
L'immobilisation a cela de bon qu'elle m'a permis de regarder Séraphine de Martin Provost en vidéo à la demande, depuis mon décodeur Orange. J'avais raté ce film lors de sa sortie en salle, et c'était un grand regret. Retard rattrapé.
Yolande Moreau, qui joue Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis, est merveilleuse dans ce film biographique sur cette peintre surprenante du début du XXème siècle. Découverte à Senlis par Wilhelm Uhde (qui a aussi découvert le Douanier Rousseau et Picasso, joué par Ulrich Tukur), elle fut dans un premier temps abandonnée par son protecteur (dont elle était la bonne) quand il dut fuir la France pour cause de Première Guerre Mondiale (Uhde, Allemand, n'était pas populaire dans le village après la déclaration des hostilités.) Il la retrouva près de neuf ans plus tard, lors d'une exposition de peintres vivant à Senlis.
Pour Séraphine, peinture et religion étaient directement liées: son ange gardien lui aurait ordonné de peindre et elle chantait des cantiques tout en travaillant. Mais, petit à petit, Séraphine perdit le contact avec la réalité et devint folle.
Elle considérait la peinture comme une façon de rendre hommage au monde et à Dieu. J'attends avec impatience de lire la biographie écrite par Alain Vircondelet (conseillée par Jocelyne Sauvard) dont le travail aurait été en partie pillé pour faire ce film. Je vais m'en assurer par moi-même. (Provost aurait, entre autres, récupéré une pièce radiophonique de Vircondelet, diffusée autrefois sur France Culture, pour faire son scénario.)
Il n'empêche que le film reste absolument formidable et que Yolande Moreau y est époustouflante.

