Le 24 décembre 1534 disparaît l'imprimeur Maître Augereau, victime de la furie des théologiens de la Sorbonne, des ennemis du progrès, des stigmatiseurs de l'imprimerie.
Dans un monde où l'Eglise refuse le progrès, toute personne qui tient à lire les classiques, à commencer par la Bible, est suspect d'hérésie. Son apprenti, Claude Garamond, cherche à faire prendre conscience aux réformés qui prennent des risques pour autrui, depuis leur refuge suisse, combien ils sont aussi responsables de la mort de son maître.
Ce roman se veut le récit du mémoire rédigé par Garamond pour Augereau. Un merveilleux roman historique sur l'imprimerie, le monde des lettres au début de la Renaissance, sur la Réforme et les débats religieux de l'époque…
Une oeuvre magistrale à couper le souffle, un texte ciselé, plein de recherches et de d'informations, passionnant. Bref, à ne louper sous aucun prétexte
lundi 31 décembre 2012
mardi 18 décembre 2012
mercredi 5 décembre 2012
samedi 27 octobre 2012
dimanche 7 octobre 2012
mercredi 3 octobre 2012
mercredi 11 juillet 2012
mardi 22 mai 2012
Hilarious X Rated Doo Wop - It's Hard To Say I Love You When You're Sitt...
Et la face B laisse rêveur!
dimanche 8 avril 2012
mercredi 14 mars 2012
dimanche 11 mars 2012
Horrible Histories: pour mes étudiants et mes collègues!
The Anglo Saxon Report
Strange Tudor Laws
Tudor Currency
Farthing = 1/4 penny
Half penny = 1/2 penny
Penny = 1 penny = 1 Pence
Groat = 4 pennies = 4 Pence
Shilling = 12 pennies = 1 Shillings
Crown = 60 pennies = 5 Shillings
Angel = 120 pennies = 10 Shillings
Half pound = 120 pennies = 10 Shillings
Pound = 240 pence = 20s = £1
Charles I's Deaf Punishments
Slimy Suarts
Scottish Puritans
English Civil War with Bob Hale
English Civil War Song
Charles II meets the man who tried to steal the Crown Jewels
Georgian Pinching Match
Polite Victorian Society
Strange Tudor Laws
Tudor Currency
Farthing = 1/4 penny
Half penny = 1/2 penny
Penny = 1 penny = 1 Pence
Groat = 4 pennies = 4 Pence
Shilling = 12 pennies = 1 Shillings
Crown = 60 pennies = 5 Shillings
Angel = 120 pennies = 10 Shillings
Half pound = 120 pennies = 10 Shillings
Pound = 240 pence = 20s = £1
Charles I's Deaf Punishments
Slimy Suarts
Scottish Puritans
English Civil War with Bob Hale
English Civil War Song
Charles II meets the man who tried to steal the Crown Jewels
Georgian Pinching Match
Polite Victorian Society
jeudi 8 mars 2012
Reprise de Georgius
L'un de mes étudiants reconnaissait hier être assez familier avec de vieux trucs. Je lui dédie donc cette reprise de Georgius:
Chanson Plus Bifluorée
Des chansons pas encore mentionnées ici:
Reprise de Purcell, "Sound the Trumpet"
(J'ai failli prendre Michel sur le coin du nez lors de cette chanson!)
Version originale:
Reprise d'Offenbach
Reprise de Sandrey
Je me souviens qu'ils ont réussi à faire chanter cela à tout le Casino de Paris. L'Occitanie a envahi le Nord
Reprise de Purcell, "Sound the Trumpet"
(J'ai failli prendre Michel sur le coin du nez lors de cette chanson!)
Version originale:
Reprise d'Offenbach
Reprise de Sandrey
Je me souviens qu'ils ont réussi à faire chanter cela à tout le Casino de Paris. L'Occitanie a envahi le Nord
lundi 23 janvier 2012
lundi 12 décembre 2011
Nostalgie mal placée
dimanche 2 octobre 2011
Aqua, "Barbie Girl"
Chanson très idiote mais drôle. Et une parodie tirée de Goodness Gracous Me, "Punjabi Girl":
Libellés :
"Goodness Gracious Me",
Aqua,
Barbie Girl
mardi 20 septembre 2011
dimanche 11 septembre 2011
mardi 6 septembre 2011
samedi 27 août 2011
Imago "Geronimo" (chanson belle et intelligente)
Juste une façon de demander la sortie de "Folle avoine" en CD
dimanche 14 août 2011
mardi 5 juillet 2011
Les enfants d'Alexandri de Françoise Chandernagor (Albin Michel, 2011)

Ce roman est le premier volume d'une trilogie consacrée à la chute de la dynastie ptolémaïque. Ici le personnage central est Cléopâtre-Séléné, l'un des trois enfants que Cléopâtre a eu avec Marc Antoine. Face sombre du duo des jumeaux Cléopâtre-Séléné et Alexandre-Hélios, la jeune femme est promise à Césarion, son demi-frère. Un jour, elle règnera sur l'Egypte.
Mais l'Histoire va faire basculer l'Egypte dans le chaos avec la victoire d'Octave à Actium. OK, on connaît la fin: on a vu la pièce de Shakespeare, on a en tête aussi le couple Taylor-Burton, et pourtant, Françoise Chandernagor retient notre attention en fixant le récit autour de ce personnage dont j'ignorais complètement l'existence (et qui, de toute évidence, a décidé de squatter sur la table de travail de l'auteur jusqu'à ce que celle-ci fasse d'elle un personnage principal!)
Le récit finit par l'enlèvement de Séléné par les soldats d'Octave-Auguste. Et ensuite, et ensuite…?
Ce que j'appelle oubli de Laurent Mauvignier (Editions de Miunit, 2011)

Il est très difficile de décrire ce court roman qui se lit d'une traite et d'où l'on sort essoufflé (le fait qu'il s'agisse d'une longue phrase de soixante-deux pages n'y est pas pour rien!)
Le point de départ: à Lyon, en 2009, un homme boit une canette de bière en plein supermarché. Aussitôt saisi par les vigiles, il est entraîné à l'écart et tabassé à mort. L'excuse de ses bourreaux: il les aurait insulté et son coeur était faible et aurait lâché. Mensonges bien vite écartés par la vérité scientifique des médecins légistes.
Mais bizarrement, l'élément le plus choquant ouvre ce roman: "et ce que le procureur a dit, c'est qu'un homme ne doit pas mourir pour si peu, qu'il est injuste de mourir à cause d'une canette de bière…" Dans un pays où la peine de mort a été abolie il y a trente ans, qu'est-ce qui serait considéré comme une cause valable de tabassage à mort? Telle est la question centrale de ce roman.
Le narrateur s'adresse au frère de la victime et, peu à peu, le lecteur devient partie civile, le narrataire du récit. L'injustice même des paroles du procureur nous frappe dès les premières lignes in medias res. C'est sûrement cela un vrai texte révolutionnaire, une petite chose qui en dit long sur toute une société aveugle à la misère et à la violence tant physique que verbale…
lundi 4 juillet 2011
Chiens écrasés d'Eric Chevillard (Le Tigre, 2011)

Eric Chevillard a décidé de jouer les Shéhérazade de la rubrique des chiens écrasés. Il s'agit des mille et une façons de faire ainsi périr nos amis canins. Pour une fois que cette rubrique est à hurler de rire… (sauf quand le petit Odilon, 4 ans, tentant d'écraser un chien avec sa voiture à pédales fait les frais de la vengeance dudit bestiau.)
Mais parfois, l'auteur pète les plombs. Du chien écrasé tous les jours, c'est un peu indigeste et d'autres animaux font les frais de son imagination débordante:
"Le rédacteur de cette rubrique à cours de copie a été surpris en train d’introduire dans les niches de son quartier des homards vivants. Il implore la clémence du jury. Ses patrons exigent de lui toujours plus de rendement. Il n’en peut plus. C’est lui qui finira sous une voiture bientôt, vous verrez."
L'auteur est épuisé, il se plaint, supplie son éditeur:
"Pas moins de six cent vingt-quatre chiens sont morts écrasés au cours de la semaine écoulée. C’est en vain pourtant que le rédacteur de cette rubrique implore ses patrons de lui adjoindre un collaborateur. Faudra-t-il pour obtenir gain de cause les séquestrer dans l’entreprise ? On y songe. "
Bref, il finit, en fin de volume, par créer la rubrique (plus légère) des "tigres écrasés".
Un conseil: ne lisez pas cela en public; ne faites pas comme moi: ne le lisez pas dans la salle d'attente de votre médecin, il est susceptible de vous faire interner d'office. Un grand moment d'humour décalé à se rouler par terre de rire. Les journalistes confinés aux "chiens écrasés" devraient tous le lire, cela leur éviterait sûrement un bon vieux coup de déprime.
dimanche 3 juillet 2011
samedi 25 juin 2011
vendredi 24 juin 2011
Pour ma fille: Chapi Chapo 07 - Do, Ré, Mi
Voilà une valeur sûre que je veux transmettre à ma fille. Ce soir, petit moussaillon qui a joué du xylophone avec style et conviction, je partage ceci avec toi! Bonne fête demain!
jeudi 16 juin 2011
Le chat du rabbin de Joann Sfar et Antoine Delesvaux , avec François Morel, Maurice Bénichou, Hafsia Herzi,

Joann Sfar vient de sortir son deuxième film, une adaptation d'une partie de ses 5 volumes du Chat du rabbin (les deux aventures où le chat mange le perroquet et se met à parler, puis veut faire sa bar mitsva pour ne pas être séparé de sa maîtresse, et le voyage en Afrique sur les traces de juifs noirs descendants de la Reine de Saba.)
Toujours aussi drôle et enlevé, le jeu avec les voix et les accents (Tintin et Milou parlent avec l'accent belge et tiennent des propos racistes et xénophobes à l'ancienne, de manière fort colonialiste.)
Un très joli film, une belle adaptation qui donne envie de relire les 5 volumes du Chat qui viennent de paraître en un volume à l'occasion de la sortie du film.
La liberté de ton du chat, la fraternité entre le Rabbin Sfar et le Cheikh Sfar, la relation entre le juif russe et une superbe Africaine, tout ceci contribue tant au charme qu'à la morale du film sur la tolérance et la fraternité possible au sein de l'humanité.
Un beau moment de cinéma…




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lundi 13 juin 2011
La Vénus noire (2009) de Abdellatif Kechiche, avec Yahima Torres, André Jacobs, Olivier Gourmet et François Marthouret

Abdellatif Kechiche reprend les armes pour défendre les colonisés opprimés. Cette fois-ci, il s'agit d'une histoire tragique qui n'a trouvé sa solution que récemment lorsque les restes de Saartjie Baartman, plus connue comme la Vénus Hottentote, furent enfin rendus à l'Afrique du Sud.
Après avoir été phénomène de foire, Saartjie Baartman devient sujet d'étude pour les scientifiques. Mais elle n'est pas mieux traitée pour autant. Les uns comme les autres veulent TOUCHER son derrière imposant. Pire, les scientifiques veulent voir, observer et dessiner son "tablier", ses parties génitales proéminentes. Au moins, dans les foires, elle était habillée… Ces grands messieurs la traitaient donc pire que le vulgus pecum londonien.
Traitée comme une bête étrange de son vivant, son sort ne fut pas mieux après sa mort puisque ses restes furent exposés au Jardin des Plantes et un moulage fait de son corps.
Elle n'était pas une esclave à l'origine. Son patron dans les foires, Caezar, lui faisait miroiter un avenir doré et prétendait qu'ils étaient partenaires. Mais quand elle quitta Londres pour arriver en France, son sort, entre les mains de scientifiques comme Cuvier (François Marthouret), fut encore pire.
On sort de ce film mal à l'aise, avec des sueurs froides face à un tel destin et on se demande si l'on pourra encore emprunter la rue Cuvier qui longe le Jardin des Plantes à Paris…


Poupoupidou (2011) de Gérald Hustache-Mathieu, avec Jean-Paul Rouve, Sophie Quinton, Guillaume Gouix


Un film extrêmement doux et touchant, surtout si l'on considère le sujet: Candice Lecoeur, célébrité locale dans le Jura et qui se prend pour Marilyn Monroe, est morte. C'est alors qu'un écrivain de polars parisien s'intéresse à elle.
Suicide aux narcotiques? Même mystère que pour Monroe… Vérité ou mensonge? David Rousseau trouve l'affaire louche et se penche sur la personnalité de cette femme fragile et mystérieuse. Bizarrement, malgré la mort, ces deux êtres vont se croiser et peut-être s'aimer un peu.
Jean-Paul Rouve et Sophie Quinton incarnent ces deux personnages qui vont tourner l'un autour de l'autre. Un très beau film, une histoire tendre, douce et pourtant violente à cause de cette vie brisée. Deux prestations remarquables, l'un des plus beaux films de ces derniers mois.


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Jean-Paul Rouve,
Sophie Quinton
We Are Four Lions de Chris Morris (2010) avec Riz Ahmed, Arsher Ali, Nigel Lindsay

Si je vous dis que Chris Morris a trouvé le moyen de faire rire sur les attentats terroristes qui ont touché Londres après les événements du World Trade Center, sûrement serez vous quelque peu étonnés. Et pourtant…
Omar et ses amis décident de devenir des moudjahidines et partent s'exercer dans un camp au Pakistan… où ils font des étincelles au sens propre et doivent donc retourner en Angleterre.
Etape suivante: commettre un attentat… mais où? Dans une mosquée pour faire penser que les ennemis de l'Islam sont prêts à tout et forcer les modérés à se soulever? Ailleurs? En fait, ce sera le marathon de Londres, mais, bien sûr, rien n'ira vraiment comme prévu.
Si vous aimez l'humour noir, ne ratez pas ce petit bijou d'humour souvent grinçant et regardez comment on fait la bombe chez les moudjahidines…


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Riz Ahmed
Un jour, le crime de J.-B. Pontalis (Gallimard)

Un jour, le crime est le point de vue de l'un des plus grands psychanalistes sur le moment où deux vies basculent, celle de la victime mais aussi celle du tueur.
Pontalis visite les diverses facettes de la violence contre un autre être humain, spécificité de notre espèce selon Michel Serres. Nous sommes les seuls êtres vivants à tenter de nous détruire les uns les autres.
Des inconnus aux soeurs Papin ou à la femme du député-maire d'Orléans, Pontalis tente de comprendre ce qui peut pousser une existence normale dans la tragédie. Le style est simple, accessible aux vulgus pecum qui ne maîtrise pas le dictionnaire de la psychanalyse publié par le même auteur.
A propos du député-maire d'Orléans, dans le contexte actuel, si Mme Chevalier fut acquittée, Anne Sinclair devrait envisager… euh, non pardon!
Pontalis montre aussi la fascination que ces actes meurtriers exercent sur le public, tant à travers la presse que par la littérature, immenses écrivains inclus. Et c'est peut-être ces allers-retours entre réalité et fiction qui font le plaisir secret de ce petit essai.
Pétition de soutien à Raoni contre un barrage sur l'Amazone
Signer la pétition de Raoni contre le projet Belo Monte (cliquer sur ce lien)
Nous, peuple indigène du Xingù, ne voulons pas de Belo Monte. Nous, peuple indigène du Xingù, luttons pour notre peuple, pour notre terre mais aussi pour l'avenir de la planète. Le président Lula a déclaré qu'il était inquiet pour les Indiens, qu'il était préoccupé par l'Amazonie et qu'il ne voulait pas que des ONG internationales s'opposent au barrage de Belo Monte. Nous ne sommes pas des ONG internationales. Nous, les 62 leaders indigènes des villages de Bacajâ, Mrotidjam, Kararaô, Terra-Wanga, Boa Vista Km 17, Tukamâ, Kapoto, Moikarako, Aykre, Kiketrum, Potikro, Tukaia, Mentutire, Omekrankum, Cakamkubem et Pokaimone, avons déjà subi de nombreuses invasions et affronté de nombreux dangers.
Lorsque les Portugais sont arrivés au Brésil, nous, les Indiens, étions déjà là ; beaucoup sont morts, beaucoup ont perdu leurs vastes territoires, la plupart de leurs droits, beaucoup ont perdu une partie de leur culture et d'autres groupes ont totalement disparu.
La forêt est notre épicerie, la rivière notre marché. Nous ne voulons pas que les cours d'eau du Xingù soient envahis et que nos villages et nos enfants, qui seront élevés selon nos coutumes, soient en danger. Nous ne voulons pas du barrage hydroélectrique de Belo Monte car nous savons qu'il n'apportera que destruction. Nous ne pensons pas qu'au seul niveau local, mais à toutes les conséquences destructrices de ce barrage : il attirera encore plus d'entreprises, plus de fermes, il favorisera l'invasion de nos terres, les conflits et même la construction de nouveaux barrages. Si l'homme blanc continue ainsi, tout sera très vite anéanti. Nous nous demandons : « qu'est-ce que le gouvernement veut de plus ? Qu'apportera de bon tant d'énergie après tant de destruction ? »
Nous avons déjà organisé de nombreuses réunions et avons participé à de grandes rencontres pour nous opposer au complexe de Belo Monte, comme en 1989 et en 2008 à Altamira, et en 2009 dans le village de Piaraçu où beaucoup de nos leaders étaient présents. Nous avons déjà personnellement parlé avec le président Lula pour le convaincre que nous ne voulions pas de ce barrage et il nous a promis qu'il ne nous serait pas imposé. Nous avons également discuté personnellement avec Eletronorte et Eletrobrâs, avec la Funai et Ibama. Nous avons déjà prévenu le gouvernement que si la construction du barrage avait lieu, la guerre serait déclarée et il en porterait la responsabilité. Le gouvernement n'a pas compris notre message et, une fois de plus, a nargué les peuples indigènes, assurant qu'il construirait le barrage coûte que coûte. Lorsque le président Lula a dit ceci, il a démontré qu'il ne tenait aucun compte de la parole des peuples indigènes et qu'il ne reconnaissait pas nos droits. Son manque de respect l'a conduit à planifier l'appel d'offres pour le Belo Monte durant la Semaine des peuples indigènes.
En raison de tout ceci, nous, les Indiens de la région du Xingù, avons invité James Cameron et son équipe, des représentants du Movimento Xingù para Sempre (ainsi que le mouvement des femmes, ISA et CIMI, AmazonWatch et d'autres organisations). Nous voulons qu'ils nous aident à transmettre notre message au monde entier et aux Brésiliens eux-mêmes qui ne savent pas encore ce qui se passe dans le Xingu, Nous les avons invités car nous savons qu'il y a beaucoup de gens au Brésil et ailleurs qui veulent nous aider à protéger nos droits et nos territoires. Ceux-ci sont bienvenus parmi nous.
Nous luttons pour notre peuple, pour nos terres, pour nos forêts, pour nos rivières, pour nos enfants et à la gloire de nos ancêtres. Nous luttons également pour l'avenir du monde, car nous savons que ces forêts sont autant bénéfiques aux peuples indigènes qu'à la société brésilienne et au monde entier. Nous savons aussi que sans ces forêts, beaucoup de gens souffriront, beaucoup plus que de toutes les destructions qui ont eu lieu par le passé. Tout vie est interconnectée, comme le sang qui unit les familles. Le monde entier doit savoir ce qui se passe ici, il doit se rendre compte à quel point la destruction des forêts et des peuples indigènes signifie sa propre destruction. C'est pour ces raisons que nous ne voulons pas de Belo Monte. Ce barrage signifie la destruction de notre peuple.
En conclusion, nous proclamons que nous sommes décidés, que nous sommes forts, que nous sommes prêts à nous battre et que nous nous souvenons des termes de la lettre qu'un Indien d'Amérique du Nord avait jadis envoyé à son président : « C'est seulement lorsque l'homme blanc aura détruit la forêt entière, lorsqu'il aura tué tous les poissons et tous les animaux et aura asséché toutes les rivières qu'il s'apercevra que personne ne peut manger l'argent ».
Auteurs : Cacique Bet Kamati Kayapô, Cacique Raoni Kayapô et Yakareti Juruna
Voici le texte de la pétition:
Nous, peuple indigène du Xingù, ne voulons pas de Belo Monte. Nous, peuple indigène du Xingù, luttons pour notre peuple, pour notre terre mais aussi pour l'avenir de la planète. Le président Lula a déclaré qu'il était inquiet pour les Indiens, qu'il était préoccupé par l'Amazonie et qu'il ne voulait pas que des ONG internationales s'opposent au barrage de Belo Monte. Nous ne sommes pas des ONG internationales. Nous, les 62 leaders indigènes des villages de Bacajâ, Mrotidjam, Kararaô, Terra-Wanga, Boa Vista Km 17, Tukamâ, Kapoto, Moikarako, Aykre, Kiketrum, Potikro, Tukaia, Mentutire, Omekrankum, Cakamkubem et Pokaimone, avons déjà subi de nombreuses invasions et affronté de nombreux dangers.
Lorsque les Portugais sont arrivés au Brésil, nous, les Indiens, étions déjà là ; beaucoup sont morts, beaucoup ont perdu leurs vastes territoires, la plupart de leurs droits, beaucoup ont perdu une partie de leur culture et d'autres groupes ont totalement disparu.
La forêt est notre épicerie, la rivière notre marché. Nous ne voulons pas que les cours d'eau du Xingù soient envahis et que nos villages et nos enfants, qui seront élevés selon nos coutumes, soient en danger. Nous ne voulons pas du barrage hydroélectrique de Belo Monte car nous savons qu'il n'apportera que destruction. Nous ne pensons pas qu'au seul niveau local, mais à toutes les conséquences destructrices de ce barrage : il attirera encore plus d'entreprises, plus de fermes, il favorisera l'invasion de nos terres, les conflits et même la construction de nouveaux barrages. Si l'homme blanc continue ainsi, tout sera très vite anéanti. Nous nous demandons : « qu'est-ce que le gouvernement veut de plus ? Qu'apportera de bon tant d'énergie après tant de destruction ? »
Nous avons déjà organisé de nombreuses réunions et avons participé à de grandes rencontres pour nous opposer au complexe de Belo Monte, comme en 1989 et en 2008 à Altamira, et en 2009 dans le village de Piaraçu où beaucoup de nos leaders étaient présents. Nous avons déjà personnellement parlé avec le président Lula pour le convaincre que nous ne voulions pas de ce barrage et il nous a promis qu'il ne nous serait pas imposé. Nous avons également discuté personnellement avec Eletronorte et Eletrobrâs, avec la Funai et Ibama. Nous avons déjà prévenu le gouvernement que si la construction du barrage avait lieu, la guerre serait déclarée et il en porterait la responsabilité. Le gouvernement n'a pas compris notre message et, une fois de plus, a nargué les peuples indigènes, assurant qu'il construirait le barrage coûte que coûte. Lorsque le président Lula a dit ceci, il a démontré qu'il ne tenait aucun compte de la parole des peuples indigènes et qu'il ne reconnaissait pas nos droits. Son manque de respect l'a conduit à planifier l'appel d'offres pour le Belo Monte durant la Semaine des peuples indigènes.
En raison de tout ceci, nous, les Indiens de la région du Xingù, avons invité James Cameron et son équipe, des représentants du Movimento Xingù para Sempre (ainsi que le mouvement des femmes, ISA et CIMI, AmazonWatch et d'autres organisations). Nous voulons qu'ils nous aident à transmettre notre message au monde entier et aux Brésiliens eux-mêmes qui ne savent pas encore ce qui se passe dans le Xingu, Nous les avons invités car nous savons qu'il y a beaucoup de gens au Brésil et ailleurs qui veulent nous aider à protéger nos droits et nos territoires. Ceux-ci sont bienvenus parmi nous.
Nous luttons pour notre peuple, pour nos terres, pour nos forêts, pour nos rivières, pour nos enfants et à la gloire de nos ancêtres. Nous luttons également pour l'avenir du monde, car nous savons que ces forêts sont autant bénéfiques aux peuples indigènes qu'à la société brésilienne et au monde entier. Nous savons aussi que sans ces forêts, beaucoup de gens souffriront, beaucoup plus que de toutes les destructions qui ont eu lieu par le passé. Tout vie est interconnectée, comme le sang qui unit les familles. Le monde entier doit savoir ce qui se passe ici, il doit se rendre compte à quel point la destruction des forêts et des peuples indigènes signifie sa propre destruction. C'est pour ces raisons que nous ne voulons pas de Belo Monte. Ce barrage signifie la destruction de notre peuple.
En conclusion, nous proclamons que nous sommes décidés, que nous sommes forts, que nous sommes prêts à nous battre et que nous nous souvenons des termes de la lettre qu'un Indien d'Amérique du Nord avait jadis envoyé à son président : « C'est seulement lorsque l'homme blanc aura détruit la forêt entière, lorsqu'il aura tué tous les poissons et tous les animaux et aura asséché toutes les rivières qu'il s'apercevra que personne ne peut manger l'argent ».
Auteurs : Cacique Bet Kamati Kayapô, Cacique Raoni Kayapô et Yakareti Juruna
vendredi 10 juin 2011
mercredi 8 juin 2011
mardi 7 juin 2011
lundi 6 juin 2011
Christophe Hondelatte "Dr House"
Quand je pense qu'il a arrêté la télévision (et une émission que j'aimais bien) juste dans le but désintéressé d'enrichir ma collection de chansons …ons! Ce n'était pas la peine!
vendredi 3 juin 2011
Elle s'appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott Thomas, Mélusine Mayance

Après La Rafle, le cinéma français revisite une blessure qui ne cicatrise pas dans notre Histoire, la rafle du Vel d'Hiv'. Mais au lieu de nous plonger dans l'enfer du Vel d'Hiv' reconstitué comme le faisait La Rafle, le parti pris de ce film est un aller-retour entre le passé et le présent. Toutefois ces deux films montrent bien la complicité des Français, de la police, et peut-être de ceux qui ont bénéficié des bien pris à ces hommes et ces femmes que l'on déportait par millions.
Un couple s'installe dans l'appartement familial parisien du mari, mais Julia, journaliste américaine, se rend compte que la famille de son mari avait récupéré cet appartement pendant la Deuxième Guerre Mondiale, confisqué à des juifs arrêtés lors de la grande rafle. Tentant de protéger son frère, la petite Sarah l'avait enfermé dans un placard et… n'avait pu revenir le libérer à temps. Bref, les lieux sont hantés par la tragédie et Julia compte bien ne pas garder le silence.
Par son désir de découvrir le destin de cette famille, Julia met un grand coup de pied dans la fourmilière et rouvre des douleurs au sein de ses proches qui savaient plus qu'ils ne le laissaient paraître, mais avaient tenté de se racheter auprès de Sarah.
Pas de pathos ni de mélo, un jeu sobre des divers acteurs. Toutefois ce rachat final tranche un peu avec le reste du film et rappelle un peu les happy ends obligatoires hollywoodiens (tout en nous rassurant sur le sort de la petite Sarah.) Mais peut-être est-ce tout simplement pour rendre vaguement supportable une horreur qui ne l'est pas!



Libellés :
Gilles Paquet-Brenner,
Kristin Scott Thomas,
Mélusine Mayance
lundi 30 mai 2011
jeudi 19 mai 2011
Le Dormeur du Val de Fabienne Boulin-Burgeat (Don Quichotte, 2011)
Fille de Robert Boulin, le ministre retrouvé soi-disant suicidé le 29 octobre 1979 dans 50 cm d'eau, Fabienne Boulin-Burgeat remonte le fil de ces événements, de la mort de son père aux diverses péripéties de l'enquête.La version officielle: accusé par le Canard Enchaîné d'avoir acquis des terrains à Ramatuelle de manière illégale ou par divers organes de presse d'avoir une famille qui lui rendait la vie impossible, Robert Boulin se serait suicidé.
Oui mais… D'aucuns furent prévenus de sa mort avant la découverte du corps dans la forêt de Rambouillet; le visage du ministre ressemblait à celui d'un boxeur après un match perdu; l'autopsie fut faite par-dessus la jambe; des éléments du dossier perdus; le corps embaumé sans l'accord de la famille, rendant une seconde autopsie quasiment impossible, etc. Je ne vous énumérerai pas les 77 anomalies relevées par la famille, leurs avocats et leurs proches. Lisez le livre: c'est édifiant sur l'art d'étouffer une enquête.
En 2010, le procureur refuse de rouvrir l'affaire, malgré les éléments nouveaux et plus que troublants présentés devant lui. Bizarre…
Qui Boulin gênait-il? Bien du monde: il risquait de devenir Premier Ministre d'un jour à l'autre, était plus modéré que le reste de l'entourage du Président et il semblait savoir des choses qui en gênaient plus d'un. Bref, bien des mobiles. Et pour des personnes qui sont parfois toujours en exercice.
Dans ce livre, Fabienne Boulin-Burgeat met, pas à pas, le dossier à la portée du profane en droit et en médecine légiste. Une saine secousse pour faire avancer les choses, pour qu'elle ait droit, comme toute famille de victime, à la Vérité.
On découvre que son enquête ne se fit pas sans risque pour elle et ses proches et on lui souhaite donc à la fois succès et chance.
Crimes de Ferdinand von Schirach (Gallimard, 2011)

Dans ce livre passionnant, Ferdinand von Schirach, avocat de Berlin, relate onze affaires criminelles en soulevant l'humanité des criminels (en particulier l'humiliation quotidienne d'un mari qui finit par assassiner sa femme.)
Certaines remarques sont intéressantes pour un avocat. Ainsi, un juge déclare-t-il que«Le sens profond de l’indépendance des magistrats venait, selon lui, de ce que les juges aussi aspirent à bien dormir», donc les condamnations ne doivent pas peser sur leur conscience. Elles doivent être suffisamment justifiées. D'où l'importance de soulever la question du doute pour un avocat.
La qualité essentielle de ce texte est de montrer qu'un criminel n'est pas un monstre, il reste avant tout un homme. L'ambiguïté des sentiments que le lecteur finit par ressentir envers ces personnages (réels ou imaginaires?) nous met parfois mal à l'aise. Onze très beaux textes qui laissent espérer une belle carrière pour ce nouvel écrivain. Bonne route!
Cet essai à reçu le prestigieux prix Von Kleist.
Le Président d'Yves Jeuland avec Georges Frêche, Laurent Blondiau, Frédéric Bort

Peu avant la mort de Georges Frêche, Yves Jeuland avait suivi la campagne de celui-ci pour la Présidence du Languedoc. Et il l'avait suivi pas à pas, en privé, en public, dans ses grands moments comme dans ses dérapages qui faisaient que son équipe s'arrachait les cheveux. Toutefois, Yves Jeuland montre aussi que ces dérapages faisaient partie intégrante de la personnalité de Frêche, à la fois désespérante et parfois cocasse.
On y voit un Georges Frêche bien entouré, par une équipe compétente, qui lui donne des conseils judicieux… auxquels il se dépêche de ne pas obéir. Ses conseillers lui passent des petits papiers pour lui demander de reprendre le cap… et paf, petit papier dans la poubelle!
On comprend à la fois la colère du Parti Socialiste qui finit par le mettre à la porte et envoyer une candidate officielle contre lui et l'immense popularité de Frêche dont la langue tranche avec le discours politiquement correct habituel.
Je dois reconnaître qu'avant ce film documentaire, je ne comprenais pas ce grand mouvement populaire autour du personnage. Le travail de Jeuland montre cette dualité de Frêche et le rend assez sympathique, au fond. Car Frêche est franc de manière déconcertante, au point de reconnaître quand il flatte son électorat et ne tiendra pas ses promesses. Je doute que beaucoup d'hommes politiques soient aussi honnêtes face à une caméra… même si l'on a parfois envie de le gifler ou de l'embrasser.


Libellés :
Frédéric Bort,
Georges Frêche,
Laurent Blondiau,
Yves Jeuland
vendredi 6 mai 2011
mercredi 4 mai 2011
Detective Dee : Le mystère de la flamme fantôme de Tsui Hark, avec Andy Lau, Bingbing Li, Tony Leung Ka Fai, Carina Lau

Le juge Ti est un personnage réel, du VII° siècle, qui inspira à Robert Van Gulik, puis à présent à Frédéric Lenormand de nombreux romans policiers. Il est d'ailleurs le premier héros d'un roman policier historique puisque l'ambassadeur Van Gulik en inventa le genre.
Le juge Ti est aujourd'hui le héros d'un film de Hong Kong, très arts martiaux, donc un peu surprenant pour les lecteurs des polars, mais un bon moment dans l'ensemble.
Pour son couronnement, l'impératrice Wu Ze Tian (Carina Lau) prévoit une grande fête et fait construire, face à son palais, un Bouddha géant. C'est sur le chantier de celui-ci que la première victime prend feu. Puis l'un des détectives chargés de l'affaire est à son tour mystérieusement carbonisé.
L'impératrice se résout alors à avoir recours à son ancien opposant, le Juge Ti (Detective Dee) qui se trouve en prison depuis 8 ans quand il s'était exprimé contre la régence de Wu Ze Tian.
Flanqué du bras droit de l'impératrice, Shangguan Wan'er, et d'un policier albinos, le voilà à la recherche de la substance qui permet l'auto-combustion des victimes… brrrrr!!!!!
Les chorégraphies sont millimétrées, les décors splendides, bref du bon cinéma d'action chinois même si le ton ne correspond pas aux récits… occidentaux… des aventures du Juge Ti.



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