Affichage des articles dont le libellé est Philippe Ségur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philippe Ségur. Afficher tous les articles

samedi 17 janvier 2009

Vacance au pays perdu de Philippe Ségur (Buchet Chastel, 2008)

Pendant la surveillance de l'épreuve de littérature hier, j'ai commencé de lire Vacance au pays perdu de Philippe Ségur, et je l'ai fini dans le train du retour.

Ce roman est, comme d'habitude chez Philippe Ségur, joyeusement délirant. Le narrateur, tyrannisé par ses trois enfants, dingues de mode et de la société de consommation, décide de partir au bout du monde… enfin, au milieu de nulle part. Comme il rejette le poulet aux hormones, la viande, les médicaments un peu fort, il choisit une destination "perdue", bref, l'Albanie.

Partant avec son meilleur ami, ils se promènent de destination peu touristique en destination aussi peu touristique que la précédente, d'expérience culinaire étrange en raki corsé. En fait, il ne verra pas grand chose car la population ne parle pas anglais (ni espagnol d'ailleurs…), et il ne parle pas albanais.

Etranger en France, le narrateur sera encore plus exclu en Albanie où on le considérera comme un richard bon à se faire exploiter. Ses crises d'angoisse lui compliqueront quelque peu la vie.

Décalé, délirant, joyeusement loufoque, Vacance au pays perdu est une réflexion sur la société de consommation et sur notre impossibilité à lui échapper. Une fable délicieuse.

vendredi 26 septembre 2008

Seulement l'amour de Philippe Ségur (Buchet-Châstel)


Hier soir, j'ai achevé la lecture de Seulement l'amour de Philippe Ségur. Ce roman est particulièrement réussi. Hippolyte Sicher est un neuropsychiatre réputé. Il entretient une liaison avec sa secrétaire, a un ami absolument formidable et fantasque, adore la musique et se soigne grâce à la phytothérapie.

Une seule ombre au tableau: le jour de son mariage, il a abandonné la femme dont il était très amoureux. Mais il découvre par hasard qu'il peut remonter le temps grâce à des expériences sensorielles (en écoutant Depeche Mode ou en sentant "Poison" de Dior). Il cherche alors à analyser la raison de cette rupture. Pourquoi a-t-il agi ainsi?

Dans un premier temps, il assiste en spectateur impuissant aux aventures du jeune Hippolyte Sicher. Il ne peut intervenir pour modifier le cours du temps. Puis, il parvient à influencer Hippolyte à 24 ans. Mais ce ne sera pas sans risque pour lui-même et les autres.

J'ai trouvé ce roman à la fois poétique et intéressant, bien écrit, bien construit, un vrai page turner. A lire absolument…

mercredi 24 septembre 2008

Autoportrait à l'ouvre boîte de Philippe Ségur (Buchet-Chastel)


Je viens de finir la lecture d'Autoportrait à l'ouvre boîte de Philippe Ségur. Un peu moins fort que Poétique de l'égorgeur, ce roman est toutefois un beau roman.

Le jour de ses vingt ans, en mai 1984, Marc Flanders fait le bilan de sa vie, vécue sous l'influence de son parrain disparu à vingt ans dans un accident en Allemagne. Il se sent condamné à reproduire le schéma familial qui veut qu'à chaque génération, un homme disparaît avant ses vingt-et-un ans. Marc est donc persuadé que le jour de son anniversaire sera le dernier de sa vie. Il rédige alors un mémoire sur sa vie, sur celle de son oncle et parrain et il s'enfonce irrémédiablement dans l'altérité extrême de la vie. Son existence lui échappe…

Ce curieux récit en forme de testament est un très beau texte.

vendredi 19 septembre 2008

Poétique de l'égorgeur de Philippe Ségur


La première de "La Grande Librairie" de François Busnel (jeudi 4 septembre) sur France 5 m'a permis de découvrir Philippe Ségur, un Professeur de droit à l'université de Toulouse. Je me suis alors précipitée à la médiathèque de Melun où j'ai emprunté tout ce que j'ai pu de cet auteur. Je viens de finir Poétique de l'égorgeur.

Philippe Ségur y présente un professeur de droit à Toulouse (rings a bell?) dont le monde chavire. Nid Immarskjöld Dugay raconte tous les soirs les horribles aventures de Yagudin à ses deux filles, Marnie et Emeline. Lorsque sa tribu a été massacrée, Yagudin fut le seul survivant. Torturé, mais épargné pour pouvoir témoigner de la férocité de ses ennemis, il se venge en devenant un monstre sanguinaire. Il égorge, enlève, fait disparaître.

Mais, en 2001, la vie du Professeur Nid Immarskjöld Dugay va basculer suite à une soutenance de thèse où il mit en pièces le candidat. Yagudin semblera alors franchir la frontière entre monde de la fiction et réalité. Il détruira la vie de son inventeur.

Ce roman est plein de suspense, drôle, bouleversant. Les passages sur les deux filles de Nid Immarskjöld Dugay sont particulièrement réussis, avec de très beaux dialogues. La description du milieu universitaire est aussi un vrai succès. Philippe Ségur est sans pitié tant pour ses collègues que pour les étudiants, mais c'est tellement bien fait (même si je ne suis pas tout à fait d'accord avec sa division du monde estudiantin entre "amibes" et "bactéries" p. 41-42.)

Un très beau roman, un vrai plaisir de lecture, bref tout ce que l'on demande à un écrivain de talent comme Philippe Ségur l'est assurément.