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vendredi 4 mars 2011

Le discours d'un roi (2010) de Tom Hooper, avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter, Derek Jacobi

Très beau film sur l'accession au trône de Georges VI (Colin Firth) qui ne demandait rien d'autre qu'à demeurer une personne privée, un militaire de la Navy, entouré de sa femme et de ses filles mais à qui l'Histoire joua un sacré tour.

Poussé à renoncer à la couronne d'Angleterre pour épouser Wallis Simpson (américaine et deux fois divorcée) mais aussi parce que ses sympathies allaient vers les futurs ennemis de son pays (Hitler et les nazis), Edouard VIII laissa la place libre à son frère Bertie… qui bégayait terriblement et dont Edouard VIII se moquait ouvertement.

Georges VI ne voulait vraiment pas devenir roi, ne se sentait pas capable d'assumer cette charge (la Reine actuelle pense d'ailleurs que ce poids finit par causer le cancer qui allait l'emporter en 1952.) Il fut pourtant un excellent roi, l'un des meilleurs que l'Angleterre a connus.

Ce qui devait sauver la carrière de Georges VI fut sa rencontre, avant son accession au trône, avec Lionel Logue (un Geoffrey Rush en grande forme). Elizabeth (Helena Bonham-Carter), la future "reine mère", découvrit par hasard l'existence de cet orthophoniste hurluberlu mais efficace et poussa son mari à le consulter. L'humour de cette femme et son amour pour son mari ont, dans le film, sûrement emporté la décision du Duc de York de tenter sa chance.

Logue, sans diplômes mais non sans talent, prend systématiquement le futur roi à rebrousse poil, refuse de se déplacer pour ses cours, le reçoit dans son cabinet délabré, l'appelle "Bertie", le pousse dans ses derniers retranchements pour trouver ce qui le fait bégayer, l'agace, joue avec ses nerfs, met l'Archevêque de Canterbury (Derek Jacobi) à la porte de Westminster pour préparer les réponses du Roi lors du couronnement et… permet au nouveau roi de prendre la parole en public sans se ridiculiser.

Il est son chef d'orchestre dans la scène du dernier discours, celui qui annonce l'entrée en guerre de l'Angleterre contre l'Allemagne. Une très belle scène où le spectateur est suspendu aux lèvres d'un Colin Firth magistral et aux doigts d'un Geoffrey Rush qui ne l'est pas moins.

Les acteurs sont remarquables; humour et émotion se mêlent, un film à ne pas rater pour comprendre l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale et les arcanes constitutionnelles britanniques tout en prenant un plaisir infini.

Il est à noter que Georges VI et sa famille se conduisirent remarquablement bien pendant la guerre, refusant de quitter l'Angleterre pendant le Blitz et de faire évacuer les princesses vers le Canada, rendant visite aux familles qui avaient perdu leur maison, soutenant le moral de la population. La future Reine et sa soeur Margaret s'adressaient régulièrement aux enfants anglais depuis la BBC (on peut entendre un passage de l'une de leurs émissions dans le film). A 16 ans, Elizabeth devint le colonel en chef des Grenadier Guards, conduisit des camions militaires et devint mécanicienne. Elle est le dernier gouvernant en place à avoir servi sous l'uniforme pendant la Deuxième Guerre Mondiale. (Aucune allusion perfide à un gouvernement français qui avait omis de l'inviter aux cérémonies du D Day…)

Un clin d'oeil aux fans de Colin Firth: il retrouve ici Jennifer Ehle (Myrtle Logue) qui était sa partenaire dans l'inoubliable adaptation télévisée de Orgueil et Préjugés.








samedi 9 février 2008

L'Histoire de Rome revisitée


Rome: Titus Pullo


Rome: le Sénat

Après avoir dévoré les deux saisons de Rome allant de la traversée du Rubicon jusqu'à la chute de Marc Antoine, j'ai décidé de découvrir une vieille série de 1976, I, Claudius avec Derek Jacobi qui parle de la fin du règne d'Auguste jusqu'à la mort de Claude.

Rome présente deux militaires de César: Lucius Vorenus (Kevin McKidd) et Titus Pullo (Ray Stevenson), ont réellement existé. César en fait mention dans le cinquième volume de sa Guerre des Gaules. C'est autour de ces deux personnages que l'Histoire va se sceller.


Le point de vue de I, Caudius est assez différent: seuls les personnages historiques défilent ici. L'action se centre autour de la Cour, de ses intrigues, etc. On ne voit pas le petit peuple ni les conséquences des actions des grands de ce monde sur leur vie. Le point de départ de l'histoire est celui-ci: Claude, sentant sa fin proche, raconte sa vie, de son enfance à son règne.

Mais ces deux séries, I, Claudius et Rome, ont en commun de rendre accessible l'Histoire antique.

I, Claudius est inspiré des romans de Robert Graves, I, Claudius (1934) et Claudius the God (1935). Derek Jacobi est un Claude remarquable et Patrick Stewart un Séjan plein de prestance. Les décors sont minimalistes, les acteurs absolument remarquables. Contrairement à Rome, on ne se perd pas dans les intrigues secondaires, mais comme j'aime les deux, je ne critiquerai pas trop Rome tout en signalant une petite préférence pour Moi, Claude.


I, Claudius: Auguste (Brian Blessed)


I, Claudius: Caligula (John Hurt)


I, Claudius: Claude (Derek Jacobi)


I, Claudius: Séjan (Patrick Stewart)