contrôlé peut devenir dangereux, ce à quoi peut aboutir le libéralisme à tout crin, quand seul le prix compte et plus la moralité.

Ce texte est fort, un véritable cri d'amour de l'auteur pour sa région et pour les victimes du système, une dénonciation sans concession des complicités diverses. A lire absolument…

lundi 18 août 2008

Gomorra de Matteo Garrone


Nous avons vu ce soir Gomorra de Matteo Garrone, avec Salvatore Abruzzese, Gianfelice Imparato, Maria Nazionale… Gomorra est l'adaptation du roman homonyme de l'écrivain italien Roberto Saviano. Depuis, son auteur demeure caché car la Camorra n'a pas du tout apprécié son livre. On ne se demande pas pourquoi.

Gomorra dénonce l'infiltration de la Mafia dans tous les aspects de la vie à Naples et dans sa région (traitement des déchets, industrie textile, aide sociale, naturellement drogue et armes…)

Les acteurs ont souvent été recrutés dans la population (Giovanni Venosa, qui jouait le rôle du parrain qui fait tuer Marco et Ciro, a ainsi été reconnu par un repenti et arrêté après la sortie du film en Italie; Salvatore Abruzzese - le jeune Toto que veut recruter la Mafia - a récupéré ce rôle car le gamin qui devait le tenir - son copain Simone dans le film - fait partie des sécessionnistes dans la vraie vie et refusait de faire partie du clan des Di Lauro…) Les petits caïds venaient d'eux-mêmes jouer leur propre rôle. Si l'histoire du film est terrifiante, l'histoire du tournage fait parfois froid dans le dos.

Gomorra suit, portrait après portrait, le destin de plusieurs personnages (Toto, Marco et Ciro qui défient la mafia car ils veulent devenir les parrains de leur propre clan, Pasquale, le tailleur qui finit par vendre ses services aux Chinois, etc.)

La misère est étouffante dans la cité des Vele (les "Voiles"), une cité hallucinante au coeur de Naples. Ce projet d'urbanisme dans les années 1960 devait paraître novateur, mais le lieu est devenu un véritable supermarché de la drogue et des armes.

Les Voiles sont deux bâtiments de 14 étages, longs de 140 mètres et distants de 8 m. Les ascenseurs ont été volés avant d'avoir été mis en fonction. L'état des lieux est déplorable, indécent.

La Mafia propose une aide financière aux pauvres qui y vivent, contre services cela va sans dire. C'est cette misère que Saviano et Garrone ont choisi de décrire, avec un succès considérable. Film remarquable, à voir absolument pour comprendre les enjeux politiques, économiques et environnementaux qui se cachent derrière la Mafia. Mais il faut avoir l'estomac bien accroché…