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jeudi 5 novembre 2009

François Bégaudeau, Vers la douceur. (Gallimard, 2009)




Les surveillances d’examens ont cela de bon qu’elles permettent de voler, de ci, de là, quelques minutes de lecture. Vers la douceur est un vol des plus agréables, des instants de pur plaisir à la fois canaille et doux, à la fois tendre et drôle, à la fois décalé et au centre de ce qu’il y a de plus essentiel: les relations entre hommes et femmes.

Ce roman a été très débattu par les critiques et je me découvre inconditionnelle de ce texte, un pur moment de plaisir. J’étais reconnaissante à mes étudiants de bien vouloir ne pas tenter de tricher pendant trois heures afin que je puisse dévorer ce beau texte.

Des vies se croisent, se catapultent, se réchauffent, se heurtent plus violemment. Soleil, chaleur, parfois plus de solitude, mais avec un humour souvent jubilatoire. Des personnalités fortes: Bulle et son capaharnaüm, Cathy qui trouve son cul trop gros, un narrateur obsédé par l’idée de coucher avec une femme de plus de quarante ans, Jeanne qui quitte Jules et rencontre Flup, bref un vrai jeu de billard où les boules se heurtent, s’envoient dans les poches, hors de la table…

Mais ce n’est pas triste, le style est unique, l’humour est vif, Bégaudeau propose de beaux moments de vie. Un très beau texte.

jeudi 20 novembre 2008

Entre les murs de François Bégaudeau (Verticales)


J'ai lu en une soirée Entre les murs de François Bégaudeau, le livre qui a inspiré le film éponyme de Laurent Cantet. Ce roman est absolument formidable. Outre les passages adaptés à l'écran, il y a un style très fort, soulignant les difficultés de discipline au jour le jour dans la vie d'un enseignant de collège et les rares moments de joie (situations drolatiques, humour pas toujours volontaire des élèves, humour très volontaire et pas toujours compris du professeur…)

Les conversations en salle des professeurs sont aussi très amusantes. 

L'humour de Bégaudeau et de son personnage fait un peu oublier à quel point la situation, au fond, est triste, à quel point certains enfants partent avec un lourd handicap dans la vie.

Mais, par dessus tout, c'est l'écho de mon année scolaire à Châtenay-Malabry, sur la Butte Rouge, que j'ai aimé. La frustration de ces instants paraît moins forte quand on sait qu'elle est partagée.

lundi 27 octobre 2008

Entre les murs de Laurent Cantet




Nous sommes allés hier à Lieusaint pour voir la Palme d'or de cette année, Entre les murs de Laurent Cantet, d'après le livre de François Bégaudeau (qui y tient le rôle du professeur de français.)

Ce film décrit l'année scolaire d'un professeur de français et de ses élèves de 4ème dans un collège du 20ème arrondissement de Paris. Les élèves tiennent leur propre rôle qu'ils ont eux-mêmes aidé à créer, nuancer, modifier, romancer. Ils ont vraiment tous bien mérité leur Palme d'or.

J'ai trouvé ce film absolument bouleversant, probablement parce que j'ai moi-même enseigné dans un collège difficile, Léonard de Vinci à Châtenay-Malabry.

J'ai été bouleversée par certaines histoires (celle de Wei par exemple) et très énervée par l'attitude du professeur qui m'a rappelé certains collègues qui trouvaient toujours des excuses pour nos 4ème, et comme ces chers petits testaient les limites, l'année suivante, ils étaient intenables. L'histoire de Souleymane est d'ailleurs tout à fait représentative de cela. Le professeur laisse passer un incident et, la fois suivante, l'enfant est encore plus violent et l'une de ses camarades est blessée.

Ce film est une belle représentation de ce qui se passe vraiment dans nos écoles, avec son lot de petites reculades, mais aussi de jolies avancées, de moments frustrants et de beaux instants (les premiers dépassant de loin les second en nombre, hélas!)

Il est un bel hommage à mes collègues qui font un travail formidable dans des conditions parfois un peu pénibles.

Les problèmes de communication sont bien soulignés (imparfait du subjonctif contre verlant par exemple) et les frustrations du corps enseignant face aux problèmes trop multiples sont parfaitement rendues. Le passage où l'un des professeurs pète les plombs en salle des professeurs et se lance dans une diatribe (trop) enflammée contre ses élèves m'a rappelé bien des souvenirs.