samedi 14 novembre 2009
jeudi 5 novembre 2009
François Bégaudeau, Vers la douceur. (Gallimard, 2009)
Les surveillances d’examens ont cela de bon qu’elles permettent de voler, de ci, de là, quelques minutes de lecture. Vers la douceur est un vol des plus agréables, des instants de pur plaisir à la fois canaille et doux, à la fois tendre et drôle, à la fois décalé et au centre de ce qu’il y a de plus essentiel: les relations entre hommes et femmes.
Ce roman a été très débattu par les critiques et je me découvre inconditionnelle de ce texte, un pur moment de plaisir. J’étais reconnaissante à mes étudiants de bien vouloir ne pas tenter de tricher pendant trois heures afin que je puisse dévorer ce beau texte.
Des vies se croisent, se catapultent, se réchauffent, se heurtent plus violemment. Soleil, chaleur, parfois plus de solitude, mais avec un humour souvent jubilatoire. Des personnalités fortes: Bulle et son capaharnaüm, Cathy qui trouve son cul trop gros, un narrateur obsédé par l’idée de coucher avec une femme de plus de quarante ans, Jeanne qui quitte Jules et rencontre Flup, bref un vrai jeu de billard où les boules se heurtent, s’envoient dans les poches, hors de la table…
Mais ce n’est pas triste, le style est unique, l’humour est vif, Bégaudeau propose de beaux moments de vie. Un très beau texte.
mercredi 4 novembre 2009
Alberto Manguel, Tous les hommes sont menteurs. (Actes Sud, 2009) traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco.
Ce roman est un texte polyphonique autour de l’écrivain Alejandro Belavicqua, auteur de romans photos et, peut-être, d’un chef d’oeuvre unique Eloge du mensonge. Belavicqua, retrouvé mort en bas de son balcon dans les années 1970 peu après le lancement de son roman, était-il un génie ou un imposteur?
Vu à travers les yeux d’Adrea, son dernier amour qui a découvert et fait publier Eloge du mensonge, à travers les récits d’un écrivain argentin très agaçant qui se prétend omniscient sur le sujet d’ Alejandro Belavicqua, un certain Alberto Manguel, ou décrit par celui qui déclare être le vrai auteur de l’Eloge, Marcelino Olivares, Alejandro Belavicqua prend forme, se délite, se défile, on croit le saisir, on le perd. Le journaliste poitevin Jean-Luc Terradillos qui tente de dresser son portrait aura tâche difficile. Pourra-t-il parvenir à son but ultime, saisir l’essence du Maître?
Ce texte qui échappe sans cesse à son lecteur est un moment de lecture parfaitement jouissif, surtout quand Manguel utilise son double littéraire pour en faire un personnage assez imbu de sa personne qui se croit une autorité dans le monde des lettres.
Vu à travers les yeux d’Adrea, son dernier amour qui a découvert et fait publier Eloge du mensonge, à travers les récits d’un écrivain argentin très agaçant qui se prétend omniscient sur le sujet d’ Alejandro Belavicqua, un certain Alberto Manguel, ou décrit par celui qui déclare être le vrai auteur de l’Eloge, Marcelino Olivares, Alejandro Belavicqua prend forme, se délite, se défile, on croit le saisir, on le perd. Le journaliste poitevin Jean-Luc Terradillos qui tente de dresser son portrait aura tâche difficile. Pourra-t-il parvenir à son but ultime, saisir l’essence du Maître?
Ce texte qui échappe sans cesse à son lecteur est un moment de lecture parfaitement jouissif, surtout quand Manguel utilise son double littéraire pour en faire un personnage assez imbu de sa personne qui se croit une autorité dans le monde des lettres.
mardi 3 novembre 2009
Marcello Fois, Mémoire du vide. (Seuil, 2008), traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro.
Marcello Fois, inspiré par un bandit sarde du début du XX° siècle, Samuele Stocchino. Alors qu’il revenait, avec son père, du baptême du fils d’un ami, le tonnelier Boi leur refusa un verre d’eau. Felice, son père, maudit alors la maisonnée. Peu à peu, le fils prend en charge cette malédiction: il devient le poison des riches, l’antidote à leur pouvoir sur les pauvres.
Son amitié, puis son amour profond pour Mariangela, le garderont toujours du côté de l’humanité dans ce qu’elle de plus profond et de plus attachant. Mariangela le sait: elle l’aime tant que, malgré la Grande Guerre, il reviendra. Il se bat en Libye, en Autriche et revient en héros. Mais les puissants du village veulent sa peau. Ils causent la mort de son frère, de son père, et font de lui un hors la loi, un bandit d’honneur, un vengeur des pauvres.
Il causera la perte de ceux qui ont osé s’en prendre à sa famille, à Mariangela que les Manai veulent accaparer pour eux-mêmes. Un par un, les membres des familles puissantes de son village vont alors payer le prix de leur pouvoir, de leurs excès, des vies qu’ils ont gâchées.
Un texte puissant, à la fois poétique et politique.
Son amitié, puis son amour profond pour Mariangela, le garderont toujours du côté de l’humanité dans ce qu’elle de plus profond et de plus attachant. Mariangela le sait: elle l’aime tant que, malgré la Grande Guerre, il reviendra. Il se bat en Libye, en Autriche et revient en héros. Mais les puissants du village veulent sa peau. Ils causent la mort de son frère, de son père, et font de lui un hors la loi, un bandit d’honneur, un vengeur des pauvres.
Il causera la perte de ceux qui ont osé s’en prendre à sa famille, à Mariangela que les Manai veulent accaparer pour eux-mêmes. Un par un, les membres des familles puissantes de son village vont alors payer le prix de leur pouvoir, de leurs excès, des vies qu’ils ont gâchées.
Un texte puissant, à la fois poétique et politique.
lundi 19 octobre 2009
dimanche 18 octobre 2009
FLNJ, hymne parodique
Le nain libéré
Refrain :
Ne le laisse pas tomber
Il est si fragile
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Il est si mignon,
Avec son bonnet,
Sa hache et sa pioche,
Sur son terrain tout moche.
Depuis son jardin,
Il nous observe,
Il nous envie,
Et se dit tant pis.
Refrain.
Ne le laisse pas tomber,
Il est si petit,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Depuis quelques temps,
Il s’enfuit.
On le ramène,
Tout le temps.
Ce n’est pas ça,
Qui va l’arrêter.
Il espère toujours,
Et peut être qu’un jour.
Refrain :
Ne le laisse pas tomber,
Il est si fragile,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Ne le laisse pas tomber,
Il est si petit,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Aidons les nains libérés,
Ils sont si fragiles,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Refrain :
Ne le laisse pas tomber
Il est si fragile
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Il est si mignon,
Avec son bonnet,
Sa hache et sa pioche,
Sur son terrain tout moche.
Depuis son jardin,
Il nous observe,
Il nous envie,
Et se dit tant pis.
Refrain.
Ne le laisse pas tomber,
Il est si petit,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Depuis quelques temps,
Il s’enfuit.
On le ramène,
Tout le temps.
Ce n’est pas ça,
Qui va l’arrêter.
Il espère toujours,
Et peut être qu’un jour.
Refrain :
Ne le laisse pas tomber,
Il est si fragile,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Ne le laisse pas tomber,
Il est si petit,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Aidons les nains libérés,
Ils sont si fragiles,
Etre un nain libéré,
Tu sais c’est pas si facile.
Les nains porte quoi
L'un de mes amis, NM, membre du FLNJ, a besoin de réconfort en ce moment. Ma pensée du jour vole donc vers lui.
vendredi 16 octobre 2009
Ramon Pipin et les Odeurs, "Le cri du kangourou"
On a bien souvent chanté
Le cri de tous les animaux
Le mouton qui fait beeehh
Le coq qui fait cocorico
Mais il est un animal
Dont on ne peut pas parler
Car bien que ce soit anormal
Personne ne sait le cri qu'il fait
Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou ?
Ça peut pas faire cui-cui ça peut pas faire miaou
Personne ne sait vraiment quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement le kangourou est muet !
Dès que le zoo s'éveille
On entend les hurlements
Des lions, des chacals et des hyènes
Qui font leur toilette en chantant
Y'a qu'le kangourou sous sa douche
Qui se lave sans dire un mot
Aucun son ne sort de sa bouche
Bien qu'y gesticule comme Harpo
Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou ?
Ça peut pas faire cui-cui ça peut pas faire miaou
Personne ne sait vraiment quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement le kangourou est muet !
Des explorateurs en folie
Prêts à risquer leur peau
Partirent au fond de l'Australie
Pour enregistrer ce marsupiau
Ils installèrent dans la savane
Des micros perfectionnés
Mais les prenant pour des bananes
L'kangourou les a tous bouffés
Tous les savants de la terre
Se sentaient découragés
Par cet immense mystère
Quand la solution fut trouvée :
C'est un pickpocket par hasard
Qui a découvert ce qui cloche :
Si l'kangourou est pas bavard
C'est qu'il a sa langue dans sa poche
Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou ?
Ça peut pas faire cui-cui ça peut pas faire miaou
Personne ne sait vraiment quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement le kangourou est muet !
Poulenc, "Quatre chansons pour enfants"
Merci à DP pour cette trouvaille!
Madame Eustache a dix-sept filles, ce n'est pas trop, mais c'est assez,
La jolie petite famille vous avez dû dû dû , vous avez dû dû dû , vous avez dû la voir passer
Le vingt décembre on les appelle : Que voulez-vous mesdemoiselles, pour votre Noël ?
Voulez-vous une boîte à poudre ? Voulez-vous de petits mouchoirs ?
Un petit nécessaire à coudre ? Un perroquet sur son perchoir ?
Voulez-vous un petit ménage ? Un stylo qui tache les doigts ?
Un pompier qui plonge et qui nage ? Un vase à fleur presque chinois ?
Mais les dix-sept enfants en chœur ont répondu :
Non, non, non, non, non, Ce n'est pas ça que nous voulons, nous voulons une petite soeu (re) Ronde et joufflue comme un ballon, Avec un petit nez farceur,
Avec des cheveux blonds, Avec la bouche en cœur, Nous voulons une petite sœur.
L'hiver suivant elles sont dix-hui (te), ce n'est pas trop, mais c'est assez,
Noël approche et les petites sont bien em ba ba ba sont bien em ba ba ba sont vraiment bien embarrassées.
Madame Eustache les appelle : Décidez-vous, mesdemoiselles, pour votre Noël :
Voulez-vous un mouton qui frise ? Voulez-vous un réveil matin ?
Un coffret d'alcool dentifrice ? Trois petits coussins de satin?
Voulez-vous une panopli-e, De danseuse de l'opéra ?
Un petit fauteuil qui se pli-e, Et que l'on porte sous sont bras ?
Mais les dix-huit enfants en chœur ont répondu :
Non, non, non, non, non, Ce n'est pas ça que nous voulons, nous voulons une petite soeu (re) Ronde et joufflue comme un ballon, Avec un petit nez farceur,
Avec des cheveux blonds, Avec la bouche en cœur, Nous voulons une petite sœur.
Elle sont dix-neuf l'année suivante, ce n'est pas trop, mais c'est assez,
Quand revient l'époque émouvante, Noël va de nou nou, Noël va de nou nou, Noël va de nouveau passer.
Madame Eustache les appelle : Décidez-vous, mesdemoiselles, pour votre Noël :
Voulez-vous des jeux excentriques, Avec des pil's et des moteurs?
Voulez-vous un ours électrique ? Un hippopotame à vapeur ?
Pour coller des cartes postales, Voulez-vous un superbe album ?
Une automobile à pédales ? Une bague en aluminium ?
Mais les dix-neuf enfants en chœur ont répondu :
Non, non, non, non, non, Ce n'est pas ça que nous voulons, nous voulons deux petites jumelles,
Deux sœurs exactement pareilles, deux sœurs avec des cheveux blonds!
Leur mère a dit : c'est bien, Mais il n'y a pas moyen
Cette année vous n'aurez rien rien rien.
dimanche 11 octobre 2009
jeudi 8 octobre 2009
samedi 26 septembre 2009
samedi 19 septembre 2009
David Foenkinos, Nos séparations, (Gallimard, 2008)

Je viens de finir Nos séparations de David Foenkinos, (Gallimard, 2008). A priori pas passionnant, le thème des amoureux qui se sont connus, reconnus, retrouvés puis séparés est un peu un topos. Mais bon, pourquoi pas… Je me lance donc dans ce roman et je tombe sous le charme de l'écriture de certains passages pleins de poésie.
L'histoire d'Alice et Fritz est de celles que l'on connaît bien: ils n'ont rien en commun (Fritz est fils de hippies, elle vient d'une famille conservatrice, il est bohème, elle plus rangée), ils s'aiment et passent leur temps à se séparer.
Le jour où elle lui présente ses parents, il finit par craquer et invente une histoire selon laquelle ils se seraient connus dans un club échangiste. Gros scandale, Alice est furieuse. Il part et entame une liaison avec un collègue un peu instable. C'est d'ailleurs cette dernière qui provoquera la deuxième rupture, le jour même du mariage.
L'écriture de Foenkinos prend alors une tournure très décalée, très originale, à travers les rencontres de Fritz, à travers ses amis Paul et Virginie.
Mais le jour où ils finiront par se retrouver sera franchement poétique. La fin est très belle et la dernière page un beau moment de lecture.
vendredi 18 septembre 2009
La cité des mots d'Alberto Manguel (Actes Sud, 2009)

Jolie découverte: La cité des mots d'Alberto Manguel (Actes Sud, 2009), série de conférences faites à Toronto dans le cadre des prestigieuses Massey Lectures. Un joli voyage dans le monde de la lecture et dans la bibliothèque d'Alberto Manguel - que j'adore. On revisite les grands mythes fondateurs de la littérature, comme Gilgamesh par exemple.
Il donne la parole aux écrivains, aux poètes, aux inventeurs de mots de tous horizons. Un bel hommage à la création littéraire… Je n'ai pas envie d'en dire plus, je voudrais simplement qu'on lise ces textes et qu'ils donnent envie de lire/relire certains textes.
jeudi 17 septembre 2009
Les invités de Pierre Assouline (Gallimard, 2009)

La grande bourgeoisie parisienne est un microcosme passionnant, avec ses codes, ses usages et ses abrutis comme partout ailleurs.
Sophie du Vivier (dite Madamedu) organise l'un des merveilleux dîners dont elle a le secret, en l'honneur de George Banon, tout droit arrivé du Canada. Mais patatra, catastrophe! Suite à l'annulation de dernière minute de deux invités, on se retrouve treize à table.
Madamedu propose de dîner en cuisine, mais finalement ce sera la cuisine qui viendra à elle. Sonia, son employée de maison, sera le quatorzième convive.
La voilà donc jetée en pâture à Marie-Do, l'invitée bohème raciste de service, qui ne manque pas de remarquer l'origine ethnique de Sonia ("la Maghrébie") et finit par faire avouer à celle-ci que son vrai nom est "Oumelkheir". Mais Madamedu trouvait Sonia plus facilement prononçable, que voulez-vous…
Peu à peu, on découvre que Sonia/Oumelkheir fait une thèse sur les jardins du XVIII° siècle et est probablement bien plus cultivée et intelligente que la majorité des convives. Les préjugés en prennent un coup. Mais le mari de Sonia, en cuisine, enrage, la considère comme une collabo. Comment ménager la chèvre et le chou? La situation est de plus en plus intenable pour l'invitée de dernière minute.
Le roman est en fait le récit du dîner, de ses préparatifs au rangement le lendemain matin. Une jolie critique sociale bien ficelée, bien écrite.
jeudi 10 septembre 2009
Le Contraire de la Mort de Roberto Saviano (Robert Laffont, 2009)

Je viens de finir Le Contraire de la Mort de Roberto Saviano (Robert Laffont, 2009), emprunté à la Médiathèque de Cesson. Il s'agit de deux nouvelles, "Le Contraire de la Mort" et "La Bague". La première retrace le destin d'une jeune fille dont le fiancé vient de mourir en Afghanistan, au combat contre les talibans. Parti combattre pour avoir assez d'argent pour se marier, sa vie finit de manière fort brutale. Le second récit est le récit des vies brisées contre l'écueil de la Camorra, des résistants à la Mafia et de ces jeunes gens qui meurent en refusant de se soumettre à un système qui ne leur convient plus.
J'ai trouvé ces deux textes touchants, parfois bouleversants, troublants. Saviano a décidément un sacré brin de plume et un talent de conteur hors pair. Une nouvelle voix de la littérature italienne.
samedi 5 septembre 2009
Mariage

L'auteur de ce blog vient de se marier à la mairie de Cesson. Merci à Jean-Marc Brûlé, Maire de Cesson, d'avoir accepté de s'occuper de notre cas personnellement. :-))) Et merci à tous ceux qui nous ont accompagné tout au long de cette journée ou de tous ceux dont les pensées nous ont suivi, même de loin.
Photo Guillaume Cingal
lundi 27 juillet 2009
Cesson
"Au Four et à Melun" déménage et ne sera plus ni au Four ni à Melun, sauf professionnellement. L'auteur vit désormais à Cesson avec futur époux et enfant.
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